"Aujourd'hui, j'ai pris la décision de démissionner de mon mandat de conseiller communal de Molenbeek à compter de ce jour. Personne ne m'a demandé de le faire. C'est un choix personnel mûri." Ce message date de ce mardi 1er septembre. Karim Majoros était conseiller communal Ecolo dans la commune, à titre de "hobby": il ne l'est plus. Dans la vie professionnelle, il est directeur de la Fédération laïque des centres de planning familial. La laïcité est sa conviction, forte. Et il a été déçu, après avoir subi d'apparentes pression de la coprésidence.
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"Aujourd'hui, j'ai pris la décision de démissionner de mon mandat de conseiller communal de Molenbeek à compter de ce jour. Personne ne m'a demandé de le faire. C'est un choix personnel mûri." Ce message date de ce mardi 1er septembre. Karim Majoros était conseiller communal Ecolo dans la commune, à titre de "hobby": il ne l'est plus. Dans la vie professionnelle, il est directeur de la Fédération laïque des centres de planning familial. La laïcité est sa conviction, forte. Et il a été déçu, après avoir subi d'apparentes pression de la coprésidence.Le vote d'une motion ouvrant la porte au port des signes convictionnels dans l'administration communale a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Elle révèlerait une "dérive" d'Ecolo sur les questions communautaires, fustigent ses détracteurs Comme un écho au tract diffusé à Saint-Josse durant la campagne électorale et finalement retiré, dans lequel il était explicitement mentionné qu'Ecolo était favorable au port du foulard islamique pour le personnel au guichet des administrations. En outre, selon la RTBF, douze membres de la locale (dont une conseillère CPAS) annoncent leur intention de démissionner et de quitter le parti, à la suite de ce qu'ils qualifient de grave entorse au processus de démocratie interne. < Lundi soir, le conseil communal de Molenbeek a donc voté une motion qui ouvre la voie au port de signes convictionnels dans l'administration communale. Une motion qui divise le conseil communal et les Molenbeekois. Une motion qui réclame "une approche ouverte et pratique de la neutralité dans le service rendu aux(x) citoyen.e.s molenbeekois.e.s par l'administration communale".Lors de son intervention, au cours de ce conseil communal, Karim Majoros a dénoncé le fait que les motions soumises au vote ne contribueraent pas à leur objectif, un meilleur vivre ensemble. Il précisait: "Des habitant.e.s ont une religion. D'autres non. Certains (j'en fais partie) sont convaincus qu'aucun dieu n'existe. A Molenbeek, il y a des musulmans, mais pas que (évitons de renforcer les clichés sur notre commune). Il y a aussi des catholiques, des protestantes, de pentecôtistes, des orthodoxes, des juifs, des bouddhistes ou des laïcs. Parmi les femmes musulmanes, pour ne prendre que cet exemple mis en Lumières, certaines portent un voile, d'autres pas. Certaines (y compris parmi celles qui le portent) sont contre une interdiction dans la fonction publique. D'autres pensent que la religion devrait rester au vestiaire. Ce débat est complexe. Il demande de la nuance (le programme de mon parti à ce sujet en est rempli, chaque virgule y compte)." Précision importante : Karim Majoris n'était pas qu'un 'simple' conseiller communal, il était aussi chef de groupe. Mais il a fait cette déclaration à titre personnel.L'Echoraconte le dessous des cartes ce jeudi, en affirmant sur base de témoignages de membres écologistes molenbeekois que la coprésidente du parti, Rajae Maouane, aurait fait pression sur lui. "À la veille de la séance, Rajae Maouane demande à Karim Majoros d'aller faire un tour ou de rentrer chez lui lorsque le point sur les signes convictionnels sera abordé, ce qu'il refuse de faire, écrit le quotidien. Lors du conseil communal, des échanges se poursuivent entre les élus écologistes. La coprésidente annonce que c'est elle qui prendra la parole au nom du parti afin d'éviter la cacophonie. Karim Majoros répond qu'il ne renonce pas à s'exprimer, ce qu'il a fait en son nom propre." Les coprésidents du parti ne réagissent pas, mais la porte-parole minimise: les interventions différentes selon les sensibilités et la prise de position de la coprésidente sur un texte à portée limitée colle avec la position du parti.Au sein de la majorité régionale bruxelloise (PS-Ecolo-DéFI), en tout cas, de sérieuses divergences s'expriment sur le sujet. François De Smet, président de DéFI, affirme que pour son parti, il "ne peut y avoir de compromissions" : c'est une "ligne rouge". "La laïcité protège les libertés de croyance/conscience, appuie Franz André, assistant parlementaire du parti amarante. Elle implique aussi de ne pas faire surgir de signes/symboles religieux ou autres dans des endroits "consacrés" comme, par exemple, une administration publique. Certains n'en ratent pas une chez Ecolo et au PS."Les positions d'Ecolo en matière d'immigration, d'asile ou de vivre ensemble sont singulières. Elles suscitent visiblement le débat jusqu'au sein du parti. Et certains de relayer les doutes qui s'expriment en interne : comment on a "pu laisser dériver le parti à ce point". Cela s'appelle un "bad buzz"