14H: Le coup de tonnerre
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Michaël Devoldere, membre du cabinet du ministre Ben Weyts (N-VA) et fervent partisan des médias sociaux, est l'un des premiers à partager la campagne. Ce tweet à peine une heure avant un Kern de tous les dangers ne passera pas inaperçu. D'autant plus que la campagne en question ressemble à des tracts de l'extrême droite. Une impression confirmée par la suite puisque la photo qui représente des femmes musulmanes a déjà été utilisée par Journalistenwatch.com, un site allemand de droite populiste. Alors que les critiques enflent de toutes parts, le porte-parole du parti, Joachim Pohlmann, défend tout de même la campagne : "Ce sont des photos de situations réelles telles qu'elles se produisent déjà. Dans le Maximilianpark. A l'aéroport", souligne Pohlmann. Même si cela ressemble à une attaque contre le gouvernement, Pohlmann nie que la campagne soit un tacle délibéré envers la coalition. Pourtant c'est une évidence pour tous les observateurs : la N-VA est passée en mode électoral.Devant le tsunami de réactions négatives, la pression augmente dans les couloirs de la N-VA car tout le monde commence à comprendre que la situation est en train de leur échapper. Diverses sources indiquent que, un peu plus tôt cette semaine, la N-VA avait émis le souhait d'expliquer d'une manière simple à ses partisans pourquoi le parti ne peut vraiment pas soutenir le Pacte de l'ONU sur la migration. L'équipe de communication de la N-VA juge bon d'ajouter des images et des graphiques pour habiller un contenu estimé trop austère avant de les balancer sur les réseaux sociaux. Une des règles d'or de Bart De Wever est d'affronter les choses vent debout. Pour lui ramper, n'aide qu'à sombrer plus bas. Les images sont donc mises hors ligne et on envoie le chef de groupe à la Chambre, Peter De Roover, dans l'arène. Ça tombe bien, il est sur place pour l'audition des experts sur le pacte migratoire. Là aussi, la révolte contre la N-VA gronde. Les partis de la majorité sont eux aussi furieux, pendant que Filip Dewinter, le leader du Vlaams Belang, admire le spectacle. Pohlmann finit par admettre que c'est bien une erreur et en prend l'entière responsabilité de la publication.Vers 18h30 De Wever sort enfin de son silence pour se lancer dans le mea culpa sur radio 1. Dans le même temps, le vice-premier ministre Jan Jambon (N-VA) est avec le Premier ministre. Michel semble accepter les excuses de Jambon qui dit qu'il s'agit d'une bévue et non d'une décision stratégique. Le vice-premier ministre quitte Michel relativement confiant. Une confiance quelque peu excessive puisqu'à l'heure des JT du soir, Michel annonce, en conférence de presse, qu'il met fin aux consultations gouvernementales. A la N-VA, on est déconcerté. Et, chose rare, on crache avec force, bien que de façon officieuse, sur les collègues du service de communication. "Une erreur catastrophique" et "une bourde totalement inacceptable". Personne ne comprend comment cette équipe, qui faisait de nombreux envieux, a pu à ce point se vautrer.