Le cash est-il voué à disparaître ? Avec le boom du paiement électronique - achat en ligne, sans contact, QR code -, et la diminution du nombre de distributeurs dans le pays, ce n'est peut-être pas impossible. Entre 2015 et 2020, un quart des distributeurs auraient ainsi été supprimés. Début 2021, "il ne restait déjà plus que 6.000 distributeurs. Et parfois même aucun dans plusieurs communes, majoritairement en Wallonie ", alerte l'organisation de consommateurs Test Achats.

Car c'est bien là le problème : si l'utilisation du cash est en chute libre, c'est en partie à cause de la mauvaise répartition des distributeurs de billets. Certaines zones du pays (en l'occurrence, les villages) sont bien moins desservies que d'autres qui, elles, se retrouvent avec une offre excédentaire. À force de courir après l'argent, les Belges finissent par opter pour la solution la plus rapide et se tournent donc massivement vers le paiement électronique. Et l'apparition du "sans contact" a certainement facilité cette transition vers un tout numérique. Dégainer la carte, sans plus inscrire son code, quel gain de temps... de 1 minute. La minute qui semble faire toute la différence.

Un distributeur à 5km du domicile

Dans l'espoir de lutter contre ce déséquilibre, les quatre grandes banques de Belgique - à savoir Belfius, BNP Paribas Fortis, ING et KBC - se sont associées pour créer un réseau commun de distributeurs automatiques de billets neutres. Le projet Batopin devrait, à terme, remplacer tous les distributeurs de billets de ces banques par des points cash neutres.

95% des Belges devraient ainsi pouvoir retirer du cash dans un distributeur situé dans un rayon de 5km de leur domicile ou lieu de travail. Les six premiers distributeurs automatiques de billets neutres du pays, répartis en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie, ont par ailleurs déjà été installés. Ce nouveau réseau de cash sera déployé progressivement sur plusieurs années et sera entièrement achevé fin 2024. Les 4 grandes banques entendent supprimer tous les distributeurs de leurs agences d'ici la fin 2024 pour les remplacer par 2 200 distributeurs neutres installés sur environ 700 sites.

Une offre "inacceptable" et "insuffisante"

Une annonce qui est pourtant loin de plaire à tout le monde. "Le nombre [de distributeurs] pourrait chuter à 3.500 en 2024 avec la mise en oeuvre du projet", regrette Test Achats, qui accuse le secteur bancaire d'avoir "travaillé sans la moindre transparence ". Pour l'organisation de consommation, plusieurs critères sont nécessaires pour garantir un système efficace: "la distance ne peut pas être le seul critère retenu pour l'implantation des distributeurs. Il est indispensable qu'ils soient installés dans les zones de commerces où l'on a besoin de cash, que les lieux choisis soient accessibles en transports en commun, que la densité de population soit prise en compte. "

Côté gouvernement, cette décision est également critiquée. Le ministre fédéral de l'Économie Pierre-Yves Dermagne (PS) juge cette future offre de distributeurs de billets insuffisante. "Il ne garantit pas à chaque Belge d'avoir accès à un distributeur. C'est problématique", estime-t-il.

Même son de cloche du côté des écologistes, qui estime cette norme de 5km incompatible avec l'aménagement du territoire fragmenté belge. " La norme devrait être la suivante: au moins un guichet automatique dans chaque zone résidentielle et les zones rurales, quelle que soit la distance entre deux guichets", explique ainsi le député fédéral Nicolas Parent.

Pas l'idéal pour les plus vulnérables

Sans compter que les citoyens plus vulnérables, dans l'incapacité de se déplacer, pourraient être impactés par ce nouveau projet. L'ASBL Financité de promotion d'une finance responsable et solidaire promeut plutôt l'accès à un distributeur offrant l'assortiment de base (retrait, dépôt) dans les 2,5km par la route. "Chaque commune devrait disposer d'un nombre d'appareils équivalent à au moins un appareil par tranche de 1.500 habitants", ajoute-t-elle encore.

Autre problème pointé par Ecolo : "les opérations traditionnelles telles que les virements ne seront pas possibles via les simples distributeurs Bancontact, hors agences." Or, avec la fermeture progressive de nombreuses agences et le boom du numérique, certains citoyens pourraient se retrouver désavantagés. Les Verts redoutent que ce projet ne creuse davantage les inégalités sociales : certains en pâtiront plus que d'autres. En particulier " les personnes âgées, les personnes défavorisées sur le plan numérique ou précarisées. Face au monde numérique et sans service d'assistance téléphonique, ces citoyens seront désormais obligés de payer un supplément pour un service qui, il y a quelques années encore, était évident. "

Où se situent les distributeurs actuels?

