Un nouveau Comité de concertation a lieu vendredi. A son ordre du jour figure la volonté d'interdire les voyages non-essentiels, actée par le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) mercredi soir, mais aussi ses modalités et les mesures à prendre pour lutter contre les virus mutants, ainsi qu'une éventuelle amorce de la stratégie de sortie. Mais la prudence reste de mise. Avant cela, un Conseil européen est programmé jeudi soir pour tenter d'accorder les violons entre les Vingt-Sept.
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Un nouveau Comité de concertation a lieu vendredi. A son ordre du jour figure la volonté d'interdire les voyages non-essentiels, actée par le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) mercredi soir, mais aussi ses modalités et les mesures à prendre pour lutter contre les virus mutants, ainsi qu'une éventuelle amorce de la stratégie de sortie. Mais la prudence reste de mise. Avant cela, un Conseil européen est programmé jeudi soir pour tenter d'accorder les violons entre les Vingt-Sept. Le tout avec, en toile de fond, une stratégie vaccinale malmenée par les décisions de Pfizer. Ces sujets se trouvaient au coeur des questions d'actualité de la Chambre, ce jeudi après-midi. Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), a balayé du revers de la main l'idée d'aller en justice contre Pfizer, qui a annoncé qu'il ralentirait la livraison de doses de vaccin.Catherine Fonck (CDH) entame les questions par une vive critique. "Il n'y a pas de secret, si on veut éviter une situation à l'anglaise, il faut mettre le turbo sur la vaccination, dit-elle. Alors certes, l'attitude de Pfizer n'est pas correcte, mais depuis janvier, ce sont 250000 doses qui sont dans les frigos. Quand allez-vous prendre la situation au sérieux?" Elle plaide encore pour le renforcement des test, du tracing, "autant de mesures fortes qui restent insuffisantes". "Bien sûr, nous devons respecter les gestes barrières, les ministres aussi, nous sommes dans la même galère."Melissa Depraetere (SP.A) évoque aussi l'adaptation des livraisons par Pfizer et "la vague de déception" consécutive dans les maisons de repos. "Une entreprise pharmaceutique ne peut quand même pas semaine après semaine jouer avec le nombre de doses, dit-elle. C'est cela qui énerve le citoyen." L'Italie envisager des procédures juridiques: "envisage-vous aussi de le faire?". Elle soutient par ailleurs l'idée d'interdire les voyages non-essentiels.Barbara Creemers (Ecolo-Groen) dit être rentrée en pleurs hiers, en raison de cette déception du personnel soignant parce que les vaccinations seront retardées en raison du comportement de Pfizer. "Visiblement, pour Pfizer, ce sont toujours les considérations financières qui priment!, regrette-t-elle. Leurs gains s'opposent totalement à nos gains sociaux. J'attends de votre part un signal clair pour cette entreprise assume sa responsabilité. allez-vous vous associer à l'Italie?".François De Smet (DéFI) rappelle que l'on se réjouissait la semaine dernière de la possibilité d'utliser non cinq, mais six doses du vaccin Pfizer. "Hier, patatras, c'était trop beau", alors que nous sommes dans une course contre la montre. "Allez-vous laisser passer ce scandale? Comment laisser passer de tels comportements qui s'apparente à de la prédation financière?" Le gouvernement avait-il connaissance des clauses contractuelles? Ne serait-il pas temps de les communiquer? Et allez-bous agir contre Pfizer, comme l'Italie?"Le Vlaams Belang et l'indépendant Jean-Marie Dedecker s'en prennent eux aussi vivement au gouvernement.Robby De Caluwé (Open VLD), d'un ton plus modéré, souligne le "travail considérable" mené pour la vaccination et souligne que les gouvernements ont réagi rapidement. "Il y a une lumière au bout du tunnel, si l'on respecte les mesures", dit-il, en demandant comment le gouvernement compte adaper sa communication au sujet de cette vaccination."La saga des vaccins continue", déplore Kathleen Depoorter (N-VA), en évoquant la bévue coûtant temporairement 2,5 millions de doses. "Que s'est-il passé, qui est reponsable?", demande-t-elle.Sofie Merck (PTB) dénonce à son tour la responsabilité des multinationale et demande si le gouvernement va agir."Ces dernières semaines, nous avons reçu des nouvelles positives et moins positives, dit Alexander De Croo. Soyons clair: la communication avec les fabricants se fait par la Commission européenne. Mais il faut arrêter de paniquer. Il est vrai que certains ont annoné qu'ils produiraient moins, mais ce le sera davantage pour la suite: Pfizer parlait de 300 millions de doses, on parle désormais du double.""J'estime aussi qu'il ne faut pas s'opposer les uns contre les autres, ajoute Alexander De Croo, c'est la dernière de choses. Nous ne sortirons de cette situation que si l'on coopère. Lancer des litiges en justie n'est pas la solution", insiste-t-il.Alexander De Croo confirme ensuite qu'il plaidera ce soit lors du Conseil européen pour l'interdiction des voyages non-essentiels. "Nous l'avions déconseillé fortement pour Noël, mais 160 000 personnes sont quand mêmes parties, consiste-t-il. Si l'on devait décider de mettre à l'arrêt les voyages lors du Comité de concertation, il ne faudrait pas assouplir pour autant en Belgique: il aut continuer à respecter les règles."Tant le Premier ministre que le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), soutiennent l'approche prudente de notre pays en matière de vaccination pour garantir la deuxième dose et confirment que la lumière est au bout du tunnel. "Il n'y a pas de possbilité de procédures en justice pour la dose supplémentaire", dit Frank Vandenbroucke.Le ministre de la Santé conclut: "Nous sommes en train d'administrer les vaccins, nous avons atteint une vitesse de croisière, mais nous sommes sensibles aux délais de livraison. Il faut savoir qu'elle critique vous souhaitez émettre (entre la prudence pour garantir les deuxièmes doses et l'accélération de la vaccination) . Bien sûr, ces retards sont regrettables, mais ensemble, on peut réussir.""Ces temps-ci, monsieur le Premier ministre, votre calme m'inquiète", conclut François De Smet. L'attitude de Pfizert mériterait un peu plus d'indignation."