Face à la flambée de contaminations, et au cri d'alerte des hôpitaux débordés, le Comité de concertation a pris une série de mesures censées ralentir la circulation du virus: il a ainsi décidé de restreindre fortement les activités à l'intérieur, de fermer les écoles maternelles et primaires dès le 20 décembre, de rendre le port du masque obligatoire à partir de six ans, de limiter les évenements assis à l'intérieur à 200 personnes et d'appliquer des mesures strictes aux marchés de Noël. Les mesures pour l'horeca restent d'application: tables limitées à six personnes, et fermeture à 23 heures.

Frank Vandenbroucke "déçu"

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) juge ces mesures insuffisantes. C'est "un résultat un peu décevant". "On aurait pu prendre des mesures plus drastiques. Nous pouvons éteindre l'incendie là où il sévit. Nous pouvons également veiller à réduire la souffrance (...) Ce compromis, je le soutiens et nous allons tout mettre en oeuvre pour qu'il soit appliqué", a-t-il ajouté.

La pression, particulièrement dans les soins intensifs, a dépassé le "seuil de pénibilité", selon M. Vandenbroucke pour qui, même si les contaminations ont atteint leur pic, on ne peut plus "prolonger la souffrance dans les hôpitaux".

Le ministre de la Santé a insisté sur l'importance de la vaccination de tous, y compris des plus jeunes. "Là où le moteur tourne, il faut l'arrêter. Et c'est chez les jeunes enfants. Ce n'est pas de leur faute, ce n'est pas la faute de l'école ou des mouvements de jeunesse, c'est parce qu'ils ne sont pas vaccinés", a-t-il dit.

Catherine Fonck: "Aucune mesure de soutien concrète au soignants"

Sur Twitter, la députée cdH Catherine Fonck a dénoncé l'absence de mesures de soutien au personnel soignant et aux hôpitaux.

François De Smet: "Enfin des mesures de ventilation dans les écoles"

S'il a salué l'imposition de normes de ventilation dans les écoles, le président de Defi François De Smet regretté un Codeco "peu lisible et trop tardif".

La CGSP-Enseignement estime les mesures inefficaces

La CGSP-Enseignement s'est dit vendredi soir "très déçue" par les mesures décidées par le comité de concertation concernant l'école, estimant que celles-ci n'allaient finalement que peu influer la situation sanitaire.

"On décide d'imposer le port du masque dès 6 ans. Mais en Flandre, où le masque a déjà été imposé depuis plusieurs semaines (en 5e et 6e primaire, ndlr), le taux de contamination y est plus fort que dans les écoles francophones. Je ne suis donc pas convaincu que ce sera une mesure efficace. Ce sera en plus très compliqué avec les tout petits", prédit le syndicaliste.

Ce dernier ne se réjouit pas plus de la décision d'imposer l'hybridation des cours dans le secondaire. Massivement pratiqué depuis le début de la pandémie, celui-ci a provoqué beaucoup de dégâts psycho-sociaux pour de nombreux élèves, rappelle M. Thonon.

Le bénéfice sanitaire de cette mesure sera en outre limité par le fait que certaines écoles, qui sont autorisées à organiser leurs traditionnels examens de Noël dès le 13 décembre prochain, ne la pratiqueront finalement que très peu de temps.

Enfin, l'anticipation des vacances de Noël d'une semaine n'apportera ses bénéfices sanitaires que d'ici deux semaines seulement, alors que la pandémie est à plein régime, relève M. Thonon.

"Ça vient donc un peu tard. Cette mesure sera-t-elle donc vraiment efficace? Je ne pense pas", ajoute le président de la CGSP-Enseignement.

"Au final, toutes ces décisions vont mettre les équipes pédagogiques encore plus en difficultés, alors qu'elles le sont déjà fortement vu les absences de profs, etc. Je crois donc que toutes ces mesures ne vont pas arranger les choses..."

Marc Van Ranst: "Vous ne pouvez pas ménager le chèvre et le chou"

Interrogé par VTM, le virologue Marc Van Ranst a estimé que les interventions dans les écoles auraient dû avoir lieu beaucoup plus tôt. "Vous ne pouvez pas ménager la chèvre et le chou", a-t-il déclaré. "Parfois, il faut être audacieux. Des masques dans les écoles dès l'âge de six ans et des compteurs de CO2 obligatoires dans les salles de classe : cela aurait pu être fait il y a un an. Alors le problème ne se serait pas posé dans les écoles."

