Il y en a donc 8.088.712 et je demande à notre Ministre de m'inclure et d'accepter ce nombre comme étant encore plus précis que le sien qui, dit-il pourtant, "tient compte des meilleures sources statistiques disponibles", puisqu'il provient de l'Observatoire Démographique et Statistique de l'Espace Francophone, établi à Québec.

Cet observatoire est, on le sait, muni d'une lunette astronomique qui permet d'observer chaque Belge chez lui et, plus subtilement, d'enregistrer la langue qu'il utilise avec ses enfants à la maison. Cette lunette avait d'ailleurs été testée sur Mars, et a permis de constater que personne n'y jargonnait le French. Il y a donc 0,000 habitant dont la langue maternelle est celle de Voltaire, à une approximation, près, puisqu'il n'y a que trois chiffres après la virgule, et il se peut fort bien qu'il y ait quand même 0,0001 francophone sur cette planète, sans compter ce qui peut se passer sur les six autres ou sur les cinq planètes naines. Tous les espoirs sont permis d'y trouver un Belge francophone.

Il est cependant vrai que la langue dans laquelle je suis né n'était pas le français. Donc il ne faut sans doute pas me rajouter. Mais alors il ne fallait pas rajouter non plus les quelques millions de Belges nés en néerlandais, mais qui ont, avec grande raison+, fait l'effort d'apprendre le français. Ce qui n'a malheureusement pas été le cas dans l'autre direction.

Voici les résultats d'une enquête réalisée par la Commission Européenne en 2006 dans tous les pays de l'Union (1). Sans lunette astronomique, mais allant de l'un à l'autre de 1.000 personnes habitant en Belgique en leur demandant quelle était leur langue maternelle, quelles autres langues ils parlaient et avec quel degré de facilité.

Quand on examine d'un peu plus près ces chiffres, voici ce qu'on trouve. Sur 1.000 personnes interviewées 940 sont francophones ou néerlandophones de naissance : 353 (38%) sont francophones et 587 (62%) néerlandophones ; 358 néerlandophones ont appris le français et 92 francophones ont appris le néerlandais. Il s'ensuit que 711 (353+358) sur 940 "connaissent" le français, et 679 (587+92) "connaissent" le néerlandais. Ainsi donc, 75% sont francophones et 72% néerlandophones. On retrouve donc à peu de chose près les chiffres annoncés par l'observatoire québécois : 8,1 millions de francophones, soit 73% des habitants du pays. Mais un peu plus de la moitié de ceux-ci sont néerlandophones de naissance et ont appris le français ce dont nous pouvons leur être reconnaissants. L'observatoire devrait donc faire la distinction évidente entre langue maternelle et langue acquise dans un pays bilingue.

Mais ces chiffres nous disent aussi que le nombre de francophones de naissance qui ont appris le néerlandais représente à peine 14% de la population néerlandophone belge.

Un peu d'honnêteté nous apprend bien des choses et il importe de rendre sans brutalité à César ce qui lui appartient.

(1) Voir Les européens et leurs langues, Eurobaromètre Spécial, février 2006.

Il y en a donc 8.088.712 et je demande à notre Ministre de m'inclure et d'accepter ce nombre comme étant encore plus précis que le sien qui, dit-il pourtant, "tient compte des meilleures sources statistiques disponibles", puisqu'il provient de l'Observatoire Démographique et Statistique de l'Espace Francophone, établi à Québec. Cet observatoire est, on le sait, muni d'une lunette astronomique qui permet d'observer chaque Belge chez lui et, plus subtilement, d'enregistrer la langue qu'il utilise avec ses enfants à la maison. Cette lunette avait d'ailleurs été testée sur Mars, et a permis de constater que personne n'y jargonnait le French. Il y a donc 0,000 habitant dont la langue maternelle est celle de Voltaire, à une approximation, près, puisqu'il n'y a que trois chiffres après la virgule, et il se peut fort bien qu'il y ait quand même 0,0001 francophone sur cette planète, sans compter ce qui peut se passer sur les six autres ou sur les cinq planètes naines. Tous les espoirs sont permis d'y trouver un Belge francophone.Il est cependant vrai que la langue dans laquelle je suis né n'était pas le français. Donc il ne faut sans doute pas me rajouter. Mais alors il ne fallait pas rajouter non plus les quelques millions de Belges nés en néerlandais, mais qui ont, avec grande raison+, fait l'effort d'apprendre le français. Ce qui n'a malheureusement pas été le cas dans l'autre direction.Voici les résultats d'une enquête réalisée par la Commission Européenne en 2006 dans tous les pays de l'Union (1). Sans lunette astronomique, mais allant de l'un à l'autre de 1.000 personnes habitant en Belgique en leur demandant quelle était leur langue maternelle, quelles autres langues ils parlaient et avec quel degré de facilité. Quand on examine d'un peu plus près ces chiffres, voici ce qu'on trouve. Sur 1.000 personnes interviewées 940 sont francophones ou néerlandophones de naissance : 353 (38%) sont francophones et 587 (62%) néerlandophones ; 358 néerlandophones ont appris le français et 92 francophones ont appris le néerlandais. Il s'ensuit que 711 (353+358) sur 940 "connaissent" le français, et 679 (587+92) "connaissent" le néerlandais. Ainsi donc, 75% sont francophones et 72% néerlandophones. On retrouve donc à peu de chose près les chiffres annoncés par l'observatoire québécois : 8,1 millions de francophones, soit 73% des habitants du pays. Mais un peu plus de la moitié de ceux-ci sont néerlandophones de naissance et ont appris le français ce dont nous pouvons leur être reconnaissants. L'observatoire devrait donc faire la distinction évidente entre langue maternelle et langue acquise dans un pays bilingue. Mais ces chiffres nous disent aussi que le nombre de francophones de naissance qui ont appris le néerlandais représente à peine 14% de la population néerlandophone belge.Un peu d'honnêteté nous apprend bien des choses et il importe de rendre sans brutalité à César ce qui lui appartient.(1) Voir Les européens et leurs langues, Eurobaromètre Spécial, février 2006.