En Belgique, l'extrême gauche - le PTB - a encore intensifié ses tirs à boulets rouges contre les mesures budgétaires du gouvernement, jugées "anti-sociales". Par contre, cette même extrême gauche adore le "modèle cubain". C'est complètement incohérent, car ledit "modèle" réprime le peuple et interdit toute manifestation de protestation contre la gestion catastrophique de la crise économique et sanitaire par les dirigeants cubains. Pendant ce temps, en Belgique, des manifs ont lieu quasiment tous les jours, avec l'appui des militants du PTB. A ma connaissance, aucun membre du PTB ne croupit dans les geôles du Royaume de Belgique.

Les optimistes qui pensaient que, la page Castro tournée, Cuba allait progressivement rompre avec le communisme archaïque, en sont pour leurs frais. Dernier épisode en date : le gouvernement communiste vient d'interdire la manifestation que les opposants comptaient organiser, le 15 novembre prochain, pour demander "le changement". Motif : "Les raisons invoquées pour manifester ne sont pas reconnues comme légitimes". Imagine-t-on Alexander De Croo interdire à Raoul Hedebouw de manifester dans la rue, sous prétexte qu'il veut défiler pour des "mauvaises raisons" ? Le leader du PTB hurlerait, avec raison, à l'imposture.

Les dirigeants cubains agitent également un autre argument pour interdire la manifestation prévue le 15 novembre : "Cette manif est une provocation organisée par les Américains qui veulent provoquer un changement de régime à Cuba". Imagine-t-on Alexander De Croo, toujours lui, empêcher Raoul Hedebouw de déplier ses banderoles devant la gare du Nord, à Bruxelles, sous prétexte que ces actes de protestation sont orchestrés en sous-mains par les Chinois qui veulent déstabiliser le capitalisme belge ? Tout le monde, à commencer par le PTB, rirait grassement et le libéral flamand se couvrirait de ridicule.

Les Cubains ont-ils un cerveau ?

Le parti communiste cubain, parti unique, n'a pas à se préoccuper de la sanction des urnes. Il repasse donc sans cesse le même disque rayé, qui ne trompe plus grand monde. "Les dirigeants cubains disent toujours que l'idée d'organiser une manifestation vient des Etats-Unis", explique l'une des figures de la dissidence, le metteur en scène Yunior Garcia. C'est comme si on ne réfléchissait pas, comme si les Cubains n'avaient pas de cerveau".

En principe, dans un régime communiste, on ne manifeste pas. La répression s'abat sur ceux qui osent exprimer une opinion différente de celle du pouvoir. Le peuple cubain, pourtant, ose de plus en plus défier les autorités. Le 11 juillet dernier, événement rarissime, des milliers de Cubains ont manifesté à La Havane et dans plusieurs autres villes. La colère a éclaté : "Nous avons faim !", "A bas la dictature !", "Liberté !". Les manifestants réclamaient le changement et la fin des violences. La répression a été dure. Les principaux leaders de la contestation ont été jetés en prison, pour quelques heures, quelques jours ou quelques semaines. Certains y séjournent encore aujourd'hui.

Dans son dernier rapport sur Cuba, Amnesty International affirme qu'en 2020, au moins 70 personnes ont été condamnées, soi-disant pour "outrages" ou "dangerosité". Ce sont, en fait, des prisonniers d'opinion. Officiellement, il n'y a pas de prisonnier politique à Cuba. Chaque fois que le sujet est abordé, les dirigeants cubains nient avec force. En 2016, lors d'une rencontre entre Raul Castro, le frère de Fidel, et le président Obama, la question des droits de l'homme fut mise sur la table. Raul Castro botta en touche : "On ne m'a jamais remis de liste de prisonniers d'opinion".Pas de liste, pas de prisonnier politique ! Le communisme castriste ne manque pas d'humour.

La crise sanitaire a encore fragilisé une économie cubaine en ruines. Certes, l'embargo économique imposé à l'île depuis 1962 par les Etats-Unis explique en partie la déglingue cubaine. Mais le fait est là : la grogne sociale se reporte désormais contre les dirigeants communistes. Si Cuba était une démocratie, ceux-ci seraient balayés du pouvoir.

Cuba, le paradis sur terre ?

Le communisme cubain est largement devenu un repoussoir pour l'opinion publique. Le PTB n'ose plus guère utiliser le terme "modèle" à son sujet. Mais ses publications récentes ne laissent planer aucun doute. Extraits surréalistes du dernier numéro de 'Solidaire', le magazine du Parti : "Le socialisme cubain donne des résultats exceptionnels. Les réalisations de la révolution cubaine sont stupéfiantes. Pour certains indicateurs de bien-être, Cuba va jusqu'à dépasser les riches pays occidentaux". Pratiquement le paradis sur terre. On croit rêver !

Malgré l'interdiction des autorités, les opposants cubains ont maintenu leur appel à manifester, le 15 novembre. L'extrême gauche belge enverra-t-elle des observateurs sur place pour rendre compte des violences policières ?