Van Ranst s'est dit "un peu surpris" que le secteur de la restauration puisse rester ouvert jusqu'à 23 heures, qui est aussi une activité où les gens se rassemblent. "C'est un risque. Cela pourrait bien se passer, et espérons-le. Mais on ne combat pas une épidémie avec de l'espoir." Comme une classe doit être mise en quarantaine après deux infections, Van Ranst s'attend à ce que de plus en plus de classes soient mises en quarantaine chaque jour. Cela entraînera également une incertitude persistante", dit-il.

Selon lui, il reste également à voir si "la période de refroidissement" dans l'enseignement n'arrivera pas trop tard. En revanche, Van Ranst se dit satisfait de la recommandation de limiter les contacts et d'utiliser des autotests. Il a souligné que le prix de ces tests a considérablement baissé et que les tests figurant sur la liste de la AFMPS, l'agence des médicaments, sont fiables. Les tests éliminent les superpropagateurs, a déclaré Van Ranst.

La Ligue des Familles appelle les gouvernements à soutenir les familles et les jeunes

Face à la fermeture des écoles primaires et maternelles, la Ligue des Familles appelle les différents gouvernements du pays à apporter le soutien nécessaire aux parents et aux jeunes. La Ligue des familles demande que les parents des enfants de maternelles et de primaire aient droit au chômage temporaire pour fermeture d'école la semaine du 20 décembre, que le montant de l'allocation soit revu à la hausse pour que les familles précarisées puissent en bénéficier également, et que les écoles organisent des garderies pour tous les parents qui en éprouvent le besoin.

La Ligue des familles appelle également les pouvoirs publics à mettre en place un dispositif de congé pour les fonctionnaires qui doivent s'occuper de leurs enfants (qui ne peuvent pas bénéficier du chômage temporaire). Il est aussi demandé aux employeurs d'octroyer, autant que possible, un congé supplémentaire à leurs travailleurs pendant cette période de fermeture des écoles.

Pour les élèves de secondaire, où l'enseignement se fera à distance la moitié du temps, la Ligue des familles appelle à mettre en place un dispositif d'enseignement à distance "via documents papiers et rendez-vous individuels réguliers, afin de ne pas pénaliser les adolescents qui n'ont pas accès au matériel informatique ni ceux qui sont déjà en difficultés scolaires".

"Organiser trois Codeco de suite, ça n'a pas beaucoup de sens"

"Organiser trois Comités de concertation de suite, ça n'a pas beaucoup de sens. Ça ne donne pas assez de temps pour voir les effets des mesures prises la semaine passée", a déclaré vendredi à l'agence Belga Catherine Linard, géographe de la santé à l'UNamur. "La vraie question c'est : est-ce que l'on aurait dû prendre plus de mesures dès la semaine passée ?"

Si le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, s'est dit déterminé à soulager le milieu hospitalier, la géographe de la santé rappelle que la situation n'est pas nouvelle. "On savait déjà il y a une semaine que le milieu hospitalier est sous tension. Je suis sceptique par rapport aux nouvelles mesures car elles ne vont de toute façon pas avoir un effet immédiat. Si on prend l'exemple des écoles, on reste encore dans une perspective de long-terme", développe-t-elle. "Cela permettra peut-être de limiter les contaminations lors des fêtes de fin d'année."

Catherine Linard insiste également sur un aspect important de la gestion de cette crise sanitaire : l'adhésion de la population aux mesures du gouvernement. Un point qui nécessiterait, selon elle, plus d'attention. "Travailler sur une meilleure communication et plus de pédagogie permettrait de garantir une meilleure application des règles déjà en place. À mon sens, si elles étaient déjà bien respectées, elles auraient pu suffire", précise la géographe de la santé. Par ailleurs, elle regrette "cette succession de Comités de concertation qui n'arrange rien et suscite plus d'incompréhension et de lassitude dans la population".

L'horeca soulagé

Le secteur horeca s'est dit soulagé de pouvoir laisser les bars et les restaurants ouverts jusqu'à 23 heures, comme il avait été décidé lors du précédent Comité de concertation. "Le gouvernement tient ses promesses et a tenu bon face aux virologues qui jouent au yoyo avec les entreprises", a déclaré Fabian Hermans, président de la Fédération Horeca Bruxelles.