Le cash est-il voué à disparaître ? Avec le boom du paiement électronique - achat en ligne, sans contact, QR code -, et la diminution du nombre de distributeurs dans le pays, ce n'est peut-être pas impossible. Entre 2015 et 2020, un quart des distributeurs auraient ainsi été supprimés. Début 2021, "il ne restait déjà plus que 6.000 distributeurs. Et parfois même aucun dans plusieurs communes, majoritairement en Wallonie ", alerte l'organisation de consommateurs Test Achats.Car c'est bien là le problème : si l'utilisation du cash est en chute libre, c'est en partie à cause de la mauvaise répartition des distributeurs de billets. Certaines zones du pays (en l'occurrence, les villages) sont bien moins desservies que d'autres qui, elles, se retrouvent avec une offre excédentaire. À force de courir après l'argent, les Belges finissent par opter pour la solution la plus rapide et se tournent donc massivement vers le paiement électronique. Et l'apparition du "sans contact" a certainement facilité cette transition vers un tout numérique. Dégainer la carte, sans plus inscrire son code, quel gain de temps... de 1 minute. La minute qui semble faire toute la différence.Dans l'espoir de lutter contre ce déséquilibre, les quatre grandes banques de Belgique - à savoir Belfius, BNP Paribas Fortis, ING et KBC - se sont associées pour créer un réseau commun de distributeurs automatiques de billets neutres. Le projet Batopin devrait, à terme, remplacer tous les distributeurs de billets de ces banques par des points cash neutres. 95% des Belges devraient ainsi pouvoir retirer du cash dans un distributeur situé dans un rayon de 5km de leur domicile ou lieu de travail. Les six premiers distributeurs automatiques de billets neutres du pays, répartis en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie, ont par ailleurs déjà été installés. Ce nouveau réseau de cash sera déployé progressivement sur plusieurs années et sera entièrement achevé fin 2024. Les 4 grandes banques entendent supprimer tous les distributeurs de leurs agences d'ici la fin 2024 pour les remplacer par 2 200 distributeurs neutres installés sur environ 700 sites. Une annonce qui est pourtant loin de plaire à tout le monde. "Le nombre [de distributeurs] pourrait chuter à 3.500 en 2024 avec la mise en oeuvre du projet", regrette Test Achats, qui accuse le secteur bancaire d'avoir "travaillé sans la moindre transparence ". Pour l'organisation de consommation, plusieurs critères sont nécessaires pour garantir un système efficace: "la distance ne peut pas être le seul critère retenu pour l'implantation des distributeurs. Il est indispensable qu'ils soient installés dans les zones de commerces où l'on a besoin de cash, que les lieux choisis soient accessibles en transports en commun, que la densité de population soit prise en compte. "Côté gouvernement, cette décision est également critiquée. Le ministre fédéral de l'Économie Pierre-Yves Dermagne (PS) juge cette future offre de distributeurs de billets insuffisante. "Il ne garantit pas à chaque Belge d'avoir accès à un distributeur. C'est problématique", estime-t-il.Même son de cloche du côté des écologistes, qui estime cette norme de 5km incompatible avec l'aménagement du territoire fragmenté belge. " La norme devrait être la suivante: au moins un guichet automatique dans chaque zone résidentielle et les zones rurales, quelle que soit la distance entre deux guichets", explique ainsi le député fédéral Nicolas Parent. Sans compter que les citoyens plus vulnérables, dans l'incapacité de se déplacer, pourraient être impactés par ce nouveau projet. L'ASBL Financité de promotion d'une finance responsable et solidaire promeut plutôt l'accès à un distributeur offrant l'assortiment de base (retrait, dépôt) dans les 2,5km par la route. "Chaque commune devrait disposer d'un nombre d'appareils équivalent à au moins un appareil par tranche de 1.500 habitants", ajoute-t-elle encore.Autre problème pointé par Ecolo : "les opérations traditionnelles telles que les virements ne seront pas possibles via les simples distributeurs Bancontact, hors agences." Or, avec la fermeture progressive de nombreuses agences et le boom du numérique, certains citoyens pourraient se retrouver désavantagés. Les Verts redoutent que ce projet ne creuse davantage les inégalités sociales : certains en pâtiront plus que d'autres. En particulier " les personnes âgées, les personnes défavorisées sur le plan numérique ou précarisées. Face au monde numérique et sans service d'assistance téléphonique, ces citoyens seront désormais obligés de payer un supplément pour un service qui, il y a quelques années encore, était évident. "