À deux semaines de la rentrée, beaucoup se posent la question : les élèves devront-ils porter le masque dès septembre? Et si oui, qui sera concerné?
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À deux semaines de la rentrée, beaucoup se posent la question : les élèves devront-ils porter le masque dès septembre? Et si oui, qui sera concerné? Si certains estiment qu'il est grand temps de laisser tomber le masque et de privilégier la santé mentale des étudiants - le Conseil Supérieur de la Santé demande notamment à ce qu'on laisse les enfants et les jeunes retourner à l'école le plus normalement possible - d'autres redoutent une 4e vague et préconisent le port du masque obligatoire dans les lieux souvent vecteurs de la maladie, tels que les écoles.C'est du moins l'avis du groupe d'experts Gems, qui avait établi un baromètre afin d'adapter automatiquement les mesures en fonction de l'évolution épidémiologique (voir encadré). D'après ce dernier rapport, au stade actuel de l'épidémie (plus de 50 hospitalisations par jour), nous sommes au niveau d'alerte 2: le masque devrait donc être porté par tous les élèves du secondaire et du supérieur. Dans les écoles primaires, cette obligation ne s'appliquerait qu'aux instituteurs en dehors de leur classe. Ils pourraient donc faire tomber le masque une fois en classe avec leurs propres élèves.Les experts listent néanmoins quelques exceptions pour faciliter la vie à l'école. Les masques dans l'enseignement secondaire pourraient ainsi être retirés si la distance et une ventilation suffisante sont garanties ou si cette ventilation est combinée à un travail en silence, comme lors d'un test."En septembre surtout, les masques seront encore nécessaires", expliquait Geert Molenberghs, membre du Gems et biostatisticien (UHasselt/KU Leuven). Et pour cause: les enfants auront très certainement voyagé avec leurs parents cet été - parfois même en zone rouge -, c'est donc une période particulièrement propice à un rebond de l'épidémie. La seconde vague a d'ailleurs été provoquée par la rentrée scolaire de 2020-2021. Le biostatisticien signale notamment une évolution inquiétante de l'épidémie chez les populations plus jeunes, encore trop peu vaccinées: "Le taux de positivité chez les enfants de 0 à 9 ans est d'environ 5%, alors qu'il est d'environ 3% dans la population moyenne. Les enseignants seront protégés par deux vaccins, mais nous ne voulons pas non plus que les écoles primaires deviennent des foyers du coronavirus." D'autant que le nombre d'hospitalisations a triplé en un mois et poursuit sa progression.Plusieurs rapports étrangers indiquent une hausse des contaminations des enfants, qui serait provoquée par le variant Delta. Selon l'Académie américaine de pédiatrie (AAP), 93.824 enfants ont été testés positifs au covid la semaine dernière aux Etats-Unis. Si rien n'indique que les cas graves sont proportionnellement plus nombreux, et si un tel pic n'a pas encore été constaté en Belgique, il faut néanmoins rester prudent.Experts et politiques prendront position la semaine prochaine lors du prochain Comité de concertation, dont la date n'a pas encore été fixée. La ministre francophone de l'Éducation, Caroline Désir, doit, elle, rencontrer les experts sanitaires lundi pour évoquer la question de la rentrée scolaire. Une seconde réunion se tiendra mardi avec les acteurs de l'enseignement au complet, selon le journal Le Soir.