Faut-il un reconfinement "court et intense"? Ou convient-il de calibrer davantage les mesures les plus adéquates pour tenter de freiner le virus en se donnant encore un peu de temps, tout en évitant de mettre la Belgique sous cloche? C'est le dilemme auquel le Comité de concertation, qui se réunit ce mercredi à 9h, est confronté.
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Faut-il un reconfinement "court et intense"? Ou convient-il de calibrer davantage les mesures les plus adéquates pour tenter de freiner le virus en se donnant encore un peu de temps, tout en évitant de mettre la Belgique sous cloche? C'est le dilemme auquel le Comité de concertation, qui se réunit ce mercredi à 9h, est confronté. Un tour de vis aura lieu avant les vacances de Pâques pour freiner les hospitalisations qui repartent fortement à hausse, c'est une évidence. "Les chiffres sont là, soulignait ce mercredi matin Rudi Vervoort (PS), ministre-président bruxellois, sur Bel RTL. Le statu quo n'est pas une option. Il faut un ensemble de mesures fortes, mais équilibrées." Le but est de faire diminuer les contacts sociaux de façon drastique.L'horizon poursuivi reste de permettre la réouverture des écoles en présentiel le 19 avril et la reprise de l'horeca le 1er mai. Mais autour de la table, les uns et les autres expriment leurs sensibilités, la Vivaldi fédérale et les majorités régionales sont en quelque sorte divisées face aux priorités politiques à déterminer. Un compromis devra se dégager.Le rapport des experts plaide pour un reconfinement "pur et dur", avec une refermeture des écoles pour des vacances de Pâques prolongée, des commerces non-essentiels et des métiers de contact. "Ce ne sont pas experts qui décident", a rétorqué le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS). Les partis sont surtout tétanisés face à l'échec que cela représenterait pour la stratégie suivie depuis des mois, avec l'obsession d'éviter un reconfinement et une troisième vague, et préoccupés par l'adhésion de la population. Mais il n'y a pas de doute possible: face aux chiffres, il faut agir pour "tenter de freiner le virus".Au moins trois camps se retrouvent à table ce mercredi matin. Même si des réunions ont déjà eu lieu pour rapprocher les points de vue.Il y a les "intégristes", emmenés par Frank Vandenbroucke (Vooruit, nouveau nom du SP.A), ministre fédéral de la Santé, toujours déterminés à suivre l'avis des experts et poussés dans le dos par certains chiffres des hospitalisations (282, mardi, plus de 200 en moyenne sur la semaine passée). Pour eux, il faut reconfiner, pour une courte durée.Il y a les socialistes et les ministres compétents dans les Communautés, essentiellement, qui plaidaient en faveur d'un maintien des écoles ouvertes et insistent pour une vaccination prioritaire des enseignants. C'était l'esprit de la décision des ministres de l'Enseignement, ce week-end, répété lundi par Ahmed Laaouej, patron des socialistes bruxellois. Leur position s'est relâchée, vu l'évolution de la situation."Le tout est de savoir à partir de quand" on referme les écoles et pour quels niveaux, a laissé entendre Rudi Vervoort. Oui, précise-t-il, il y a eu un frein vendredi de la part de certains en voyant que seules les écoles étaient visées.Il y a enfin les libéraux, qui continuent à demander que l'on vise juste dans les mesures, sur base scientifique, avec la volonté d'éviter des mesures trop dures pour les commerces et les métiers de contact. "Il faut établir des mesures NÉCESSAIRES et EFFICACES, clamait Georges-Luis Bouchez, président du MR. Pas un bricolage. Il faut une pédagogie qui ramène de l'adhésion. Là est la clé. Nous avons donc plus besoin de véritables études scientifiques que d'interviews anxiogènes. On parle de la vie de millions de personnes." Pour les commerces non-essentiel, on évoque le retour à un fonctionnement sur rendez-vous.La question du respect des mesures et du contrôle des mesures sera aussi sur la table. De même que celui d'un couvre-feu renforcé ou anticipé, comme c'est toujurs le cas en Région bruxelloise.Pour le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), ce sera un nouvel excercice d'équilibriste. Une nouvelle fois, il doit demander des efforts à une population éreintée en promettant que ce seront les derniers, un air de déjà entendu...Dans l'opposition, les critiques commencent à fuser, notamment sur le manque de conséquence du gouvernement dans la gestion des autres outils pour lutter contre l'épidémie. "Osez un diagnostic lucide sur la lenteur de vaccination en et sur l'absence d'un programme massif d'auto testing (et isolement si +) de la population, lance Catherine Fonck, cheffe de file CDH. Urgence d'un plan de bataille qui utilise nos armes à 100% de leurs capacités!"