La répartition des subsides et prêts octroyés par l'Union européenne à la Belgique risquait de faire grincer des dents, on le savait. Et c'est ce qui est arrivé. Un accord a pourtant été conclu lundi entre l'État fédéral et les entités fédérées. Pour rappel, l'échelon fédéral prendra 1,25 milliard, la Flandre 2,25 milliards, la Wallonie 1,48 milliard, la Fédération Wallonie-Bruxelles 495 millions, Bruxelles 395 millions et la Communauté germanophone 50 millions. Mais à peine l'encre sèche, les critiques ont fusé, estimant que la Région bruxelloise était le "dindon de la farce". La mal aimée de cet Etat fédéral serait lésée, une nouvelle fois.
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La répartition des subsides et prêts octroyés par l'Union européenne à la Belgique risquait de faire grincer des dents, on le savait. Et c'est ce qui est arrivé. Un accord a pourtant été conclu lundi entre l'État fédéral et les entités fédérées. Pour rappel, l'échelon fédéral prendra 1,25 milliard, la Flandre 2,25 milliards, la Wallonie 1,48 milliard, la Fédération Wallonie-Bruxelles 495 millions, Bruxelles 395 millions et la Communauté germanophone 50 millions. Mais à peine l'encre sèche, les critiques ont fusé, estimant que la Région bruxelloise était le "dindon de la farce". La mal aimée de cet Etat fédéral serait lésée, une nouvelle fois.Et à vrai dire, tout le manège qui s'en est suivi est révélateur du charivari qui prévaut parfois en Belgique.Le premier à avoir tiré la sonnette d'alarme est le patron du MR bruxellois, David Leisterh: "Bruxelles fut la plus frappée par la crise du COVID-19, lance-t-il. Il y a quelques semaines, j'appelais à un plan ambitieux de relance. Aujourd'hui, le BruGov abandonne Bruxelles. L'oubliée du plan de relance." son parti est pourtant présent au gouvernement fédéral, pas au bruxellois il est vrai; C'est une ministre fédérale Ecolo qui a ensuite exprimé ses réserves. Bruxelloise, comme il se doit, Zakia Khattabi souligne: "curieuse de prendre connaissance des analyses et critères qui ont prévalu à une telle répartition, aussi défavorable à Bruxelles, reconnaissons-le...". Son parti est pourtant le seul à être présent à tous les niveaux de pouvoir concernés du côté francophone: fédéral, Bruxelles, Wallonie, Fédération Wallonie-Bruxelles.François De Smet, président de DéFI, embraie rapidement: "La part attribuée à la Région bruxelloise dans le plan de relance est très décevante. Si Bruxelles était traité en proportion de sa population, comme la Flandre, elle recevrait 413 millions d'euros. Et le poids de Bruxelles dans l'activité économique du pays n'est pas pris en considération." Tant Zakia Khattabi que François De Smet sont moqués par les libéraux, en rangs serrés: Ecolo a été associé à la décision et tant Ecolo que DéFI font partie du gouvernement bruxellois: il leur suffit de se plaindre auprès du ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort (PS). Les écologistes bruxellois vont d'ailleurs demander des comptes à leur ministre-président. Une réunion du gouvernement bruxellois a été convoquée dare-dare. Le MR, fort en gueule sur le sujet, a pourtant bien participé à la décision, lui qui est présent au fédéral, à la Région wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais il se trouve dans l'opposition bruxelloise où... la cheffe de file Alexia Bertrand critique elle aussi le plan. La rivalité entre les trois partis - MR, Ecolo et DéFI - est par moments féroce.Ce débat est révélateur, aussi, de cette identité bruxelloise de plus en plus forte. Reconnue plus tardivement que les autres comme Région à part entière, la capitale a développé au fil du temps une stature de plus en plus forte. Elle reste le "noeud" de notre fédéralisme et elle entend de plus en plus souvent manifester sa spécificité.Au milieu de ces invectives, un message au ton plus "pacificateur" résume peut-être le point. Olivier Maingain, ancien président de DéFI, souligne: "Quand on additionne les montants de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de ses deux régions, le total est superieur à celui de la Flandre. Pas de quoi se lamenter. Aux responsables francophones d'avoir l'intelligence de proposer des projets transversaux. Être efficaces." La voix est évidemment discordante par rapport à son président de parti et certains ne manquent pas de le faire remarquer. Cela s'explique par une certaine idée de la Belgique: l'ancien président de DéFI incarne une vision davantage "communautaire" de la Belgique, avec un rôle fort de lien de solidarité octroyé à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une vision communautaire qui est, aussi, davantage celle de certains partis flamands qui penchent pour une Belgique "à deux", plutôt qu'une construction basée sur quatre Régions. Le précisions données ensuite sont d'ailleurs de nature à souligner que la Région capitale pourrait s'y retrouver, selon LN 24: Bruxelles bénéficiera en effet de 25% des fonds destinés à la Fédération Wallonie-Bruxelles. En tenant compte de cette clé se répartition, les Bruxellois recevront donc 428 euros/habitant là où les Wallons recevront 522 euros/habitant et les Flamands 341 euros/habitant. Les Bruxellois auront en tout et pour tout 442 millions d'euros, là où la Wallonie a 1,8 milliard et la Flandre 2,5 milliards d'euros." Tempête dans un verre d'eau ou, précisément, une certaine idée de la Belgique à l'oeuvre, forcément complexe?Cela revient-il à dire, par défaut, que le gouvernement flamand de Jan Jambon, dominé par la N-VA, a imposé ses vues? Pas forcément parce que, proprtionnellement, la Flandre aurait pu revendiquer davantage que le montant reçu au vu de la proportion de sa population. En Belgique, les compromis sont toujours complexes qu'on ne l'estime de prime abord.