Quelque chose est en train de pourrir au sein du Royaume de Belgique. Le blocage politique complet au fédéral dure depuis plus de huit mois, il n'y a pas de gouvernement de plein exercice depuis plus d'un an, et la gangrène atteint désormais des institutions qui devraient être préservées des petits jeux politiques médiocres. A ce titre, le vote contre la nomination de Zakia Khattabi, la candidate présentée par Ecolo à la Cour constitutionnelle, est un incident sérieux, de nature à définitivement détériorer davantage encore le climat au niveau belge.

Sa candidature a été rejetée par le Sénat après deux tours de vote, sans qu'elle n'obtienne la majorité des deux tiers nécessaire à son élection. L'incident est majeur dans le contexte houleux du moment parce que la Cour constitutionnelle est une institution fondamentale, qui est le garde-fou de nos règles constitutionnelles. "La Cour constitutionnelle joue un rôle essentiel dans notre démocratie et ne peut être instrumentalisée comme elle l'a été par certains, réagit Ecolo. Nous regrettons amèrement le vote intervenu au Sénat aujourd'hui."

Le clash est d'autant plus regrettable qu'il est le fruit d'une opposition dure et injurieuse menée par les nationalistes flamands. La N-VA a voté contre cette nomination. Elle avait déjà mené une campagne personnelle contre Zakia Khattabi faite de "fake news" et de sexisme, dès le mois de novembre sur les réseaux sociaux, prétextant notamment une prétendue intervention de l'ancienne coprésidente d'Ecolo contre l'expulsion d'un réfugié.

Ce vendredi, Peter De Roover, chef de groupe N-VA à la Chambre, insiste sur l'attitude des écologistes dans les discussions fédérales. Selon lui, est justifié que quelqu'un refusant de s'asseoir à la table du premier parti de Flandre soit écarté de la Cour. Un "minimum de tolérance" est exigé.

Le traumatisme francophone est d'autant plus grand que les élus Vlaams Belang ont voté en choeur avec la N-VA et ont applaudi l'issue du vote. Suscitant une réaction glacée de la coprésidente Rajae Maouane sur Twitter.

Des élus socialistes francophones ont rejoint l'exaspération écologiste. Julien Uyttendaele a notamment évoqué un "précédent gravissime pour l'équilibre institutionnel de notre pays".

Le résultat de tout cela ? Ecolo va maintenir coûte que coûte la candidature de Zakia Khattabi. Le climat est définitivement délétère pour de très hypothétiques négociations fédérales avec la N-VA : les chances d'un dialogue N-VA - PS étaient déjà plus que minces, elles sont réduites à rien. Enfin, notre système institutionnel est fragilisé et sa politisation désastreuse : à ce rythme, comme en Espagne, nous aurons bientôt des institutions considérées comme illégitimes dans une partie du pays.

Quelque chose est en train de pourrir au sein du Royaume de Belgique. Le blocage politique complet au fédéral dure depuis plus de huit mois, il n'y a pas de gouvernement de plein exercice depuis plus d'un an, et la gangrène atteint désormais des institutions qui devraient être préservées des petits jeux politiques médiocres. A ce titre, le vote contre la nomination de Zakia Khattabi, la candidate présentée par Ecolo à la Cour constitutionnelle, est un incident sérieux, de nature à définitivement détériorer davantage encore le climat au niveau belge.Sa candidature a été rejetée par le Sénat après deux tours de vote, sans qu'elle n'obtienne la majorité des deux tiers nécessaire à son élection. L'incident est majeur dans le contexte houleux du moment parce que la Cour constitutionnelle est une institution fondamentale, qui est le garde-fou de nos règles constitutionnelles. "La Cour constitutionnelle joue un rôle essentiel dans notre démocratie et ne peut être instrumentalisée comme elle l'a été par certains, réagit Ecolo. Nous regrettons amèrement le vote intervenu au Sénat aujourd'hui."Le clash est d'autant plus regrettable qu'il est le fruit d'une opposition dure et injurieuse menée par les nationalistes flamands. La N-VA a voté contre cette nomination. Elle avait déjà mené une campagne personnelle contre Zakia Khattabi faite de "fake news" et de sexisme, dès le mois de novembre sur les réseaux sociaux, prétextant notamment une prétendue intervention de l'ancienne coprésidente d'Ecolo contre l'expulsion d'un réfugié.Ce vendredi, Peter De Roover, chef de groupe N-VA à la Chambre, insiste sur l'attitude des écologistes dans les discussions fédérales. Selon lui, est justifié que quelqu'un refusant de s'asseoir à la table du premier parti de Flandre soit écarté de la Cour. Un "minimum de tolérance" est exigé.Le traumatisme francophone est d'autant plus grand que les élus Vlaams Belang ont voté en choeur avec la N-VA et ont applaudi l'issue du vote. Suscitant une réaction glacée de la coprésidente Rajae Maouane sur Twitter.Des élus socialistes francophones ont rejoint l'exaspération écologiste. Julien Uyttendaele a notamment évoqué un "précédent gravissime pour l'équilibre institutionnel de notre pays".Le résultat de tout cela ? Ecolo va maintenir coûte que coûte la candidature de Zakia Khattabi. Le climat est définitivement délétère pour de très hypothétiques négociations fédérales avec la N-VA : les chances d'un dialogue N-VA - PS étaient déjà plus que minces, elles sont réduites à rien. Enfin, notre système institutionnel est fragilisé et sa politisation désastreuse : à ce rythme, comme en Espagne, nous aurons bientôt des institutions considérées comme illégitimes dans une partie du pays.