La paix sociale devrait être préservée. Pour l'instant, du moins. L'accord conclu entre le patronat et les syndicats, le 8 juin au sein du Groupe des Dix, passe la rampe auprès de la base syndicale.
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La paix sociale devrait être préservée. Pour l'instant, du moins. L'accord conclu entre le patronat et les syndicats, le 8 juin au sein du Groupe des Dix, passe la rampe auprès de la base syndicale.A la FGTB, le "score" est modeste: le oui (49,06 %) l'emporte sur le non (49,01 %) de justesse. Le risque était toutefois réel que l'accord soit rejeté: la satisfaction est certes de mise. Mais certains, dont l'ancien président Robert Vertenueil, soulignent aussi que ce vote a été acquis grâce à la majorité en Flandre, sur le dos des militants wallons.A la CSC, le résultat est plus favorable, avec 57 % de "oui". De son côté, la CGSLB a approuvé l'accord social à une plus large majorité de 88%.La Vivaldi fédérale avait poussé un soupir de soulagement à la conclusion de l'accord, au petit matin du 8 juin,après des semaines de tensions, politiques et sociales, et l'intervention en coulisse des principaux ministres "sociaux-économiques" du gouvernement De Croo.Le point le plus important concerne le salaire minimum, qui sera relevé progressivement. Ce qui est prévu? Une augmentation par phases jusqu'en 2028. Dès avril 2022, le salaire minimum sera de 1700 euros brut par mois (hausse de 76 euros brut par rapport à la situation actuelle), puis il augmentera dans le cadre des accords suivants de 50 centimes de l'heure, soit environ 50 euros par mois environ. Le gouvernement contribuera à cette hausse, avant d'inclure la réforme dans le cadre d'un réfotrme fiscale plus grande.L'accord prévoit également des dispositions en matières de fins de carrière, d'heures supplémentaires et de pensions complémentaires."Les militant.e.s se sont exprimé.e.s démocratiquement, donnant lieu à une position très mitigée, souligne le communiqué de la FTB. À l'image du projet d'accord qui a été présenté. L'augmentation du salaire minimum, qui était une priorité pour la FGTB, est une avancée incontestable, solidaire et pérenne. Depuis 2008, il n'avait plus augmenté...Il sera désormais revu à la hausse, progressivement, à concurrence de 150 euros bruts d'ici 2026. Mais cette avancée aura un prix non négligeable pour les finances publiques et la sécurité sociale.""Par ailleurs, l'accès au 4/5ème temps et au mi-temps dès l'âge de 55 ans sont des points positifs, ajoute-t-il. Les conventions collectives de RCC (ex-prépensions) sont prolongées. En revanche, nous n'avons pas réussi à obtenir l'accès aux RCC plus tôt dans les entreprises en restructuration. Et l'harmonisation des pensions complémentaires est postposée dans le temps. Mais surtout, les 120 heures supplémentaires sont très mal perçues. La marge salariale de 0, 4% qui sera imposée par le gouvernement, demeure aussi une pierre d'achoppement importante pour nos militant.e.s, même si elle ne fait pas partie de l'accord. A fortiori quand on voit que les prévisions économiques de la BNB affichent des taux de croissance de 5,5% pour 2021.""La Loi de 1996 (revue en 2017), qui fixe cette marge, demeure un obstacle à la liberté de négocier la juste part des travailleurs et travailleuses. La FGTB en fera un cheval de bataille dans les prochains mois. Nous voulons une révision fondamentale de cette loi à court terme."A la CSC, le Conseil général "dresse tout d'abord un bilan positif de la première augmentation du salaire minimum depuis 2008. A partir du 1er avril 2022, il y aura un seul salaire minimum interprofessionnel de 1.702 euros, au lieu des trois montants actuellement en vigueur (liés à l'âge et à l'ancienneté). Ce montant sera ensuite porté (en deux phases) à 1.772 euros auxquels il faut rajouter l'indexation.""Pour le salaire minimum le plus bas, la première étape consiste en une augmentation brute de 76,28 euros, dont il restera 90% net, soit 68,6 euros, poursuit le communiqué. Au cours des deux étapes suivantes, l'augmentation nette s'élèvera à 50 euros pour tous. Ces augmentations offrent de meilleurs perspectives financières aux travailleurs dont les salaires sont les plus bas et qui ont souvent des emplois pénibles avec peu d'avantages voire aucun. Elles exerceront également une pression à la hausse sur les salaires situés juste au-dessus du salaire minimum."Les possibilités élargies de prendre un crédit-temps à 4/5ème-temps où à mi-temps à partir de 55 ans ouvrent également plus de perspectives pour continuer à travailler de manière adaptée et soutenable, estime le syndicat chrétien. Il existe désormais un accord pour maintenir à 60 ans les régimes RCC non standard (40 ans de carrière, construction, métiers pénibles, entreprises en difficulté et en restructuration), avec une dérogation à 58 ans pour le RCC médical. Cet accord correspond aux trois premières phases de notre proposition appelée "Plan 55-60-65 ans". Il prévoit la possibilité de réduire ses prestations à 55 ans, de prendre une retraite anticipée à 60 ans et la pension légale à 65 ans. Cette accord concrétise la première phase de ce plan."Toutefois,le Conseil général regrette, là aussi,"l'extension de la règlementation en matière d'heures supplémentaire ce qui, pour de nombreux travailleurs, entrainerai une augmentation structurelle du temps de travail. De nombreux travailleurs ont pourtant continué à travailler dans des conditions très difficiles pendant l'épidémie de coronavirus. Ils ont fait preuve d'une grande souplesse, malgré les difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale. Or, comme seules récompense, ils se voient "offrir" une majoration des heures supplémentaires, sans sursalaire ni repos compensatoire. C'est très décevant."Le combat au sujet de la loi de 1996 est également au rendez-vous: "Nous continuerons également à nous opposer à la loi sur la norme salariale. Cette entrave à des négociations salariales libres à cause d'un logiciel truqué a plané comme une ombre sur ces négociations entre organisations syndicales et patronales. Cette menace demeurera à défaut d'adaptation de la loi sur les normes salariale. Les employeurs et les partis politiques qui refusent de voir cette réalité en face mettent la prospérité, le bien-être et la stabilité de notre pays sous une pression intenable."