Les volets juridique, diplomatique et coopération du plan de restitution des biens culturels congolais spoliés pendant la colonisation sont à l'agenda du gouvernement. "Nous avons entamé un travail de fond afin de couler mon approche de la restitution dans un arrêté royal, nous explique Thomas Dermine (PS), secrétaire d'Etat en charge du dossier. Ce cadre juridique permettra de transférer des pièces du domai...

Les volets juridique, diplomatique et coopération du plan de restitution des biens culturels congolais spoliés pendant la colonisation sont à l'agenda du gouvernement. "Nous avons entamé un travail de fond afin de couler mon approche de la restitution dans un arrêté royal, nous explique Thomas Dermine (PS), secrétaire d'Etat en charge du dossier. Ce cadre juridique permettra de transférer des pièces du domaine public au domaine privé de l'Etat, pour les rendre aliénables. J'espère disposer d'un texte qui tienne la route d'ici à la fin de l'année."Deux catégories d'objets conservés dans les musées belges sont visées par ce cadre: les biens dont il est prouvé qu'ils ont été acquis de manière illégitime - par violence ou pillage -, et ceux "dont il n'a pu être déterminé que la Belgique les a acquis de façon légitime." Pour ces derniers, l'arrêté royal prévoit, dans l'attente des résultats d'études de provenance, le maintien des conditions de conservation applicables aux collections publiques. Pour les premiers, une convention conclue avec la RDC conduirait à une mise en dépôt en Belgique ou à un transfert matériel des objets. Kinshasa n'a pas encore introduit de demande formelle de restitution d'oeuvres. Une commission scientifique mixte belgo-congolaise doit être mise sur pied l'an prochain. Le volet diplomatique du dossier est géré par Sophie Wilmès (MR), ministre des Affaires étrangères. "Les discussions avec Kinshasa s'intensifient et devraient aboutir dans les prochaines semaines à une notification officielle aux autorités congolaises", nous assurent nos sources. Parallèlement, Thomas Dermine demandera à sa collègue Meryame Kitir (Vooruit), ministre de la Coopération au développement, de prévoir dans le programme d'aide belge 2023-2027 un budget pour la création, au Congo, d'espaces de stockage et de valorisation des oeuvres restituées. Le musée national de Kinshasa, inauguré fin 2019, manque de tels espaces.