En Belgique, l'extrême gauche - le PTB - a encore intensifié ses tirs à boulets rouges contre les mesures budgétaires du gouvernement, jugées "anti-sociales". Par contre, cette même extrême gauche adore le "modèle cubain". C'est complètement incohérent, car ledit "modèle" réprime le peuple et interdit toute manifestation de protestation contre la gestion catastrophique de la crise économique et sanitaire par les dirigeants cubains. Pendant ce temps, en Belgique, des manifs ont lieu quasiment tous les jours, avec l'appui des militants du PTB. A ma connaissance, aucun membre du PTB ne croupit dans les geôles du Royaume de Belgique.Les optimistes qui pensaient que, la page Castro tournée, Cuba allait progressivement rompre avec le communisme archaïque, en sont pour leurs frais. Dernier épisode en date : le gouvernement communiste vient d'interdire la manifestation que les opposants comptaient organiser, le 15 novembre prochain, pour demander "le changement". Motif : "Les raisons invoquées pour manifester ne sont pas reconnues comme légitimes". Imagine-t-on Alexander De Croo interdire à Raoul Hedebouw de manifester dans la rue, sous prétexte qu'il veut défiler pour des "mauvaises raisons" ? Le leader du PTB hurlerait, avec raison, à l'imposture.Les dirigeants cubains agitent également un autre argument pour interdire la manifestation prévue le 15 novembre : "Cette manif est une provocation organisée par les Américains qui veulent provoquer un changement de régime à Cuba". Imagine-t-on Alexander De Croo, toujours lui, empêcher Raoul Hedebouw de déplier ses banderoles devant la gare du Nord, à Bruxelles, sous prétexte que ces actes de protestation sont orchestrés en sous-mains par les Chinois qui veulent déstabiliser le capitalisme belge ? Tout le monde, à commencer par le PTB, rirait grassement et le libéral flamand se couvrirait de ridicule.Le parti communiste cubain, parti unique, n'a pas à se préoccuper de la sanction des urnes. Il repasse donc sans cesse le même disque rayé, qui ne trompe plus grand monde. "Les dirigeants cubains disent toujours que l'idée d'organiser une manifestation vient des Etats-Unis", explique l'une des figures de la dissidence, le metteur en scène Yunior Garcia. C'est comme si on ne réfléchissait pas, comme si les Cubains n'avaient pas de cerveau".En principe, dans un régime communiste, on ne manifeste pas. La répression s'abat sur ceux qui osent exprimer une opinion différente de celle du pouvoir. Le peuple cubain, pourtant, ose de plus en plus défier les autorités. Le 11 juillet dernier, événement rarissime, des milliers de Cubains ont manifesté à La Havane et dans plusieurs autres villes. La colère a éclaté : "Nous avons faim !", "A bas la dictature !", "Liberté !". Les manifestants réclamaient le changement et la fin des violences. La répression a été dure. Les principaux leaders de la contestation ont été jetés en prison, pour quelques heures, quelques jours ou quelques semaines. Certains y séjournent encore aujourd'hui.Dans son dernier rapport sur Cuba, Amnesty International affirme qu'en 2020, au moins 70 personnes ont été condamnées, soi-disant pour "outrages" ou "dangerosité". Ce sont, en fait, des prisonniers d'opinion. Officiellement, il n'y a pas de prisonnier politique à Cuba. Chaque fois que le sujet est abordé, les dirigeants cubains nient avec force. En 2016, lors d'une rencontre entre Raul Castro, le frère de Fidel, et le président Obama, la question des droits de l'homme fut mise sur la table. Raul Castro botta en touche : "On ne m'a jamais remis de liste de prisonniers d'opinion".Pas de liste, pas de prisonnier politique ! Le communisme castriste ne manque pas d'humour.La crise sanitaire a encore fragilisé une économie cubaine en ruines. Certes, l'embargo économique imposé à l'île depuis 1962 par les Etats-Unis explique en partie la déglingue cubaine. Mais le fait est là : la grogne sociale se reporte désormais contre les dirigeants communistes. Si Cuba était une démocratie, ceux-ci seraient balayés du pouvoir.Le communisme cubain est largement devenu un repoussoir pour l'opinion publique. Le PTB n'ose plus guère utiliser le terme "modèle" à son sujet. Mais ses publications récentes ne laissent planer aucun doute. Extraits surréalistes du dernier numéro de 'Solidaire', le magazine du Parti : "Le socialisme cubain donne des résultats exceptionnels. Les réalisations de la révolution cubaine sont stupéfiantes. Pour certains indicateurs de bien-être, Cuba va jusqu'à dépasser les riches pays occidentaux". Pratiquement le paradis sur terre. On croit rêver !Malgré l'interdiction des autorités, les opposants cubains ont maintenu leur appel à manifester, le 15 novembre. L'extrême gauche belge enverra-t-elle des observateurs sur place pour rendre compte des violences policières ?