Politiquement, la Flandre est sur un volcan. Le dernier baromètre Le Soir/ RTL/ Ipsos donnait, en fin de semaine dernière, un Vlaams Belang à nouveau en hausse et une N-VA qui limite les dégâts. Tandis que les quatre partis flamands de la Vivaldi - Vooruit, Open VLD, CD&V et Groen - ne tirent pas profit de leur exercice du pouvoir. Que du contraire: libéraux et sociaux-chrétiens sont proches de la barre... des 10%!
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Politiquement, la Flandre est sur un volcan. Le dernier baromètre Le Soir/ RTL/ Ipsos donnait, en fin de semaine dernière, un Vlaams Belang à nouveau en hausse et une N-VA qui limite les dégâts. Tandis que les quatre partis flamands de la Vivaldi - Vooruit, Open VLD, CD&V et Groen - ne tirent pas profit de leur exercice du pouvoir. Que du contraire: libéraux et sociaux-chrétiens sont proches de la barre... des 10%!Les débats au nord du pays, il est vrai, contribuent à un climat délétère: l'affaire Jürgen Conings, la condamnation du Voorpost à Malines, le viol et le suicide d'une jeune fille à Gand, sans oublier les provocations du Vlaams Belang.Les partis francophones devraient y voir un signal d'alarme, singulièrement au sein de la Vivaldi fédérale. Son principal objectif n'est-il pas de faire barrage à l'indépendantisme flamand en 2024? Or, leur attitude ne contribue pas aider le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), et les siens. Une menace.Le baromètre politique Le Soir/RTL/ Ipsos démontrait vendredi que "la Flandre a des idées noires", pour reprendre les termes du quotidien. Le Vlaams Belang repart à la hausse avec 26,1% des intentions de vote, loin au-dessus de son score de mai 2019 (18,7%): après avoir légèrement coincé ces derniers mois, l'extrême droite a de nouveau le vent en poupe, alors que l'affaire Jürgen Conings, du nom de ce militaire radicalisé en cavale, remet pourtant le danger de ses positions au devant de l'actualité.Dans le même temps, la N-VA limite cette fois les dégâts en repartant à la hausse par rapport au dernier sondage de mars dernier (21,8% au lieu de 20%): c'est moins que son score de mai 2019 (25,5%), mais cela illustrerait le fait que le transfert de voix vers l'extrême droite se tarit. Les projections en sièges donneraient aux deux formations séparatistes 45 députés à la Chambre fédérale, mais surtout, potentiellement, leur confèreraient une majorité à deux au parlement flamand. Une alliance reste peu probable, mais cela donnerait des ailes aux radicaux de la N-VA.Pendant ce temps, les partis flamands de la majorité fédérale Vivaldi perdraient quatre sièges au parlement fédéral, une chute libre seulement compensée par le sursaut de Vooruit (nouveau nom des socialistes flamands), suite au processus de réforme initié par son président Conner Rousseau. Les libéraux de l'Open VLD et les sociaux-chrétiens du CD&V, singulièrement, ont de quoi s'inquiéter: tous deux descendent dangereusement vers la barre des 10% (11,4% pour l'Open VLD et 10% pour le CD&V). Du jamais vu!Alors que les partis francophones se déchirent sur le port des signes convictionnels dans les administrations publiques, le débat politique en Flandre prend une autre tournure, délicate pour les partis au pouvoir. Les deux thèmes qui se trouvent au centre de l'agenda politique sont exploités ou détournés par l'extrême droite: la liberté d'expression et la sécurité. La condamnation des soutiens à Jürgen Conings, la volonté de la Vivaldi de rédiger une loi contre les incitiations à la haine ou les fake news, conjugués à une décision du tribual de Malines condamnant des membres du groupes flamingant Voorpost constituent un cocktail explosif. Si l'on ajoute à ça l'horreur provoquée par le viol d'une jeune fille de 14 ans à Gand à la mi-mai, par cinq jeunes dont trois mineurs, avec des accusations de laxisme politique, on se trouve face à un terreau nauséabond sur lequel surfent les extrémistes.Les provocations de l'extrême droite se multiplient d'une interview sulfureuse de Tom Van Grieken, président du Belang, dans la presse aux relents de "suprématie blanche" à des accusations de corruption lancées à l'égard des libéraux, suite à une seule affaire, suscitant le courroux d'Egbert Lachaert, président de l'Open VLD.C'est peu dire que les partis flamands sont, pour l'heure, surtout préoccupés par leurs querelles régionales.Les partis francophones, au sein de la Vivaldi, n'aident pas forcément leurs collègues néerlandophones alors que l'objectif de la Vivaldi est, pourtant, de faire barrage à l'indépendantisme flamand en vue des prochaines élections de 2024. Le débat sur la neutralité dans les administrations, dopé le port du voile à la STIB ou celui porté par une commissaire générale à l'Insitut pour 'égalité hommes-femmes nommée par Ecolo, vit surtout du côté francophone et constitue l'essence même de la rivalité, à Bruxelles, entre le PS, Ecolo et le MR. La semaine dernière, le MR a carrément déshabillé publiquement le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD): alors qu'il affirmait au parlement qu'aucun parti n'avait contesté la nomination de la commissaire en question, le MR l'avait contredit. Même le PS est venu au secours du libéral flamand.Analyse de Carl Devos, politologue à Gand: "Un mlinistre qui contredit son Premier ministre publiquement, c'est pratiquement du jamais vu. Cette tension n'empêche pas De Croo 1er de gouverner. Mais une telle blessure interne est menaçante. Pendant ce temps, le Vlaams Belang progresse dans les sondages." Et l'Open VLD ne cesse de descendre...Philosophe, un ténor de l'Open VLD nous disait la semaine dernière que la seule solution pour la Vivaldi, ces prochains mois, était de montrer qu'elle savait gouverner avec cohérence et force sur les défis sanitaires et socio-économliques qui concernent les gens. Ce serait, selon lui, la seule manière de bloquer l'extrême droite. En attendant, il refusait de s'exprimer publiquement pour l'instant.