Marco Martiniello n'est guère surpris par les résultats de l'enquête. Pour lui, il est clair que les Flamands et les Wallons adoptent une attitude semblable vis-à-vis des étrangers, même si, souligne-t-il, "la différence fondamentale, c'est qu'il n'y a pas de traduction politique de ces attitudes et de ces sentiments en Wallonie".

Alors qu'en Flandre, les deux plus grands partis, la N-VA (24,8% aux élections régionales du 26 mai dernier) et le Vlaams Belang (18,5%) ont effectivement un profil nettement identitaire, et même anti-immigration pour le dernier, en Wallonie, les partis de cette mouvance sont loin d'atteindre le seuil électoral. Les quelques tentatives de faire décoller un parti nationaliste en Belgique francophone n'ont pas vraiment porté leurs fruits.

Spécialisé en migration et notamment en questions relatives au racisme, Marco Martiniello avance trois éléments de réponse à cette réalité différente au nord et au sud du pays.

Nationalisme wallon

Pour le sociologue, la première raison est historique. "Il n'y a pas de nationalisme politique wallon qui soit le pendant du nationalisme flamand. En Flandre, celui-ci est fort et ouvre un espace à l'expression du racisme en politique, ce qui n'est pas le cas en Wallonie. De plus, en Belgique francophone, il n'y a pas l'idée du nation building. En Flandre, les deux partis principaux, le Vlaams Belang et la N-VA, s'ancrent dans une histoire flamande et notamment dans la lutte contre la domination francophone dans la Belgique de l'époque. Le nationalisme wallon, c'est le monstre du Loch Ness: il n'y a pas de nationalisme fort en Wallonie", explique-t-il.

Cadrage associatif

Ensuite, il y a le rôle du cadrage associatif en Wallonie qui canalise un peu les attitudes et les sentiments racistes, et qui est moins présent en Flandre. "Certains militants socialistes tiennent parfois un discours proche du Vlaams Belang, mais leur hiérarchie politique réagit de manière différente. Il n'y a pas d'espace à l'expression de sentiments racistes", déclare-t-il.

Leader charismatique

Et puis il y a l'absence de personnalités charismatiques qui cristallisent les tendances racistes. Ainsi, on cherchera vainement un Theo Francken (N-VA) au sud du pays (d'ailleurs très populaire en Belgique francophone aussi). "L'extrême droite en Wallonie a eu quelques succès locaux, mais elle était incarnée par d'illustres inconnus de faible envergure. Il n'y a pas de leader charismatique en Wallonie qui puisse faire une traduction politique de ces sentiments".

Faut-il pour autant en conclure que la Wallonie ne se calquera jamais sur la Flandre? "Pour l'instant, il n'y a pas de racisme dans la politique wallonne, mais ça ne veut pas dire que les conditions ne sont pas réunies pour que ça arrive un jour. Bien malin qui pourrait faire un pronostic", conclut Marco Martiniello.

Marco Martiniello n'est guère surpris par les résultats de l'enquête. Pour lui, il est clair que les Flamands et les Wallons adoptent une attitude semblable vis-à-vis des étrangers, même si, souligne-t-il, "la différence fondamentale, c'est qu'il n'y a pas de traduction politique de ces attitudes et de ces sentiments en Wallonie".Alors qu'en Flandre, les deux plus grands partis, la N-VA (24,8% aux élections régionales du 26 mai dernier) et le Vlaams Belang (18,5%) ont effectivement un profil nettement identitaire, et même anti-immigration pour le dernier, en Wallonie, les partis de cette mouvance sont loin d'atteindre le seuil électoral. Les quelques tentatives de faire décoller un parti nationaliste en Belgique francophone n'ont pas vraiment porté leurs fruits. Spécialisé en migration et notamment en questions relatives au racisme, Marco Martiniello avance trois éléments de réponse à cette réalité différente au nord et au sud du pays. Nationalisme wallon Pour le sociologue, la première raison est historique. "Il n'y a pas de nationalisme politique wallon qui soit le pendant du nationalisme flamand. En Flandre, celui-ci est fort et ouvre un espace à l'expression du racisme en politique, ce qui n'est pas le cas en Wallonie. De plus, en Belgique francophone, il n'y a pas l'idée du nation building. En Flandre, les deux partis principaux, le Vlaams Belang et la N-VA, s'ancrent dans une histoire flamande et notamment dans la lutte contre la domination francophone dans la Belgique de l'époque. Le nationalisme wallon, c'est le monstre du Loch Ness: il n'y a pas de nationalisme fort en Wallonie", explique-t-il.Cadrage associatif Ensuite, il y a le rôle du cadrage associatif en Wallonie qui canalise un peu les attitudes et les sentiments racistes, et qui est moins présent en Flandre. "Certains militants socialistes tiennent parfois un discours proche du Vlaams Belang, mais leur hiérarchie politique réagit de manière différente. Il n'y a pas d'espace à l'expression de sentiments racistes", déclare-t-il. Leader charismatique Et puis il y a l'absence de personnalités charismatiques qui cristallisent les tendances racistes. Ainsi, on cherchera vainement un Theo Francken (N-VA) au sud du pays (d'ailleurs très populaire en Belgique francophone aussi). "L'extrême droite en Wallonie a eu quelques succès locaux, mais elle était incarnée par d'illustres inconnus de faible envergure. Il n'y a pas de leader charismatique en Wallonie qui puisse faire une traduction politique de ces sentiments". Faut-il pour autant en conclure que la Wallonie ne se calquera jamais sur la Flandre? "Pour l'instant, il n'y a pas de racisme dans la politique wallonne, mais ça ne veut pas dire que les conditions ne sont pas réunies pour que ça arrive un jour. Bien malin qui pourrait faire un pronostic", conclut Marco Martiniello.