Rik Van de Walle est recteur à l'université de Gand. Samedi, après avoir regardé une émission de la VRT au sujet de la cavale de Jürgen Conings dans laquelle figurait le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, il publie une série de messages à son attention. "Peut-être cela vous étonnera-t-il que je le dise publiquement: je trouve que vous étiez sur la bonne voie". L'argumentation qui suit et certaines réactions du côté francophone témoignent des nuances existant entre l'attiude d'un académique, en Flandre, où l'extrême droite est 'institutionnalisée' et à Bruxelles et en Wallonie, où elle reste marginale.
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Rik Van de Walle est recteur à l'université de Gand. Samedi, après avoir regardé une émission de la VRT au sujet de la cavale de Jürgen Conings dans laquelle figurait le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, il publie une série de messages à son attention. "Peut-être cela vous étonnera-t-il que je le dise publiquement: je trouve que vous étiez sur la bonne voie". L'argumentation qui suit et certaines réactions du côté francophone témoignent des nuances existant entre l'attiude d'un académique, en Flandre, où l'extrême droite est 'institutionnalisée' et à Bruxelles et en Wallonie, où elle reste marginale.Le recteur de l'université de Gand salue les propos de Tom Van Grieken quand il affirmait sur la VRT: "La violence ne peut jamais être la solution". Et il lui demande de l'exprimer partout où il le peut, au vu des messages de soutien exprimés sur les réseaux sociaux à Jürgen Conings.Son argumentation à l'attention du président du Vlaams Belangse poursuit en sept tweets.Deux: "Vous avez exprimé des opinions qui peuvent être exprimées - et qui en ce qui me concernent doivent l'être. Certaines personnes pensaient que vous n'aviez pas la place à la table (de cette interview télévisée - Ndlr). Je trouvais précisément le contraire: exceptionnellement, vous deviez en être."Trois: "Je viens de regarder à l'instant le groupe Facebook 'als 1 achter jürgen'. Tout ce qui s'y trouve n'est pas à rejeter comme idiotie ou propos condamnable. Rejetter colectivement les auteurs de ce qui est à y lire comme des "Wappies" (adaptes des fake-news - Ndlr) ou des mécréants, est dès lors malheureux."Quatre: "En même temps, il est égalemrnt clair qu'il y a une (très petite) minorité parmi eux qui entretien des idées extrémistes et très dangereuses."Cinq: Monsieur Van Grieken: vous avez dit hier: 'La violence ne peut jamais être la solution'. Je veux croire que vous le pensiez sincèrement. Davantage encore, je veux croire et j'espère même que vous êtes prêts à faire tout ce qui vous est possible pour éviter la violence.Six: "Levez-vous, monsieur Van Grieken. Exprimez ce que vous avez dit hier, que la violence ne peut pas être une solution, avec une voix forte. Partout où vous allez. Sur tous les forums où vous avez accès. A l'atention de tous ceux qui vous écoutent."Sept: "Sans ambiguité. Sans aucune condition. Vous êtes une voix importante dans le débat de société. Si vous pensez ce que vous exprimiez, c'est votre devoir de le faire."Du côé francophone, par contre, cette interpellation du président du Vlaams Belagn a été perçue différemment. Un journaliste politique de la RTBF dénonce une "déclaration d'amour" au parti d'extrême droite."Un militaire d'extrême droite menace de mort des scientifiques dans un silence glacial du personnel politique envers les personnes concernées, s'indigne le politologue Pascal Delwit (ULB). Le recteur de l'UGent se lance dans des déclarations bisounours à Tom Van Grieken. Plongée dans les abîmes."En retour, le recteur de Gand juge ces accusations de proximité avec l'extrême droite d'hallucinantes. Comme quoi, la différence de perception et de comportement à l'égard de l'extrême droite est singulière, au Nord et au Sud. Ce qui choque certains francophones, singulièrement, est le fait que le recteur d'un université s'adresse au président d'un parti d'extrême droite, en faisant fi de tout cordon sanitaire."Cela démontre à quel point il est important de continuer à se parler entre Flamands et francophones, souligne Alexia Bertrand, cheffe de file MR à Bruxelles. Sinon le risque est, comme ici, de ne plus se comprendre sur des sujets aussi importants!"