Avec Belga

Face à la flambée de contaminations, et au cri d'alerte des hôpitaux débordés, le Comité de concertation a pris une série de mesures censées ralentir la circulation du virus: il a ainsi décidé de restreindre fortement les activités à l'intérieur, de fermer les écoles maternelles et primaires dès le 20 décembre, de rendre le port du masque obligatoire à partir de six ans, de limiter les évenements assis à l'intérieur à 200 personnes et d'appliquer des mesures strictes aux marchés de Noël. Les mesures pour l'horeca restent d'application: tables limitées à six personnes, et fermeture à 23 heures. Frank Vandenbroucke "déçu" Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) juge ces mesures insuffisantes. C'est "un résultat un peu décevant". "On aurait pu prendre des mesures plus drastiques. Nous pouvons éteindre l'incendie là où il sévit. Nous pouvons également veiller à réduire la souffrance (...) Ce compromis, je le soutiens et nous allons tout mettre en oeuvre pour qu'il soit appliqué", a-t-il ajouté. La pression, particulièrement dans les soins intensifs, a dépassé le "seuil de pénibilité", selon M. Vandenbroucke pour qui, même si les contaminations ont atteint leur pic, on ne peut plus "prolonger la souffrance dans les hôpitaux". Le ministre de la Santé a insisté sur l'importance de la vaccination de tous, y compris des plus jeunes. "Là où le moteur tourne, il faut l'arrêter. Et c'est chez les jeunes enfants. Ce n'est pas de leur faute, ce n'est pas la faute de l'école ou des mouvements de jeunesse, c'est parce qu'ils ne sont pas vaccinés", a-t-il dit.Catherine Fonck: "Aucune mesure de soutien concrète au soignants"Sur Twitter, la députée cdH Catherine Fonck a dénoncé l'absence de mesures de soutien au personnel soignant et aux hôpitaux.François De Smet: "Enfin des mesures de ventilation dans les écoles"S'il a salué l'imposition de normes de ventilation dans les écoles, le président de Defi François De Smet regretté un Codeco "peu lisible et trop tardif". La CGSP-Enseignement s'est dit vendredi soir "très déçue" par les mesures décidées par le comité de concertation concernant l'école, estimant que celles-ci n'allaient finalement que peu influer la situation sanitaire."On décide d'imposer le port du masque dès 6 ans. Mais en Flandre, où le masque a déjà été imposé depuis plusieurs semaines (en 5e et 6e primaire, ndlr), le taux de contamination y est plus fort que dans les écoles francophones. Je ne suis donc pas convaincu que ce sera une mesure efficace. Ce sera en plus très compliqué avec les tout petits", prédit le syndicaliste. Ce dernier ne se réjouit pas plus de la décision d'imposer l'hybridation des cours dans le secondaire. Massivement pratiqué depuis le début de la pandémie, celui-ci a provoqué beaucoup de dégâts psycho-sociaux pour de nombreux élèves, rappelle M. Thonon. Le bénéfice sanitaire de cette mesure sera en outre limité par le fait que certaines écoles, qui sont autorisées à organiser leurs traditionnels examens de Noël dès le 13 décembre prochain, ne la pratiqueront finalement que très peu de temps. Enfin, l'anticipation des vacances de Noël d'une semaine n'apportera ses bénéfices sanitaires que d'ici deux semaines seulement, alors que la pandémie est à plein régime, relève M. Thonon. "Ça vient donc un peu tard. Cette mesure sera-t-elle donc vraiment efficace? Je ne pense pas", ajoute le président de la CGSP-Enseignement. "Au final, toutes ces décisions vont mettre les équipes pédagogiques encore plus en difficultés, alors qu'elles le sont déjà fortement vu les absences de profs, etc. Je crois donc que toutes ces mesures ne vont pas arranger les choses..."Marc Van Ranst: "Vous ne pouvez pas ménager le chèvre et le chou" Interrogé par VTM, le virologue Marc Van Ranst a estimé que les interventions dans les écoles auraient dû avoir lieu beaucoup plus tôt. "Vous ne pouvez pas ménager la chèvre et le chou", a-t-il déclaré. "Parfois, il faut être audacieux. Des masques dans les écoles dès l'âge de six ans et des compteurs de CO2 obligatoires dans les salles de classe : cela aurait pu être fait il y a un an. Alors le problème ne se serait pas posé dans les écoles."Van Ranst s'est dit "un peu surpris" que le secteur de la restauration puisse rester ouvert jusqu'à 23 