C'est comme un couvercle qui saute et des confessions qui se multiplient. Ce matin, le coprésident Ecolo, Jean-Marc Nollet, a avoué ne pas avoir respecté la bulle sociale limitée à une personne, en plus du foyer. "Je suis un humain", disait-il. Face aux réactions, il a ajouté : "Pas d'hypocrisie". En précisant que quand les règles n'étaient plus supportables, il convenait d'en changer.
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C'est comme un couvercle qui saute et des confessions qui se multiplient. Ce matin, le coprésident Ecolo, Jean-Marc Nollet, a avoué ne pas avoir respecté la bulle sociale limitée à une personne, en plus du foyer. "Je suis un humain", disait-il. Face aux réactions, il a ajouté : "Pas d'hypocrisie". En précisant que quand les règles n'étaient plus supportables, il convenait d'en changer.Forcément, chacun y est allé de son couplet en guise de réaction, dans un grand mouvement de libération collective. Dans le genre soulagé de ne pas être le seul à fauter: "Moi non plus, je 'ai pas toujours respecté la bulle, j'ai vu telle et telle personne, j'ai voyagé, j'ai...". Ou sur le mode frustré de celui qui se sent floué de respecter tout à la lettre, alors que ceux-là même qui décident les règles ne les respectent plus. Mais au-delà des expériences personnelles, plusieurs commentaires ou questionnements se sont multipliés. Edifiants au sujet du rôle du politique ou de la situation des restrictions sanitaire actuelles en Belgique.Dans les rangs politiques, mais aussi au-delà, la première remarque revient à dire qu'un responsable politique doit montrer l'exemple ou, s'il considère les règles mauvaises, il doit en changer. "Si les règles sont injustes, il faut les changer. Si elles sont justes, il faut les assumer et donner l'exemple, souligne François De Smet, président de DéFI. Mais il faut cesser ce jeu "un pied dedans, un pied dehors". Le comportement des partenaires de la Vivaldi fragilise l'adhésion déjà fragile de la population." Certains comparent forcément cette sortie écologiste à l'attitude du président du MR, Georges-Louis Bouchez, mais les libéraux précisent que lui, il réclame des assouplissements depuis des semaines. "Le problème de Nollet n'est pas qu'il trouve ridicule la bulle d'une personne, souligne Etienne Dujardin, élu local bruxellois du MR. Le problème est qu'il impose aux belges quelque chose qu'il ne respecte pas lui-même et qu'il ne s'est pas battu depuis des semaines pour porter quoi que ce soit comme changement."Etonnamment (quoique), cette sortie rejoint le commentaire de Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB : "Ne pas appliquer soit même une règle qu'on impose aux autres, c'est ça la faute politique de Jean-Marc Nollet. Vu qu'il y a un problème avec la règle, il faut la changer. Comme président de parti de la majorité, il en a la possibilité. Peu peuvent en dire autant dans notre particratie." Précision tout de même: Ecolo n'a pas encore la majorité absolue, tout est le fruit de compromis. Cette sortie accentue, en tout état de cause, la pression sur le Comité de concertation. En sachant... que l'élargissement de la bulle sociale (en extérieur) serait un point pratiquement acquis dans les pré-négociations.Pour rappel, Paul Magnette, président du PS, soulignait, après la communication du Premier ministre, lundi: "Et si on arrêtait les surenchères qui dressent les secteurs (et les générations) les uns contre les autres? Et si on cessait de tirer les conclusions avant le débat? Et si on poursuivait notre stratégie, de manière scientifique et cohérente?" Après les déclarations de Nollet, il s'est dit sidéré : "Les bras m'en tombent."C'est la ligne de "défense" ou d'argumentation de Jean-Marc Nollet : "Pas d'hypocrisie". Un message d'ailleurs promptement lancé après celui de Paul Magnette : comme par hasard? C'estla ligne de Georges-Louis Bouchez depuis quelque temps : "Dire la vérité en politique, cela ne devrait pas choquer". Cela dit, on accusait régulièrement le libéral de "populisme", ce faisant,... y compris dans les rangs écologistes.Il y a évidemment de l'élément de langage dans cet argumentaire. Gilles Vanden Burre, chef de file Ecolo à la Chambre, souligne, dans le même esprit : "Le débat autour des mesures de confinement est vif et c'est normal. On peut ne pas être d'accord avec la ligne politique d'Ecolo, mais reprocher Jean-Marc Nollet de ne pas avoir menti, c'est gonflé. C'est aussi la preuve que certaines règles doivent changer." L'argument fait mouche, aussi. "C'est une méthode comme une autre, elle est certes contestable de la part d'un mandataire politique, mais elle a le mérite d'être honnête, réplique Karolien Haese, fondatrice Building HealthCare for Tomorrow.. Après et sur le fond, c'est un autre débat." "Vous voyez, je préfère un politique qui assume ne pas respecter une loi (déraisonnable) plutôt qu'un politique qui brise une loi (raisonnable) sans l'admettre, souligne par exemple Guillaume Derval, ingénieur informaticien de l'UCLouvain. Vu que parler dans le dos des gens c'est mal.""Personne ne respecte la bulle de 1, souligne le politologue Vincent Laborderie (UCLouvain), critique de longue date des restrictions des libertés. Et tout le monde sait que personne ne la respecte. Merci à Jean-Marc Nollet d'avoir mis fin à cette hypocrisie qui mine la crédibilité de l'action publique."Mais globalement, les réactions sont plutôt courroucées. On accuse le coprésident Ecolo : "Faites ce que je dis, pas ce que je fais." Certains rappellent encore que les citoyens, eux, doivent payer de lourdes amendes s'ils sont fautifs. Réplique, encore : Jean-Marc Nollet n'a pas organisé de lockdown party, il a avoué avoir invité un couple (deux personnes, donc) chez lui, il n'y a pas mort d'homme."La politique, résume joliment Alain Gerlache, ancien porte-parole de Guy Verhofstadt et journaliste RTBF. Les militants Ecolo soutiennent la déclaration de Jean-Marc Nollet alors qu'ils l'auraient flinguée venant d'un autre président. Les militants des autres partis la dénoncent alors qu'ils l'auraient approuvée venant du leur. Et tout le monde dénonce l'hypocrisie."Invité à réitérer ses propos chez nos confrères de LN24, Jean-Marc Nollet était plutôt énervé : "effectivement, récemment, j'ai été confronté à cette situation", dit-il avant de lancer: "Bon, ça va, on passe à autre chose?". Et de préciser que le plus important, c'est de donner des perspectives à des secteurs en souffrance, comme la culture, ou de se soucier de la santé mentale des gens.Certains soulignent qu'il s'agit d'une tempête dans un verre d'eau, un triste buzz de l'ère médiatique nouvelle, qui éclipse les vrais enjeux comme... la lenteur de la vaccination. D'autres regrettent le drôle de climat que cela instaure avant le Comité de concertation de fin de semaine, après la communication déjà critiquée du Premier ministre, lundi. En soulignant qu'à ce rythme, et avec le porte-parole du Premier ministre soulignant que "la loi est pour tout le monde", on risque d'avoir de longs débats et une conférence de presse à 21h, vendredi. Ou pas...