En 2018, à l'occasion de leur premier procès aussi médiatisé comme le "procès de la solidarité" ou "le procès des hébergeurs", onze personnes - sept migrants et quatre hébergeurs - avaient fait la une des journaux.
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En 2018, à l'occasion de leur premier procès aussi médiatisé comme le "procès de la solidarité" ou "le procès des hébergeurs", onze personnes - sept migrants et quatre hébergeurs - avaient fait la une des journaux. En première instance, quatre personnes ont été acquittées mais les autres ont été condamnées à des peines de 12 à 40 mois de prison, avec sursis pour certains. Neuf d'entre avaient déjà subi de 2 à 13 mois de détention préventive. A la surprise générale, un mois après le jugement, le Parquet général de Bruxelles a fait appel contre "tout le jugement" rendu. Ce nouveau procès fait encourir à ces personnes un risque allant jusqu'à 10 ans de prison. "Je n'attends plus rien de ce procès, nos dossiers sont uniquement à charge", nous confie Myriam Berghe, l'une des hébergeuses poursuivies. "La mobilisation contre la criminalisation de la solidarité doit continuer ", ajoute-t-elle. "C'est clairement un procès pour l'exemple, pour qu'il y ait jurisprudence et que les citoyens soient découragés de venir en aide aux migrants en Belgique." "Police et justice s'acharnent depuis trois ans sur ces onze personnes alors que les dossiers sont vides de toute preuve de crime. Leur poursuite est avant tout politique. Elle est le symbole d'une escalade de la répression qui s'abat sur les migrants depuis de trop nombreuses années et de plus en plus, sur tout mouvement de solidarité et de contestation de l'ordre sécuritaire et inégalitaire", peut-on lire dans le communiqué de presse envoyé par le collectif citoyen Solidarity is not a Crime. Le collectif est né de la volonté de dénoncer la criminalisation de la migration et de la solidarité à travers ce procès qu'il estime "révélateur des dérives xénophobes et sécuritaires des Etats européens". Et de déplorer les dommages psychologiques, sociaux et économiques engendrés par ce genre de longue procédure. Le tribunal correctionnel de Bruxelles avait acquitté, le 12 décembre 2018, trois citoyennes belges et un résident qui avaient hébergé chez eux des migrants, estimant qu'ils n'avaient commis aucun acte délictueux. Ces quatre personnes, dont les journalistes Myriam Berghe et Anouk Van Gestel, étaient prévenues pour trafic d'êtres humains et organisation criminelle. Le parquet reprochait à deux d'entre elles, non pas d'avoir hébergé ces migrants, mais de leur avoir fourni par ce biais une aide essentielle dans leur activité de trafic d'êtres humains. En prêtant un téléphone, un ordinateur ou une carte routière, elles se sont rendues coupables d'actes de complicité de ce trafic, avait soutenu le parquet.Pour les deux autres, il estimait par contre que les charges n'étaient pas suffisantes. Concernant huit autres individus prévenus, dont les migrants qui ont été hébergés, le tribunal avait par contre prononcé des peines de 12 à 40 mois de prison, avec sursis pour plusieurs d'entre eux. Il avait conclu qu'ils avaient effectivement collaboré à un trafic d'êtres humains, en aidant d'autres migrants comme eux à monter dans des camions vers la Grande-Bretagne, sur des aires d'autoroute belges, en 2017. En janvier 2019, le parquet a décidé de faire appel contre toutes les dispositions de ce jugement.