Le fédéral va-t-il venir en aide à la Wallonie pour contribuer à la reconstruction des infrastructures, après les terribles inondations de cet été? Le PS demande au gouvernement De Croo, dont il fait partie, d'intervenir à raison de la moitié du coût estimé, soit à hauteur de 600 millions d'euros. Le coût total des ravages causés par les inondations est estimé, pour la Wallonie, à trois milliards au total. La demande, sensible, s'inscrit dans une volonté de faire jouer la "loyauté fédérale". Elle constitue aussi u...

Le fédéral va-t-il venir en aide à la Wallonie pour contribuer à la reconstruction des infrastructures, après les terribles inondations de cet été? Le PS demande au gouvernement De Croo, dont il fait partie, d'intervenir à raison de la moitié du coût estimé, soit à hauteur de 600 millions d'euros. Le coût total des ravages causés par les inondations est estimé, pour la Wallonie, à trois milliards au total. La demande, sensible, s'inscrit dans une volonté de faire jouer la "loyauté fédérale". Elle constitue aussi un test pour la Vivaldi, dont il s'agit d'un des axes clés.D'ores et déjà, la demande suscite bien des réactions et un bras de fer PS / N-VA à coups d'arguments.Thomas Dermine (PS), secrétaire fédéral en charge de la Relance, s'insurge de la façon dont le sujet a été relayé en Flandre, notamment par l'économiste Stijn Baert (UGent), qui souligne combien la Wallonie ne cesse de "compter sur l'argent de la Flandre".'Il faut arrêter avec ce discours communautaire au sujet des victimes des inondations, écrit Thomas Dermine, en néerlandais dans le texte. C'est indécent. Personne n'a choisi d'être victime de cette catastrophe. Ni en Flandre, ni en Wallonie."Il poursuit: "Le modèle belge n'est pas le plus généreux. Loin de là. Si le gouvernement fédéral devait faire autant que le gouvernement fédéral allemand, les régions touchées auraient pu toucher trois fois plus." Et de conclure: "En comparaison avec les autres pays de l'Union européenne, les transferts entre les Régions de Belgique sont assez limités. Cela ne signifie pas que je nie le fait que la Wallonie doit continuer à aller de l'avant."Bart De Wever, président de la N-VA, relaie, pour sa part, le mot d'ordre de son parti soulignant que la Wallonie s'enforce dans "une situation à la grecque", un endettement et une morosité qui avaient mené, dans ce pays, à une intervention du Fonds monétaire international.Il ne se dit pas opposé à une aide, mais précise: "La Flandre sera toujours solidaire avec les gens dans le besoin, mais il doit aussi y avoir finalement des conditions et des réformes qui y sont liées."La N-VA se trouve dans l'opposition au fédéral, mais dirige le gouvernement flamand. Elle fait du confédéralisme son objectif majeur en vue des prochaines élections de 2024. PS et N-VA avaient longuement discuté d'une éventuelle coalition durant l'été 2020, avant que la coalition Vivaldi ne voit finalement le jour.Ce débat, l'air de rien, est un avant-goût des joutes communautaires à venir.