Le Comité de concertation a annoncé un nouveau tour de vis pour tenter de freiner l'épidémie. Les mesures prises sont synonymes d'un confinement "élargi". Il s'agit d'un 'lockdown' a confirmé le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS), "mais sans isoler les personnes".

"Notre pays se trouve dans une situation d'urgence sanitaire" souligne Alexander De Cooo en saluant les efforts énormes accomplis par le personnel soignant. "D'ici la mi-novembre, il y aura des milliers de patients Covid dans nos hôpitaux et 2800 dans les soins intensifs. Il n'y a qu'un seul choix qui se présente à nous, c'est de faire front."

Une seule façon le permet: limiter au maximum tous les contacts physiques. "Nous allons devons faire ça aussi longtemps qu'il le faudra, insiste-t-il. Nous devons casser cette montée en flèche du virus."

Le Comité de concertation décide unaniment de "passer à un confinement plus strict" pour l'ensemble du territoire, annonce-t-il.

Les nouvelles règles concrètes

La règle des quatre pour les contacts sociaux disparaît, on ne peut plus inviter qu'une seule personne à la maison. Les personnes seules, elles, pourront recevoir deux personnes pour éviter l'isolement, mais pas en même temps. La règle des quatre reste valable à l'extérieur pour se promener, rester en mouvement ou faire de l'exercice.

La fermeture des commerces non-essentiels est confirmée par le Premier ministre à partir du 2 novembre. Il serait toutefois possible d'être livré et de retirer ses achats. Il en va de même pour les métiers de contacts physiques comme les coiffeurs, les massages... Ce sont des mesures semblables à celles qui avaient été prises en France, avant-hier. "Les supermarchés et le magasins d'alimentation restent ouverts, il n'y a aucune raison de faire des courses trop importantes, c'est un comportement asocial", dit Alexander De Croo.

- Le télétravail devient obligatoire partout où c'est possible.

- Dans les hôtels, les bars et les restaurants seront fermés.

- L'assistance pour les funérailles seront limitées à quinze personnes.

- Les parcs de vacances sont fermés à partir du 3 novembre.

"Ce confinement plus strict veille à ce que les soins de santé ne s'écroulent pas", dit le Premier ministre. Les mesures entrent en vigueur dans la nuit de dimanche à lundi et pour un mois et demi." Il ajoute, grave: "Ce sont les mesures de la dernière chance."

Sur le plan économique, "les gouvernements feront tout pour vous soutenir, ajoute-t-il, nous n'allons laisser personne sur le bord du chemin, c'est un moment de solidarité."

"Ces mesures ont été prises dans un esprit d'unité, insiste encore Alexander De Croo. Ensemble, nous sommes plus forts."

"Ces mesures vont pratiquement arrêter notre vie sociale, poursuit Frank Vandenbroucke (SP.A), ministre de la Santé. C'est un lockdown, qui permet aux entreprises de tourner et aux écoles de reprendre prudemment après le 15 novembre."

Pourquoi cela est-il nécessaire? "La situation dans les hôpitaux est terrible, la situation est critique, il faut faire preuve d'un énorme courage pour travailler dans ces circonstances." Le ministre de la Santé insiste sur l'importance de la soldarité qui s'organise entre les hôpitaux.

"Si les chiffres continuent à augmenter de la sorte, continue-t-il, nous allons arriver à un stade où les portes des soins intensifs vont se fermer, nous devrons faire des choix que nous ne voulons pas faire." C'est dur, mais il faut nous aider les uns les autres, téléphoner à nos proches, mettre une lumière à nos fenêtres dans ces journées sombres, illuminer nos rues."

L'enseignement, qui semblait être une citadelle imprenable, est bel et bien concerné par la lutte contre l'épidémie. Les cours seront suspendus dans l'enseignement secondaire au moins jusqu'au 15 novembre et les universités suspendues en présentiel jusqu'à la fin de l'année. "La rentrée aura lieu en présentiel le 16 novembre pour l'enseignement fondamental et primaire, dit le ministre-président francophone Pierre-Yves-Jeholet (MR). Dans le secondaire, elle sera hybride, avec 50% de présentiel."

Les mesures seront valables pour tout le territoire. "C'est important", souligne le ministre-président wallon Elio Di Rupo, en espérant que ces mesures fortes permettent d'améliorer la situation sanitaire.

Certains ministres wallons avaient mis en garde: si aucun consensus ne pouvait être trouvé, la Wallonie serrerait la vis de son côté. Mais cela ne sera pas le cas: le gouvernement wallon se range à l'avis du Comité de concertation. "Soyons solidaires et restons unis", lance Elio Di Rupo.

