Cela reste une mise en garde symbolique, mais elle est d'importance: le parlement belge se prépare à mettre garde contre un risque sérieux de génocide" dans la région automne du Xinjiang, en Chine, contre la minorité Ouïghoure, de confession musulmane.
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Cela reste une mise en garde symbolique, mais elle est d'importance: le parlement belge se prépare à mettre garde contre un risque sérieux de génocide" dans la région automne du Xinjiang, en Chine, contre la minorité Ouïghoure, de confession musulmane.Dans un texte amendé, initalement dévoilé par l'agence Belga, les sept partis de la coalition Vivaldi fédérale (socialistes, libéraux, écologistes et CD&X) s'entendent pour reconnaître ce "risque sérieux de génocide" et condamnent les "crimes de persécution et les violations massives des droits humains dans la région autonome du Xinjiang qui peuvent être constitutives de crimes contre l'humanité". L'initiative émanait initalement des écologistes. Samuel Cogolati, député Ecolo, est d'ailleurs l'une des dix personnalités européennes visées par des sanctions chinoises, suite à son implication dans ce dossier. Dans une réaction au Vif, il se dit "ému et fier" de l'adoption prochaine de cette résolution."Il faut avouer que certains textes et certains votes peuvent remplir d'une émotion forte, a dit Samuel Cogolati en commission du parlement. Ce texte, c'en est un. De quoi parlons-nous? De millions d'hommes et de femmes qui sont en danger d'éradication, de disparition. Nous avions l'obligation d'agir et de briser le silence." L'écologiste se réjouit que le parlement n'ait pas cédé sous la pression, qu'il ait poursuivi son travail et qu'il envoie "un signal fort à Pékin".En votant ce texte, la Chambre rejoindrait les parlements néerlandais, canadien et britannique ainsi que l'administration du président américain Joe Biden dans la condamnation de ce "risque de génocide".Dans le compromis trouvé par la Vivaldi, suite à des auditions menées en commission parlementaire: il est question d'un "risque de génocide" et non d'un "génocide". C'est un avertissement et une note de prudence à l'encontre de la Chine. C'est aussi et surtout l'application de la jurisprudence de la Cour international de justice sur le sujet, précise-t-on au sein de la majorité, qui induit une obligation de prévention du crime.La reconnaissance d'un risque sérieux de génocide implique l'adoption de mesures préventives, conformément à la convention internationale de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide. La proposition de résolution contienten outre vingt demandes au gouvernement fédéral belge, notamment de condamner la politique menée à l'égard des Ouïghours, le travail forcé ou les stérilisations forcées dont cette population fait l'objet, de plaider auprès des instances européennes pour un élargissement des sanctions à l'égard de la Chine si la répression des Ouïghours ne cessait pas ou encore de dénoncer les traités d'extradition bilatéraux avec la Chine si la situation devait s'aggraver.De même, il ne lui est toutefois pas demandé de lui aussi reconnaître le "risque sérieux de génocide", ce qui s'apparente à une autre touche de prudence. Il s'agit, notament pour les libéraux, de ne pas entraver l'action de la Belgique et de sa ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, qui prône pour le dialogue dans tous les dossiers."Nous n'avons pas ménagé nos efforts pour objectiver la situation", souligne Michel De Maegd (MR). Il souligne que le texte final de la résolution concerne toutes les minorités musulmanes de Chine, au-delà des Ouïghours, et met en avant la nécessité de prendre des mesures préventives contre le risque de génocide. Le député libéral évoque des "crimes contre l'humanité, ce n'est pas un mot léger" et "un risque sérieux de génocide". Cela témoigne bien de la gradation voulue par la Vivaldi dans sa décision d'agir, en tenant compte de la jurisprudence de la Cour internationale de justice. Le libéral insiste, aussi, pour une action commune de l'Union européenne.Les amendements de la majorité ayant été déposés mardi en fin de matinée, l'opposition a demandé de disposer de temps pour les examiner. La majorité y a répondu positivement.