Un déjeuner entre Paul Magnette, président du PS, et Egbert Lachaert, son homologue de l'Open VLD, avait ouvert un champ de discussion pour relancer la dynamique de la Vivaldi, après une rentrée chahutée , marquée par des interviews agressives. Un autre déjeuner, entre le même Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez, président du MR, devait prolonger cette quête d'apaisement. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que la sortie du PS réclamant une aide fédérale pour la reconstruction wallonne, après les inondations de cet été, est venu mettre un grain de sable dans ce processus.
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Un déjeuner entre Paul Magnette, président du PS, et Egbert Lachaert, son homologue de l'Open VLD, avait ouvert un champ de discussion pour relancer la dynamique de la Vivaldi, après une rentrée chahutée , marquée par des interviews agressives. Un autre déjeuner, entre le même Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez, président du MR, devait prolonger cette quête d'apaisement. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que la sortie du PS réclamant une aide fédérale pour la reconstruction wallonne, après les inondations de cet été, est venu mettre un grain de sable dans ce processus.Dans le Standaard, ce mardi matin, plusieurs sources gouvernementales soulignent à quel point la demande, exprimée par le secrétaire d'Etat à la Relance, Thomas Dermine (PS), contrarie cette volonté de tourner la page. Elle serait "tombée complètement du ciel". Des discussions avaient bien eu lieu entre le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), et le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS), au sujet d'un abaissement de la TVA ou de la garantie de certains prêts, mais jamais il n'avait été question d'un tel fonds de solidarité.Les libéraux flamands invoquent des difficultés techniques pour agir de la sorte. Les socialistes francophones justifient leur sortie médiatique, en coulisses, par l'inaction du Premier ministre sur le sujet, alors qu'ils tirent la sonnette d'alarme depuis deux mois. Le reproche rejoint les sorties de rentrée du président du PS qui avait déjà pressé le locataire du Seize d'agir sur les réformes à venir.Or, là aussi, cela coince. Le projet de réforme des pensions est aussi passé par là: présenté devant la presse par la ministre en charge, Karine Lalieux (PS), il a été fortement critiqué par les libéraux et... le Premier ministre a décidé de mettre le sujet au frigo jusqu'à l'automne. par contre, en retour, Alexander De Croo a exprimé sa volonté d'avancer sur un sujet qui lui est cher, le marché du travail. Aux échecs, on parle de pat: une paralysie.Le climat s'est encore dégradé avec la sortie de la secrétaire d'Etat au Budget, Eva De Bleeker (Open VLD), proposant de faire trois milliards d'économie lors de la confection du budget, maintenant que la relance est là. Plusieurs PS, dont Paul Magnette, ont affirmé être "tombés de leur chaise".Lundi soir, Egbert Lachaert, président de l'Open VLD, a dit ouvertement son irritation sur Twitter au sujet de la demande de Thomas Dermine. Pas question d'un faire un thème communautaire, acquiesce-t-il. Mais face à la solidarité, il y a la responsabilité. "Un trop grand secteur public, un manque d'initatives privées, trop de dépenses publiques (trop de socialisme et pas assez de libéralisme, donc)." Voilà qui est envoyé. Cela n'est pas loin de l'argumentation de la NVA.Voilà,en tout état de cause l'équilibre même de la Vivaldi qui est remis en question. Tandis qu'au même moment, le président socialiste flamand Conner Rousseau demande que l'on avance sur le thème du climat - un souhait, forcément, des écologistes aussi. Mais sur un lit de tensions avec le gouvernement flamand et la N-VA au sujet du futur mix énergétique, alors que les prix explosent. Et l'on ne parle même pas des tensions au sujet de la sortie de crise sanitaire ou de l'extension du Covid safe ticket.Qui a dit que réformer était simple en Belgique? Pour y arriver, Alexander De Croo va devoir recréer un esprit d'équipe. D'urgence.