Un contexte sanitaire grave

Le fédéral a repris la main en harmonisant mercredi les règles en vigueur - seules les heures du couvre-feu varient d'une Région à l'autre. Lors de la séance plénière de la Chambre, jeudi, le Premier ministre Alexander De Croo n'avait pas exclu un confinement élargi. Les décisions seront prises, comme toujours, en tenant compte de l'avis des experts et des derniers chiffres, avait-il souligné, deux semaines après la fermeture des bars et des restaurants. Ceux-ci ne sont toujours pas bons. La hausse des contaminations donne l'impression de ralentir sa progression, mais Sciensano, l'institut de santé publique, a publié un communiqué pour mettre en garde contre ces chiffres, depuis que les asymptomatiques ne sont plus testés. Un nouveau modèle mathématique va être mis en oeuvre, qui démontrera que la progression ne ralentit pas.

Les experts et les acteurs de la santé ne cessaient d'appeler à de nouvelles mesures pour éviter la saturation annoncée des hôpitaux, d'ici une petite dizaine de jours, ainsi qu'à une vision à long terme pour vivre avec le virus. "Il faut absolument casser la courbe, c'est très clair, nous disait jeudi Julien Compère, administrateur délégué du CHU de Liège. Est-ce qu'il faut un reconfinement ou pas? C'est une question de sémantique, cela dépend aussi du respect des règles dans la population." Il ajoutait: "De façon plus générale, il faut aussi voir comment on va vivre à long terme avec le virus, au-delà d'un reconfinement de trois ou quatre semaines."

Ce matin, dans Le Soir, un consortium de scientifiques belges de renom lançait, lui aussi, un appel en ce sens: "Nous unissons nos voix pour appeler à la responsabilité concertée et immédiate des décideurs de notre Etat de droit, écrivent-ils, mais aussi à la responsabilité de chacun. Un ensemble de mesures de confinement équilibré et proportionnel s'impose directement à l'échelle nationale. Une adhésion de chacune et chacun est maintenant indispensable. Nous demandons par ailleurs que ces mesures soient tenues jusqu'à retrouver un niveau de circulation suffisamment faible du virus afin que toutes les stratégies de contrôle de l'épidémie puissent à nouveau être efficaces."

Ce vendredi soir, la Belgique s'endort davantage confinée pour un mois et demi, au moins, si l'on en croit les experts.

