Le curriculum vitae de Guillaume Boutin, le nouveau CEO de Proximus, n'a décidément rien d'un long fleuve tranquille. Les premiers remous datent de décembre dernier, lorsque nous avions découvert, dans la foulée de sa nomination, que l'ex-numéro deux de la société de télécoms n'était en réalité pas détenteur d'un Executive MBA de l'Insead. En lieu et place de ce prestigieux master en administration des affaires, exigeant de nombreux sacrifices, notamment financiers (jusqu'à 200 000 dollars), Guillaume Boutin ne pouvait se targuer "que" d'une formation non diplômante de quelques jours, conçue pour les cadres de Vivendi, où il travaillait à l'époque. A la suite de nos révélations, Proximus avait fini par reconnaître "une erreur d'appréciation".

Et voici qu'une nouvelle zone d'ombre vient troubler le parcours académique et professionnel mis en avant par le successeur de Dominique Leroy. Proximus ayant accepté que nous consultions l'entièreté du CV controversé - à la condition que nous nous déplacions dans ses bureaux, aucune version électronique du document n'étant envoyée - nous avons pu le constater par nous-mêmes. C'est que l'exercice de transparence voulu par la société peut aussi se révéler à double tranchant...

Ainsi, pendant 45 minutes, Guillaume Boutin va nous commenter à bâtons rompus les trois pages où s'étale une solide expérience professionnelle dans le secteur des télécoms et des médias, à différents niveaux de responsabilité. Reste cependant un point à éclaircir. Les toutes premières lignes du document remontent à il y a plus de 20 ans. On y trouve, pour la période un peu vague "1999-2000", une expérience de strategy consultant au sein du cabinet de renommée internationale Roland Berger, à Paris, assorti d'une petite explication sur le contenu de la fonction. Selon nos informations, cette première expérience professionnelle serait, en réalité, un stage de fin d'études de trois mois, effectué du 1er septembre au 10 décembre 1999.

Stage de pré embauche

Dans le jargon de l'école de commerce HEC Paris, où le CEO de 45 ans a été formé, on parle de ces stages de fin d'études comme de "stages de pré embauche". Guillaume Boutin explique: "Cette première expérience professionnelle s'est faite à la fin de mes études et, comme cela se pratique en France, je commence mon premier job rémunéré de consultant en stratégie par quelques mois en tant que stagiaire, avec mon contrat d'embauche en main." Cette différence entre un stage et une fonction de strategy consultant interpelle néanmoins.

Guillaume Boutin décidera finalement de quitter le cabinet Roland Berger pour se lancer, début 2000, dans le développement d'InStranet, une start-up spécialisée dans les logiciels de gestion de connaissance pour les centres d'appels. "Une formidable aventure humaine et entrepreneuriale. Mais, surtout, une expérience fondatrice dans mon parcours", se souvient-il. Car, à en croire l'actuel numéro 1 de Proximus, "ce n'est pas (son) expérience en consultance qui a été déterminante pour la suite de (sa) carrière dans les télécoms et les médias français". Pourtant, de nombreux articles et interviews parus dans la presse nationale et internationale au cours des dix dernières années mettent précisément en avant "ses premières armes" dans le conseil en stratégie. Un premier emploi de strategic advisor qui est même considéré comme "une fonction importante" par Stefaan De Clerck, le président de l'entreprise publique, interviewé dans L'Echo. Signe que ce passage au sein de Roland Berger revêtait son importance pour asseoir sa réputation. Même s'il s'agit d'un passage éclair et quelque peu amplifié.

Le curriculum vitae de Guillaume Boutin, le nouveau CEO de Proximus, n'a décidément rien d'un long fleuve tranquille. Les premiers remous datent de décembre dernier, lorsque nous avions découvert, dans la foulée de sa nomination, que l'ex-numéro deux de la société de télécoms n'était en réalité pas détenteur d'un Executive MBA de l'Insead. En lieu et place de ce prestigieux master en administration des affaires, exigeant de nombreux sacrifices, notamment financiers (jusqu'à 200 000 dollars), Guillaume Boutin ne pouvait se targuer "que" d'une formation non diplômante de quelques jours, conçue pour les cadres de Vivendi, où il travaillait à l'époque. A la suite de nos révélations, Proximus avait fini par reconnaître "une erreur d'appréciation".Et voici qu'une nouvelle zone d'ombre vient troubler le parcours académique et professionnel mis en avant par le successeur de Dominique Leroy. Proximus ayant accepté que nous consultions l'entièreté du CV controversé - à la condition que nous nous déplacions dans ses bureaux, aucune version électronique du document n'étant envoyée - nous avons pu le constater par nous-mêmes. C'est que l'exercice de transparence voulu par la société peut aussi se révéler à double tranchant...Ainsi, pendant 45 minutes, Guillaume Boutin va nous commenter à bâtons rompus les trois pages où s'étale une solide expérience professionnelle dans le secteur des télécoms et des médias, à différents niveaux de responsabilité. Reste cependant un point à éclaircir. Les toutes premières lignes du document remontent à il y a plus de 20 ans. On y trouve, pour la période un peu vague "1999-2000", une expérience de strategy consultant au sein du cabinet de renommée internationale Roland Berger, à Paris, assorti d'une petite explication sur le contenu de la fonction. Selon nos informations, cette première expérience professionnelle serait, en réalité, un stage de fin d'études de trois mois, effectué du 1er septembre au 10 décembre 1999. Dans le jargon de l'école de commerce HEC Paris, où le CEO de 45 ans a été formé, on parle de ces stages de fin d'études comme de "stages de pré embauche". Guillaume Boutin explique: "Cette première expérience professionnelle s'est faite à la fin de mes études et, comme cela se pratique en France, je commence mon premier job rémunéré de consultant en stratégie par quelques mois en tant que stagiaire, avec mon contrat d'embauche en main." Cette différence entre un stage et une fonction de strategy consultant interpelle néanmoins.Guillaume Boutin décidera finalement de quitter le cabinet Roland Berger pour se lancer, début 2000, dans le développement d'InStranet, une start-up spécialisée dans les logiciels de gestion de connaissance pour les centres d'appels. "Une formidable aventure humaine et entrepreneuriale. Mais, surtout, une expérience fondatrice dans mon parcours", se souvient-il. Car, à en croire l'actuel numéro 1 de Proximus, "ce n'est pas (son) expérience en consultance qui a été déterminante pour la suite de (sa) carrière dans les télécoms et les médias français". Pourtant, de nombreux articles et interviews parus dans la presse nationale et internationale au cours des dix dernières années mettent précisément en avant "ses premières armes" dans le conseil en stratégie. Un premier emploi de strategic advisor qui est même considéré comme "une fonction importante" par Stefaan De Clerck, le président de l'entreprise publique, interviewé dans L'Echo. Signe que ce passage au sein de Roland Berger revêtait son importance pour asseoir sa réputation. Même s'il s'agit d'un passage éclair et quelque peu amplifié.