Notre sondage Le Vif/L'Express-Knack-LN24 dévoile comment les Belges ont traversé la crise du coronavirus.
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Notre sondage Le Vif/L'Express-Knack-LN24 dévoile comment les Belges ont traversé la crise du coronavirus. Le problème c'est la méfiance. Le problème, c'est pour les uns de n'avoir pas assez laissé les experts décider. Le problème, c'est pour les autres d'avoir trop laissé les experts décider. Le problème, c'est qu'il y a toujours un problème.Et l'un de ces problèmes est le blocage issus du scrutin du 26 mai 2019. Le problème, à cet égard, c'est l'absence d'un véritable gouvernement fédéral. Le problème, c'est que le PS ne semble pas vouloir s'entendre avec la N-VA. Le problème, c'est que les autres partis flamands ne veulent pas gouverner sans la N-VA. Le problème, c'est que les uns se méfient des autres, que les autres se méfient des uns, et qu'en retour la méfiance, chez les gens qui ont élu ces uns et ces autres, ne peut qu'augmenter. Le problème, c'est que leur méfiance entraîne la méfiance de leurs électeurs. Ceux-ci, pourtant, ont des choses à dire. Elles vont peut-être surprendre ceux qui se méfient les uns des autres et dont les électeurs se méfient. Globalement, l'hypothèse que le PS et la N-VA se remettent à discuter ensemble est validée par 36,8 % des sondés, contre 28,2 % qui ne la considèrent pas souhaitable. Mais les francophones n'y sont favorables qu'à 29,3 % , et les Flamands, à 42 %. Et alors que moins d'un quart (22,5 %) à peine des Flamands sont défavorables à revoir nationalistes flamands et socialistes francophones relancer des discussions, ils sont 35%, au sud de la frontière linguistique, à s'y opposer. Un pas plus loin, et alors que, lundi 8 juin, Paul Magnette a, dit-on, présenté à son bureau national une alternative, soit des négociations avec la N-VA, soit des élections, la volonté de voir la N-VA participer à un gouvernement fédéral n'est pas partagée par une majorité des Belges. A l'échelle nationale en effet, ils sont plus nombreux à répondre qu'il n'est pas "indispensable que la N-VA fasse partie d'un gouvernement fédéral" que l'inverse (35,4 % contre 32,2 %). Les francophones, bien sûr, s'y opposent davantage que les néerlandophones : 42,3 % voient la N-VA comme dispensable (et près de 30 % ne sont "pas du tout d'accord" avec sa participation à une coalition fédérale), tandis qu'ils ne sont que 30%, en Flandre. Mais le nombre de ces 41,4% des Flamands qui considèrent la présence de la N-VA au gouvernement fédéral comme indispensable (contre 19 % des francophones) coïncide assez remarquablement avec la somme des voix nationalistes, N-VA et Vlaams Belang. Ces derniers, qui plaidaient déjà avant l'irruption de la pandémie pour l'organisation d'élections législatives anticipées, constateront que 41,2 % des Belges - et il n'y a là pas de différence significative entre Flamands (44%), Wallons (37%) et Bruxellois (37%) - réclament la tenue d'un nouveau scrutin "après la crise du coronavirus". 29,1 % s'y opposent. On est loin de la répulsion attribuée aux électeurs, réputés depuis des mois ne vouloir en aucun cas d'une nouvelle consultation... A croire que le problème, c'est aussi, peut-être, toutes ces répulsions que les élus attribuent aux électeurs.