La mobilité est - légitimement - un des dossiers concrets qui préoccupent le plus les Belges. Le Bureau du plan a chiffré le coût économique des embouteillages au début 2020 : plus de deux milliards par an. La Fédération des entreprises de Belgique, elle, force le trait en parlant de quatre milliards. Une somme astronomique, en tout état de cause. Et l'on ne parle pas du poids de ce fléau sur la santé mentale des navetteurs. Bruxelles, pour sa part, figure dans les premières places des villes les plus engorgées d'Europe et ses autorités tentent tant bien que mal de récupérer la place largement concédée à la voiture au fil des décennies. C'est une urgence pour la santé publique et le climat.

Politiquement, le dossier de la mobilité est pourtant devenu le symbole par excellence de notre fédéralisme de confrontation, incapable de trouver des solutions. Les années passent et en dépit des promesses, rien ni personne ne semble pouvoir proposer une stratégie cohérente pour rendre nos routes plus fluides et développer de façon bien plus spectaculaire les alternatives de mobilité douce.

La façon catastrophique dont le gouvernement bruxellois vient de présenter (via une fuite à la presse), puis de saborder le projet d'une taxe de congestion pour les voitures entrant en ville est édifiante. Elle illustre tout d'abord l'impossible concertation avec les autres niveaux de pouvoir est un premier drame. La majorité PS-Ecolo-DéFI n'est pas seule en faute : les gouvernements flamand et wallon ne font rien pour aider la capitale à sortir de son problème de saturation automobile. La taxation intelligente - tout autre chose que cette idée de "taxe congestion" qui transformerait Bruxelles en place forte - serait une alternative intéressante, mais personne n'en veut.

La cacophonie interne à la majorité bruxelloise est une autre hérésie stupéfiante. La déclaration gouvernementale promet cette concertation avec les autres niveaux de pouvoir. Impossible, visiblement. L'information telle qu'elle a été véhiculée donne aujourd'hui l'impression que les ministres du Climat et de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen) et Alain Maron (Ecolo), auraient décidé de faire cavalier seul cavalier seul en sortant publiquement cette alternative de "taxe congestion". Ils nient. Il semble plutôt qu'ils se soient fait piégés. Des sources écologistes insistent: les groupes de travail réunissent tous les partenaires de la majorité.

Quoi qu'il en soit, la communication prématurée, mal gérée, et la réaction outrée du partenaire socialiste font plus que désordre : il est quand même rare de voir un ballon d'essai torpillé de la sorte trois heures après par un partenaire de la majorité. Le chef de groupe socialiste au parlement, Ridouane Chahid, a balayé: ce sera sans nous ! Chez les verts, on dénonce en coulisses un "manque de loyauté de la part du parti qui détient la ministre-présidence.

Le PS illustre une nouvelle fois sur la place publique son malaise à l'égard du PTB: l'extrême gauche s'est empressée de souligner son rejet d'une mesure "antisociale". L'effet est d'autant plus désastreux pour le PS que les rivaux avaient multiplié les promesses durant la campagne sur la gratuité des transports publics.

Le sparadrap risque toutefois de coller davantage encore aux doigts des écologistes. L'incident fait inévitablement penser aux écotaxes du début des années 2000. L'époque n'est pas la même, c'est vrai, l'urgence climatique est devenue un enjeu largement plus consensuel, mais cette manie de toucher au portefeuille - y compris les plus démunis - va inévitablement revenir au visage d'Ecolo et Groen comme un boomerang. Les libéraux ne s'y trompent pas en parlant déjà d'une "écologie punitive".

Ni la mobilité, ni la politique, ni l'écologie ne sortent gagnantes de ce projet qui fait psschhhit.

La mobilité est - légitimement - un des dossiers concrets qui préoccupent le plus les Belges. Le Bureau du plan a chiffré le coût économique des embouteillages au début 2020 : plus de deux milliards par an. La Fédération des entreprises de Belgique, elle, force le trait en parlant de quatre milliards. Une somme astronomique, en tout état de cause. Et l'on ne parle pas du poids de ce fléau sur la santé mentale des navetteurs. Bruxelles, pour sa part, figure dans les premières places des villes les plus engorgées d'Europe et ses autorités tentent tant bien que mal de récupérer la place largement concédée à la voiture au fil des décennies. C'est une urgence pour la santé publique et le climat.Politiquement, le dossier de la mobilité est pourtant devenu le symbole par excellence de notre fédéralisme de confrontation, incapable de trouver des solutions. Les années passent et en dépit des promesses, rien ni personne ne semble pouvoir proposer une stratégie cohérente pour rendre nos routes plus fluides et développer de façon bien plus spectaculaire les alternatives de mobilité douce.La façon catastrophique dont le gouvernement bruxellois vient de présenter (via une fuite à la presse), puis de saborder le projet d'une taxe de congestion pour les voitures entrant en ville est édifiante. Elle illustre tout d'abord l'impossible concertation avec les autres niveaux de pouvoir est un premier drame. La majorité PS-Ecolo-DéFI n'est pas seule en faute : les gouvernements flamand et wallon ne font rien pour aider la capitale à sortir de son problème de saturation automobile. La taxation intelligente - tout autre chose que cette idée de "taxe congestion" qui transformerait Bruxelles en place forte - serait une alternative intéressante, mais personne n'en veut.La cacophonie interne à la majorité bruxelloise est une autre hérésie stupéfiante. La déclaration gouvernementale promet cette concertation avec les autres niveaux de pouvoir. Impossible, visiblement. L'information telle qu'elle a été véhiculée donne aujourd'hui l'impression que les ministres du Climat et de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen) et Alain Maron (Ecolo), auraient décidé de faire cavalier seul cavalier seul en sortant publiquement cette alternative de "taxe congestion". Ils nient. Il semble plutôt qu'ils se soient fait piégés. Des sources écologistes insistent: les groupes de travail réunissent tous les partenaires de la majorité. Quoi qu'il en soit, la communication prématurée, mal gérée, et la réaction outrée du partenaire socialiste font plus que désordre : il est quand même rare de voir un ballon d'essai torpillé de la sorte trois heures après par un partenaire de la majorité. Le chef de groupe socialiste au parlement, Ridouane Chahid, a balayé: ce sera sans nous ! Chez les verts, on dénonce en coulisses un "manque de loyauté de la part du parti qui détient la ministre-présidence.Le PS illustre une nouvelle fois sur la place publique son malaise à l'égard du PTB: l'extrême gauche s'est empressée de souligner son rejet d'une mesure "antisociale". L'effet est d'autant plus désastreux pour le PS que les rivaux avaient multiplié les promesses durant la campagne sur la gratuité des transports publics.Le sparadrap risque toutefois de coller davantage encore aux doigts des écologistes. L'incident fait inévitablement penser aux écotaxes du début des années 2000. L'époque n'est pas la même, c'est vrai, l'urgence climatique est devenue un enjeu largement plus consensuel, mais cette manie de toucher au portefeuille - y compris les plus démunis - va inévitablement revenir au visage d'Ecolo et Groen comme un boomerang. Les libéraux ne s'y trompent pas en parlant déjà d'une "écologie punitive".Ni la mobilité, ni la politique, ni l'écologie ne sortent gagnantes de ce projet qui fait psschhhit.