Assouplir les mesures de restriction pour lutter contre l'épidémie de Covid d'ici la fin de l'année? Politiquement, cela semble pratiquement exclu: seuls les libéraux francophones avancent l'idée d'un petit élargissement de la bulle sociale pour Noël, les socialistes, écologistes et sociaux-chrétiens s'y opposent, d'autant plus que les derniers chiffres incitent à la prudence. Les seuls bénéficiaires d'une évaluation des mesures, programmé le 18 décembre lors d'un Comité de concertation, pourraient finalement être les métiers de contact, en particulier les coiffeurs.
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Assouplir les mesures de restriction pour lutter contre l'épidémie de Covid d'ici la fin de l'année? Politiquement, cela semble pratiquement exclu: seuls les libéraux francophones avancent l'idée d'un petit élargissement de la bulle sociale pour Noël, les socialistes, écologistes et sociaux-chrétiens s'y opposent, d'autant plus que les derniers chiffres incitent à la prudence. Les seuls bénéficiaires d'une évaluation des mesures, programmé le 18 décembre lors d'un Comité de concertation, pourraient finalement être les métiers de contact, en particulier les coiffeurs. Des représentants de l'Union des classes moyennes (UCM), du syndicat des idnépendants et de l'Union des coiffeurs rencontraient le Premier ministre, Alexaner De Croo (Open VLD), ce mardi matin pour plaider en ce sens. "Face à l'épidémie, il faut garder son sang-froid et laisser tourner les activités qui ne posent pas de problème sanitaire sérieux, souligne l'UCM. Si le gouvernement veut garder l'adhésion de la population, il doit rester rationnel dans ses décisions."L'organisation représentative souligne qu'aucune étude ne démontre que les salons de coiffure représentent des lieux de circulation du virus. En outre, elle rappelle que des mesures sanitaires ont été mises en place dans ces salons dès le premier confinement: les coiffeurs ne reçoivent que sur rendez-vous et uniquement des personnes sans symptômes, le masque est obligatoire, le professionnel porte des gants, les capes et serviettes sont à usage unique... "Ces mesures ont un coût direct, estimé entre 1.500 et 2.000 euros par salon, et un coût indirect vu la limitation du nombre de clients", ajoute l'organisation dans un communiqué.L'étude souvent évoquée émane du Centre américain de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). Contaminés par le coronavirus, deux employés d'un salon de coiffure américain ont porté un masque de protection pendant leurs interactions avec leurs clients. 139 personnes ont fréquenté l'établissement en l'espace de quelques jours et aucune n'a été infectée. Tous les proches d'un des coiffeurs ont par contre été contaminés, ce qui prouve qu'il était pourtant fortement contagieux, mais que des conditions sanitaires strictes peuvent diminuer fortement les risques, voire stopper les transmissions.Chez nous, une enquête du Syndicat neutre des indépendants (SNI) illustre une situtation préoccupante sur le plan économique: "Quatre actifs sur cinq veulent rouvrir. Deux sur trois veulent même le faire cette année encore, parce qu'ils se rendent compte qu'autrement la faillite est imminente."Sur ce sujet, un consensus politique pourrait se dessiner. "On pourrait peut-être envisager une réouverture, moyennant des conditions sanitaires très strictes, nous disait lundi Ahmed Laoouej, chef de file du PS à la Chambre, évoquant la ligne adoptée par le bureau de son part. Là, la discussion peut être ouverte." Une réouverture de certains corps de métier comme les coiffeurs peut être envisagée, a estime lui aussi le vice-président Ecolo du gouvernement wallon, Philippe Henry, ce mardi matin sur les ondes de Bel-RTL. "Si les chiffres le permettent..." Car les indicateurs, qui montrent une stagnation ces derniers jours, incitent les politiques à une prudence accrue.