Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique, crée la polémique après des propos tenus dans la revue Louvains de l'UCLouvain. Il est notamment interrogé, en compagnie du climatologue Jean-Pascal van Ypersele, sur le plan Sophia, un ambitieux plan de transition économique et écologique concocté par plus de cent scientifiques et deux cents entreprises, présenté à la mi-mai. Ce plan, du nom de la déesse grecque de la sagesse, propose 200 mesures pour "enclencher immédiatement la transition vers une économie durable, pour éviter de nouvelles crises systémiques", en construisant "une Belgique solidaire, prospère, résiliente et durable".

Après avoir évoqué la situation budgétaire préoccupante dans laquelle se trouve notre pays -l'impact de la crise du coronavirus de 9% sur le PIB cette année -, Pierre Wunsch souligne: "Je trouve que le rapport Sophia ne prend pas assez en compte la difficulté institutionnelle dans laquelle on se trouve en Belgique. Il met l'accent sur la démocratie participative, le climat, etc., alors qu'aujourd'hui, on a un problème de tension institutionnelle et une structure économique dans le Sud du pays qui dépend des transferts de la Flandre."

Le gouverneur de la Banque nationale poursuit: "On est probablement à 70 % de dépenses publiques en Wallonie pour 2021- 2022. Ça veut dire qu'on sera plus proche d'un régime communiste que d'un régime néo-libéral que d'aucuns décrient. Ce n'est pas une situation unique, cela existe ailleurs comme en France. Si on ne prend pas conscience que la structure économique n'est pas autoportante, on passe à côté d'un débat sur la restructuration de l'économie. C'est un enjeu financier non négligeable. On prévoit un déficit public de 6 % pour les deux prochaines années, ce n'est pas tenable. On va devoir faire des choix car il y aura moins d'argent."

Les libéraux francophones rappellent régulièrement que la Wallonie doit réduire le poids de ses dépenses publiques et augmenter l'importance du secteur privé dans l'économie si elle veut poursuivre son redressement.

Le propos a toutefois eu l'art d'irriter Ahmed Laaouej, chef de groupe PS à la Chambre qui a réagi sur Twitter: "Quand un Gouverneur de la Banque nationale énonce des comparaisons historiques aussi hasardeuses que tendancieuses, lesquelles font écho à une communication politique caricaturale déjà entendue, on peut acter son biais idéologique marqué. Et c'est un problème."

Ses propos ont également suscité le débat lors du parlement wallon, ce mercredi, alors que l'on votait la mise en place d'une commission sépciale chargée d'évaluer la gestion du coronavirus. Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS), s'est irrité lui aussi: "Si de tels propos ont réellement été prononcés, ils sont erronés quant au fond et inquiétants en ce qu'ils émanent d'une personnalité exerçant cette fonction. Le Gouverneur de la Banque nationale est au service de son pays, y compris des trois Régions qui le composent. Il n'est pas là pour porter des jugements de valeur, ni colporter des propos infondés. On attend d'un Gouverneur qu'il agisse avec sérieux, circonspection et retenue, non qu'il tienne un langage outrancier et malveillant à l'égard des institutions publiques."

Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique, crée la polémique après des propos tenus dans la revue Louvains de l'UCLouvain. Il est notamment interrogé, en compagnie du climatologue Jean-Pascal van Ypersele, sur le plan Sophia, un ambitieux plan de transition économique et écologique concocté par plus de cent scientifiques et deux cents entreprises, présenté à la mi-mai. Ce plan, du nom de la déesse grecque de la sagesse, propose 200 mesures pour "enclencher immédiatement la transition vers une économie durable, pour éviter de nouvelles crises systémiques", en construisant "une Belgique solidaire, prospère, résiliente et durable".Après avoir évoqué la situation budgétaire préoccupante dans laquelle se trouve notre pays -l'impact de la crise du coronavirus de 9% sur le PIB cette année -, Pierre Wunsch souligne: "Je trouve que le rapport Sophia ne prend pas assez en compte la difficulté institutionnelle dans laquelle on se trouve en Belgique. Il met l'accent sur la démocratie participative, le climat, etc., alors qu'aujourd'hui, on a un problème de tension institutionnelle et une structure économique dans le Sud du pays qui dépend des transferts de la Flandre."Le gouverneur de la Banque nationale poursuit: "On est probablement à 70 % de dépenses publiques en Wallonie pour 2021- 2022. Ça veut dire qu'on sera plus proche d'un régime communiste que d'un régime néo-libéral que d'aucuns décrient. Ce n'est pas une situation unique, cela existe ailleurs comme en France. Si on ne prend pas conscience que la structure économique n'est pas autoportante, on passe à côté d'un débat sur la restructuration de l'économie. C'est un enjeu financier non négligeable. On prévoit un déficit public de 6 % pour les deux prochaines années, ce n'est pas tenable. On va devoir faire des choix car il y aura moins d'argent."Les libéraux francophones rappellent régulièrement que la Wallonie doit réduire le poids de ses dépenses publiques et augmenter l'importance du secteur privé dans l'économie si elle veut poursuivre son redressement.Le propos a toutefois eu l'art d'irriter Ahmed Laaouej, chef de groupe PS à la Chambre qui a réagi sur Twitter: "Quand un Gouverneur de la Banque nationale énonce des comparaisons historiques aussi hasardeuses que tendancieuses, lesquelles font écho à une communication politique caricaturale déjà entendue, on peut acter son biais idéologique marqué. Et c'est un problème." Ses propos ont également suscité le débat lors du parlement wallon, ce mercredi, alors que l'on votait la mise en place d'une commission sépciale chargée d'évaluer la gestion du coronavirus. Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS), s'est irrité lui aussi: "Si de tels propos ont réellement été prononcés, ils sont erronés quant au fond et inquiétants en ce qu'ils émanent d'une personnalité exerçant cette fonction. Le Gouverneur de la Banque nationale est au service de son pays, y compris des trois Régions qui le composent. Il n'est pas là pour porter des jugements de valeur, ni colporter des propos infondés. On attend d'un Gouverneur qu'il agisse avec sérieux, circonspection et retenue, non qu'il tienne un langage outrancier et malveillant à l'égard des institutions publiques."