A l'aube, ce mardi 8 juin, les partenaires sociaux ont conclu un accord interprofessionnel 2021-2022 et tous les partis de la Vivaldi ont poussé un soupir de soulagement. Car ce sujet important était susceptible d'ajouter de nouvelle tensions au sein d'une coalition qui n'en demandait pas tant.
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A l'aube, ce mardi 8 juin, les partenaires sociaux ont conclu un accord interprofessionnel 2021-2022 et tous les partis de la Vivaldi ont poussé un soupir de soulagement. Car ce sujet important était susceptible d'ajouter de nouvelle tensions au sein d'une coalition qui n'en demandait pas tant.Il était cinq heures du matin quand les syndicats et le patronat ont conclu leur accord. Le point le plus important concerne le salaire minimum, qui sera relevé progressivement. Ce qui est prévu? Une augmentation par phases jusqu'en 2028. Dès avril 2022, le salaire minimum sera de 1700 euros brut par mois (hausse de 76 euros brut par rapport à la situation actuelle), puis il augmentera dans le cadre des accords suivants de 50 centimes de l'heure, soit environ 50 euros par mois environ. Le gouvernement contribuera à cette hausse, avant d'inclure la réforme dans le cadre d'un réfotrme fiscale plus grande.L'accord entre les partenaires sociaux prévoit aussi que les emplois de fin de carrière seront envisageables dès 55 ans. Les pensions complémentaires demeureront possibles, mais au plus tôt dès 60 ans et des heures supplémentaires avantageuses fiscalement pourront être prestées.Au sein du gouvernement fédéral, c'est peu dire que l'accord a été salué de toutes parts, tant il soulage... Sur le fond, d'abord, même si l'accord doit encore lui être présenté officiellement en fin de journée. Mais sur la forme, aussi, car le sujet, brûlant, serait revenu sur sa table, faute d'accord. Or, les tensions entre libéraux et socialistes, notamment, sont importantes sur ces dossiers socio-économiques.Pierre-Yves Dermagne, vice-Premier ministre PS en charge de l'Economie et du Travail, n'a pas ménagé ses peines pour inciter syndicats et patronat à s'entendre. Ce week-end, son président de parti, Paul Magnette, avait émis une forme d'ultimatum pour demander que les partenaires sociaux aboutissement rapidement."L'augmentation du salaire minimum, priorité pour les socialistes, devient réalité grâce à l'accord conclu par les partenaires sociaux!, se félicite Pierre-Yves Dermagne Plus 150 euros nets d'ici 2026! Avancée majeure pour les 70.000 travailleurs concernés et une victoire pour la concertation sociale!""Un travailleur marié, 2 enfants voit son revenu net augmenter de 63 euros nets en 2022, soit une augmentation cumulée d'environ 110 euros nets 2024 et 163 euros nets 2026", ajoute le ministre du Travail.Paul Magnette se félicite de l'accord: "Excellente nouvelle pour les dizaines de milliers de travailleurs payés au salaire minimum." Au passage, le président du PS ne peut s'empêcher de faire un pique aux libéraux: "Une première depuis 13 ans. Le résultat du dialogue social rétabli par Pierre-Yves Dermagne après des années de paralysie du gouvernement Michel.""L'augmentation du salaire minimum était une absolue nécessité, souligne la députée fédérale Cécile Cornet (Ecolo). La concertation sociale fonctionne, et c'est une bonne nouvelle."Le MR se réjouit également, mais reste plus prudent avant d'avoir lu le contenu précis de l'accord et insiste sur la nécessité d'augmenter le taux d'emploi.Georges-Louis Bouchez, son président, "se réjouit que les partenaires sociaux soient parvenus à un accord démontrant que la concertation sociale fonctionne". Et ajoute: "Le temps est à l'analyse du contenu. Ensemble travaillons à l'objectif des 80% de taux d'emploi avec des salaires justes pour tous!" Une façon de dire que cet avccord social ne dispensera pas la majorité fédérale de s'entendre sur d'autres réformes, fiscale notamment.David Clarinval, ministre fédéral MR des PME et Classes moyennes, trouve toutefois l'accord équilibré: "L'accord intervenu cette nuit entre les partenariats sociaux est une bonne nouvelle. Il semble allier pouvoir d'achat et sauvegarde de la compétitivité."La Vivaldi avait un grand besoin de cet accord social, tant les tensions risquaient de s'accumuler en son sein. Les tensions sur les signes convictionels, surtout vivaces du côté francophone, ont contraint le Premier ministre, Alexander De Croo, à s'expliquer au parlement sur la nomination d'une commissaire du gouvernement voilée à l'Institut pour l'égalité hommes-femmes (portée par Ecolo)... avant d'être désavoué par le MR.En Flandre, le CD&V et l'Open VLD vivent des moments difficiles après un sondage désastreux, fin de semaine dernière, où ils se rapprochent dangereusement de la barre symbolique des 10%. L'affaire Jürgen Conings, la condamnation du Voorpost par un tribunal ou la mort d'une jeune fille de 14 ans animent un agenda politique marqué par la liberté d'expression et la sécurité, sous la forte pression de la N-VA et du Vlaams Belang.