La cour s'est montrée particulièrement sévère vis-à-vis du parquet en déclarant "sans objet" les appels formulés contre trois prévenus, dont deux "hébergeurs" de migrants pour lesquels le parquet lui-même avait requis l'acquittement en première instance. Requérir un acquittement, l'obtenir et ensuite faire appel de cette décision est, selon la cour, un non-sens. La cour a donc confirmé les acquittements des quatre "hébergeurs", dont les journalistes Anouk Van Gestel et Myriam Berghe.

Elle a par ailleurs prononcé des peines entre un an et vingt mois de prison avec sursis à l'encontre des sept migrants prévenus, qui avaient été condamnés jusqu'à 40 mois de prison avec sursis en première instance, et pour lesquels le parquet réclamait en appel jusqu'à cinq ans de prison. Elle a établi qu'ils avaient bien participé à un trafic d'êtres humains mais a reconnu qu'ils étaient aussi victimes de ce trafic. Ils ont aidé d'autres migrants à monter dans des camions se rendant en Grande-Bretagne, contre rémunération, en attendant de pouvoir eux-mêmes rejoindre cette terre promise pour toute personne sans papiers.

Le 20 octobre 2017, douze personnes avaient été arrêtées pour soupçons de trafic d'êtres humains, dont des citoyens belges ayant hébergé chez eux des migrants. L'opération p olicière faisait suite à une enquête de téléphonie et à des observations sur des parkings autoroutiers, notamment à Wetteren.

En première instance, les quatre "hébergeurs" avaient été acquittés, et sept migrants avaient été condamnés à des peines de 12 à 40 mois de prison, avec sursis pour la plupart.

"Oui, on a le droit d'héberger"

"Aujourd'hui, on a gagné pas seulement pour nous mais pour l'ensemble des hébergeurs qui pourront maintenant héberger 'sur leurs deux oreilles'... Un petit peu plus en tout cas", a déclaré mercredi en début d'après-midi la journaliste Myriam Berghe, lors d'un rassemblement à Bruxelles organisé par le collectif citoyen Solidarity is not a crime. "Oui, on a le droit d'héberger. Oui, on a le droit de prêter un téléphone et un ordinateur aux personnes qu'on héberge et on a le droit de leur traduire ce qu'ils nous demandent de traduire", a déclaré Myriam Berghe. Le parquet lui reprochait d'avoir prêté de l'argent et son téléphone à un migrant qu'elle avait accueilli, soutenant que cela servait à ce dernier pour aider d'autres migrants à rejoindre la Grande-Bretagne. "C'est une énorme victoire et on a réussi à faire passer le message que, oui, on a hébergé des passeurs, mais qui sont bien eux-mêmes victimes de trafic d'êtres humains", a-t-elle poursuivi.

Myriam Berghe et sa consoeur, Anouk Van Gestel, ainsi que deux autres "hébergeurs" - tous acquittés - ont toutefois déploré le coût de leur victoire: plusieurs mois de détention préventive pour deux d'entre eux, quatre ans de procédure judiciaire angoissante et des frais de justice et d'avocats auxquels ils doivent faire face.

La cour s'est montrée particulièrement sévère vis-à-vis du parquet en déclarant "sans objet" les appels formulés contre trois prévenus, dont deux "hébergeurs" de migrants pour lesquels le parquet lui-même avait requis l'acquittement en première instance. Requérir un acquittement, l'obtenir et ensuite faire appel de cette décision est, selon la cour, un non-sens. La cour a donc confirmé les acquittements des quatre "hébergeurs", dont les journalistes Anouk Van Gestel et Myriam Berghe. Elle a par ailleurs prononcé des peines entre un an et vingt mois de prison avec sursis à l'encontre des sept migrants prévenus, qui avaient été condamnés jusqu'à 40 mois de prison avec sursis en première instance, et pour lesquels le parquet réclamait en appel jusqu'à cinq ans de prison. Elle a établi qu'ils avaient bien participé à un trafic d'êtres humains mais a reconnu qu'ils étaient aussi victimes de ce trafic. Ils ont aidé d'autres migrants à monter dans des camions se rendant en Grande-Bretagne, contre rémunération, en attendant de pouvoir eux-mêmes rejoindre cette terre promise pour toute personne sans papiers. Le 20 octobre 2017, douze personnes avaient été arrêtées pour soupçons de trafic d'êtres humains, dont des citoyens belges ayant hébergé chez eux des migrants. L'opération p olicière faisait suite à une enquête de téléphonie et à des observations sur des parkings autoroutiers, notamment à Wetteren. En première instance, les quatre "hébergeurs" avaient été acquittés, et sept migrants avaient été condamnés à des peines de 12 à 40 mois de prison, avec sursis pour la plupart. "Aujourd'hui, on a gagné pas seulement pour nous mais pour l'ensemble des hébergeurs qui pourront maintenant héberger 'sur leurs deux oreilles'... Un petit peu plus en tout cas", a déclaré mercredi en début d'après-midi la journaliste Myriam Berghe, lors d'un rassemblement à Bruxelles organisé par le collectif citoyen Solidarity is not a crime. "Oui, on a le droit d'héberger. Oui, on a le droit de prêter un téléphone et un ordinateur aux personnes qu'on héberge et on a le droit de leur traduire ce qu'ils nous demandent de traduire", a déclaré Myriam Berghe. Le parquet lui reprochait d'avoir prêté de l'argent et son téléphone à un migrant qu'elle avait accueilli, soutenant que cela servait à ce dernier pour aider d'autres migrants à rejoindre la Grande-Bretagne. "C'est une énorme victoire et on a réussi à faire passer le message que, oui, on a hébergé des passeurs, mais qui sont bien eux-mêmes victimes de trafic d'êtres humains", a-t-elle poursuivi. Myriam Berghe et sa consoeur, Anouk Van Gestel, ainsi que deux autres "hébergeurs" - tous acquittés - ont toutefois déploré le coût de leur victoire: plusieurs mois de détention préventive pour deux d'entre eux, quatre ans de procédure judiciaire angoissante et des frais de justice et d'avocats auxquels ils doivent faire face.