heures, qui est aussi une activité où les gens se rassemblent. "C'est un risque. Cela pourrait bien se passer, et espérons-le. Mais on ne combat pas une épidémie avec de l'espoir." Comme une classe doit être mise en quarantaine après deux infections, Van Ranst s'attend à ce que de plus en plus de classes soient mises en quarantaine chaque jour. Cela entraînera également une incertitude persistante", dit-il. Selon lui, il reste également à voir si "la période de refroidissement" dans l'enseignement n'arrivera pas trop tard. En revanche, Van Ranst se dit satisfait de la recommandation de limiter les contacts et d'utiliser des autotests. Il a souligné que le prix de ces tests a considérablement baissé et que les tests figurant sur la liste de la AFMPS, l'agence des médicaments, sont fiables. Les tests éliminent les superpropagateurs, a déclaré Van Ranst. La Ligue des Familles appelle les gouvernements à soutenir les familles et les jeunesFace à la fermeture des écoles primaires et maternelles, la Ligue des Familles appelle les différents gouvernements du pays à apporter le soutien nécessaire aux parents et aux jeunes. La Ligue des familles demande que les parents des enfants de maternelles et de primaire aient droit au chômage temporaire pour fermeture d'école la semaine du 20 décembre, que le montant de l'allocation soit revu à la hausse pour que les familles précarisées puissent en bénéficier également, et que les écoles organisent des garderies pour tous les parents qui en éprouvent le besoin.La Ligue des familles appelle également les pouvoirs publics à mettre en place un dispositif de congé pour les fonctionnaires qui doivent s'occuper de leurs enfants (qui ne peuvent pas bénéficier du chômage temporaire). Il est aussi demandé aux employeurs d'octroyer, autant que possible, un congé supplémentaire à leurs travailleurs pendant cette période de fermeture des écoles. Pour les élèves de secondaire, où l'enseignement se fera à distance la moitié du temps, la Ligue des familles appelle à mettre en place un dispositif d'enseignement à distance "via documents papiers et rendez-vous individuels réguliers, afin de ne pas pénaliser les adolescents qui n'ont pas accès au matériel informatique ni ceux qui sont déjà en difficultés scolaires"."Organiser trois Codeco de suite, ça n'a pas beaucoup de sens""Organiser trois Comités de concertation de suite, ça n'a pas beaucoup de sens. Ça ne donne pas assez de temps pour voir les effets des mesures prises la semaine passée", a déclaré vendredi à l'agence Belga Catherine Linard, géographe de la santé à l'UNamur. "La vraie question c'est : est-ce que l'on aurait dû prendre plus de mesures dès la semaine passée ?"Si le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, s'est dit déterminé à soulager le milieu hospitalier, la géographe de la santé rappelle que la situation n'est pas nouvelle. "On savait déjà il y a une semaine que le milieu hospitalier est sous tension. Je suis sceptique par rapport aux nouvelles mesures car elles ne vont de toute façon pas avoir un effet immédiat. Si on prend l'exemple des écoles, on reste encore dans une perspective de long-terme", développe-t-elle. "Cela permettra peut-être de limiter les contaminations lors des fêtes de fin d'année." Catherine Linard insiste également sur un aspect important de la gestion de cette crise sanitaire : l'adhésion de la population aux mesures du gouvernement. Un point qui nécessiterait, selon elle, plus d'attention. "Travailler sur une meilleure communication et plus de pédagogie permettrait de garantir une meilleure application des règles déjà en place. À mon sens, si elles étaient déjà bien respectées, elles auraient pu suffire", précise la géographe de la santé. Par ailleurs, elle regrette "cette succession de Comités de concertation qui n'arrange rien et suscite plus d'incompréhension et de lassitude dans la population". L'horeca soulagéLe secteur horeca s'est dit soulagé de pouvoir laisser les bars et les restaurants ouverts jusqu'à 23 heures, comme il avait été décidé lors du précédent Comité de concertation. "Le gouvernement tient ses promesses et a tenu bon face aux virologues qui jouent au yoyo avec les entreprises", a déclaré Fabian Hermans, président de la Fédération Horeca Bruxelles.Avec Belga