Le Comité de concertation a annoncé un nouveau tour de vis pour tenter de freiner l'épidémie. Les mesures prises sont synonymes d'un confinement "élargi". Il s'agit d'un 'lockdown' a confirmé le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS), "mais sans isoler les personnes"."Notre pays se trouve dans une situation d'urgence sanitaire" souligne Alexander De Cooo en saluant les efforts énormes accomplis par le personnel soignant. "D'ici la mi-novembre, il y aura des milliers de patients Covid dans nos hôpitaux et 2800 dans les soins intensifs. Il n'y a qu'un seul choix qui se présente à nous, c'est de faire front."Une seule façon le permet: limiter au maximum tous les contacts physiques. "Nous allons devons faire ça aussi longtemps qu'il le faudra, insiste-t-il. Nous devons casser cette montée en flèche du virus."Le Comité de concertation décide unaniment de "passer à un confinement plus strict" pour l'ensemble du territoire, annonce-t-il.La règle des quatre pour les contacts sociaux disparaît, on ne peut plus inviter qu'une seule personne à la maison. Les personnes seules, elles, pourront recevoir deux personnes pour éviter l'isolement, mais pas en même temps. La règle des quatre reste valable à l'extérieur pour se promener, rester en mouvement ou faire de l'exercice.La fermeture des commerces non-essentiels est confirmée par le Premier ministre à partir du 2 novembre. Il serait toutefois possible d'être livré et de retirer ses achats. Il en va de même pour les métiers de contacts physiques comme les coiffeurs, les massages... Ce sont des mesures semblables à celles qui avaient été prises en France, avant-hier. "Les supermarchés et le magasins d'alimentation restent ouverts, il n'y a aucune raison de faire des courses trop importantes, c'est un comportement asocial", dit Alexander De Croo.- Le télétravail devient obligatoire partout où c'est possible.- Dans les hôtels, les bars et les restaurants seront fermés.- L'assistance pour les funérailles seront limitées à quinze personnes.- Les parcs de vacances sont fermés à partir du 3 novembre."Ce confinement plus strict veille à ce que les soins de santé ne s'écroulent pas", dit le Premier ministre. Les mesures entrent en vigueur dans la nuit de dimanche à lundi et pour un mois et demi." Il ajoute, grave: "Ce sont les mesures de la dernière chance."Sur le plan économique, "les gouvernements feront tout pour vous soutenir, ajoute-t-il, nous n'allons laisser personne sur le bord du chemin, c'est un moment de solidarité.""Ces mesures ont été prises dans un esprit d'unité, insiste encore Alexander De Croo. Ensemble, nous sommes plus forts.""Ces mesures vont pratiquement arrêter notre vie sociale, poursuit Frank Vandenbroucke (SP.A), ministre de la Santé. C'est un lockdown, qui permet aux entreprises de tourner et aux écoles de reprendre prudemment après le 15 novembre." Pourquoi cela est-il nécessaire? "La situation dans les hôpitaux est terrible, la situation est critique, il faut faire preuve d'un énorme courage pour travailler dans ces circonstances." Le ministre de la Santé insiste sur l'importance de la soldarité qui s'organise entre les hôpitaux."Si les chiffres continuent à augmenter de la sorte, continue-t-il, nous allons arriver à un stade où les portes des soins intensifs vont se fermer, nous devrons faire des choix que nous ne voulons pas faire." C'est dur, mais il faut nous aider les uns les autres, téléphoner à nos proches, mettre une lumière à nos fenêtres dans ces journées sombres, illuminer nos rues."L'enseignement, qui semblait être une citadelle imprenable, est bel et bien concerné par la lutte contre l'épidémie. Les cours seront suspendus dans l'enseignement secondaire au moins jusqu'au 15 novembre et les universités suspendues en présentiel jusqu'à la fin de l'année. "La rentrée aura lieu en présentiel le 16 novembre pour l'enseignement fondamental et primaire, dit le ministre-président francophone Pierre-Yves-Jeholet (MR). Dans le secondaire, elle sera hybride, avec 50% de présentiel."Les mesures seront valables pour tout le territoire. "C'est important", souligne le ministre-président wallon Elio Di Rupo, en espérant que ces mesures fortes permettent d'améliorer la situation sanitaire. Certains ministres wallons avaient mis en garde: si aucun consensus ne pouvait être trouvé, la Wallonie serrerait la vis de son côté. Mais cela ne sera pas le cas: le gouvernement wallon se range à l'avis du Comité de concertation. "Soyons solidaires et restons unis", lance Elio Di Rupo.Le fédéral a repris la main en harmonisant mercredi les règles en vigueur - seules les heures du couvre-feu varient d'une Région à l'autre. Lors de la séance plénière de la Chambre, jeudi, le Premier ministre Alexander De Croo n'avait pas exclu un confinement élargi. Les décisions seront prises, comme toujours, en tenant compte de l'avis des experts et des derniers chiffres, avait-il souligné, deux semaines après la fermeture des bars et des restaurants. Ceux-ci ne sont toujours pas bons. La hausse des contaminations donne l'impression de ralentir sa progression, mais Sciensano, l'institut de santé publique, a publié un communiqué pour mettre en garde contre ces chiffres, depuis que les asymptomatiques ne sont plus testés. Un nouveau modèle mathématique va être mis en oeuvre, qui démontrera que la progression ne ralentit pas.Les experts et les acteurs de la santé ne cessaient d'appeler à de nouvelles mesures pour éviter la saturation annoncée des hôpitaux, d'ici une petite dizaine de jours, ainsi qu'à une vision à long terme pour vivre avec le virus. "Il faut absolument casser la courbe, c'est très clair, nous disait jeudi Julien Compère, administrateur délégué du CHU de Liège. Est-ce qu'il faut un reconfinement ou pas? C'est une question de sémantique, cela dépend aussi du respect des règles dans la population." Il ajoutait: "De façon plus générale, il faut aussi voir comment on va vivre à long terme avec le virus, au-delà d'un reconfinement de trois ou quatre semaines."Ce matin, dans Le Soir, un consortium de scientifiques belges de renom lançait, lui aussi, un appel en ce sens: "Nous unissons nos voix pour appeler à la responsabilité concertée et immédiate des décideurs de notre Etat de droit, écrivent-ils, mais aussi à la responsabilité de chacun. Un ensemble de mesures de confinement équilibré et proportionnel s'impose directement à l'échelle nationale. Une adhésion de chacune et chacun est maintenant indispensable. Nous demandons par ailleurs que ces mesures soient tenues jusqu'à retrouver un niveau de circulation suffisamment faible du virus afin que toutes les stratégies de contrôle de l'épidémie puissent à nouveau être efficaces."Ce vendredi soir, la Belgique s'endort davantage confinée pour un mois et demi, au moins, si l'on en croit les experts.