Les photos sont saisissantes et font froid dans le dos. Beauraing et Rochefort en province de Namur ont été les victimes de conditions climatiques extrêmes la nuit de samedi à dimanche. La commune de Beauraing a été violemment touchée par une tornade: des toitures entières ont été arrachées, des pylônes électriques se sont retrouvés au sol, le hall sportif est à terre, des voitures se sont envolées,... 17 blessés sont à déplorer. Certains témoins évoquent une "situation apocalyptique" Au total, pas moins de 92 maisons ont été fortement endommagées, une dizaine d'entre elles ne sont plus habitables.
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Les photos sont saisissantes et font froid dans le dos. Beauraing et Rochefort en province de Namur ont été les victimes de conditions climatiques extrêmes la nuit de samedi à dimanche. La commune de Beauraing a été violemment touchée par une tornade: des toitures entières ont été arrachées, des pylônes électriques se sont retrouvés au sol, le hall sportif est à terre, des voitures se sont envolées,... 17 blessés sont à déplorer. Certains témoins évoquent une "situation apocalyptique" Au total, pas moins de 92 maisons ont été fortement endommagées, une dizaine d'entre elles ne sont plus habitables. Ce phénomène météorologique, aussi impressionnant qu'il puisse être, n'est pourtant pas rare en Belgique comme l'explique au journal Le Soir David Dehenauw, météorologue à l'IRM. L'expert explique les conditions qui provoquent le phénomène naturelle : "C'est la rencontre entre deux masses d'air, une chaude portée par des vents du sud que nous avons connue toute la semaine dernière avec une masse plus froide et un vent du nord qui va nous accompagner encore toute la semaine à venir. Cela va d'ailleurs faire chuter les températures autour des 18, 19 degrés durant plusieurs jours. Entre les deux masses d'air de températures différentes se produit un cisaillement des vents qui ne vont pas dans le même sens et à la même vitesse et cela entraîne des rafales violentes qui tombent vers le sol. "Un phénomène qui n'est pas si rare en Belgique. "Il s'en produit entre 5 et 10 par an dont certaines passent complètement inaperçues car elles sont de faible intensité, se déroulent la nuit au milieu d'une zone inhabitée où les dégâts ne sont constatés que bien plus tard."Pour Denis Collard, interrogé par la Nouvelle Gazette, il n'y a aucun doute, il s'agit bien d'une tornade qui s'est formée dans la région, et non pas d'une mini-tornade comme on peut parfois l'entendre. "Une 'mini-tornade', c'est un phénomène qui n'existe pas", tranche le monsieur météo de la RTBF. " Quelques témoins ont parlé de vents très forts, suivis d'une accalmie et puis d'un boom dans la violence. Ce qui correspond complètement à la théorie du coeur de la tornade ", commente-t-il. Une enquête préliminaire de l'IRM corrobore ses dires. A Beauraing, on peut bel et bien parler du passage d'une tornade. Pour qu'il y ait une tornade, il faut un phénomène de rotation des vents très spécifique et caractéristique, ce qui fut le cas ce week-end."Il y a eu une première ligne orageuse vers 23 heures et ensuite une seconde, plus incisive est remontée de la Botte de Givet vers la Famenne qui est un creux géologique pour toucher les villages de Beauraing, Villers-sur-Lesse, Eprave et Ciergnon", analyse Denis Collard dans le journal wallon. L'indice d'instabilité était très élevé, mais il était tout aussi difficile de savoir qui serait touché et de quelle manière.Dans son dernier rapport climatologique, l'IRM note ces dernières années une augmentation de la fréquence des fortes pluies particulièrement en cette saison des orages qui se déroule de mai à septembre en Belgique. Cela est clairement lié au réchauffement climatique selon l'Institut royal. Pour les tornades à proprement parler, l'IRM n'a pas encore fait d'analyse spécifique.Pour Denis Collard, nier que le réchauffement climatique a un effet sur des phénomènes comme celui de Beauraing serait une erreur. "Toutefois, créer un simple lien de cause à effet l'est tout autant. Ce n'est pas si évident, mais il est clair que le réchauffement climatique provoque parfois un conflit de masse d'air", avance-t-il.