"Il faut élargir la bulle sociale." Ce week-end, déjà, Jean-Marc Nollet, coprésident d'Ecolo, rejoignait ce que les journaux flamands ont baptisé la "versoepelbrigade", le rang de ceux qui réclament désormais de légers assouplissements aux restructions sanitaires.
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"Il faut élargir la bulle sociale." Ce week-end, déjà, Jean-Marc Nollet, coprésident d'Ecolo, rejoignait ce que les journaux flamands ont baptisé la "versoepelbrigade", le rang de ceux qui réclament désormais de légers assouplissements aux restructions sanitaires. Ce mercredi matin, sur la Première, le numéro un des Verts a réitéré ce souhait en soulignant qu'une règle trop stricte risque de ne pas être respectée. Il a d'ailleurs concédé qui lui-même ne la respectait pas, provoquant le tollé que l'on imagine."Non je n'arrive pas à respecter la bulle, depuis quelques semaines je m'autorise à accueillir un couple, a-t-il déclaré. Je fais le maximum, je suis un être humain. Un contact humain est vital. Un seul contact depuis novembre, je considère que ce n'est pas tenable."Paul Magnette, président du PS, réagit, sidéré: "Si un président de parti explique publiquement qu'il ne respecte pas les règles du confinement, comment attendre des citoyens qu'il les respectent? Les bras m'en tombent." Certains, dont des éditorialistes ou le directeur de cabinet du président de DéFI, se demandent même s'il ne s'agit pas d'une "faute politique". Le porte-parole du Premier ministre et la ùinistre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), rappellent: "La loi s'applique à tout le monde."La tonalité dominante, résumée par le recteur de l'université de Gand: "Nous en avons complètement marre des mesures. Comme vous. Mais la plupart s'y tiennent, aussi pénible que ce soit. Le moins que l'on puisse attendre, c'est que vous le fassiez aussi et ne pas allumiez pas le débat en affirmant que vous faites le contraire." D'autres réactions, parmi les très nombreuses expressions sur les réseaux sociaux, salent une expression susceptible de faire bouger les choses.Suite aux réactions, Jean-Marc Nollet a tweeté, laconique: "Pas d'hypocrisie." Puis, il relaie l'interview avec cette citation: "J'en tire aussi une leçon, il faur faire évoluer cette norme." L'écologiste assume et il y a certainement des raisons à cela. Comme s'il s'agissait d'un acte prémédité.Après la communication impromptue du Premier ministre, Alexander De Croo, qui invitait à la prudence lundi sur base des modèles mathématiques, Ecolo confirme de le sorte quedes demandes d'assouplissements - certes minimes - seront sur la table du Comité de concertation de vendredi. Cette sortie vise aussi à faire pression en ce sens.Selon Jean-Marc Nollet, les règles deviennent absurdes à partir du moment où tout le monde constate qu'elles ne sont pas respectées mais que, dans le même temps, les autorités affirment que si elles élargissaient la bulle intérieure à cinq contacts, les gens en prendraient dix. "Non, il faut sortir de cette infantilisation. Cette explication est très malsaine, elle dévalorise la loi, la norme, elle décrédibilise le politique et renforce la méfiance". Il insiste, notamment, sur la nécessité de prendre des premières mesures dans les domaines de la culture et de l'enseignement, pour leur permettre de se réorganiser.Ecolo a rejoint, en quelque sorte, le MR dans sa pression continuelle pour obtenir de tels assouplissements. Pas par hasard: le parti perçoit l'expression croissante dans la population - et chez certains experts - que le traitement strictement sanitaire de la situation actuelle causait de plus en plus de dégats humains, en plus des conséquences économiques.Christos Doulkeridis, bourgmestre Ecolo d'Ixelles, résumait cela comme suit dans un texte publiée lundi par La Libre."A la lumière de notre expérience, nous devons vous relayer le message suivant, avec tout le respect que nous devons à celles et ceux qui doivent prendre les décisions et l'humilité partagée de ne pas être expert·e·s du virus, écrivait-il. Les efforts exigés ont été acceptés de façon exemplaire par la toute grande majorité alors que le coût humain, social, psychologique ou économique était loin d'être négligeable. Mais l'endurance a ses limites. Et nous pouvons vous confirmer ce que vous devez certainement déjà savoir : le risque d'étouffement, de désespoir et donc d'explosion est là, un peu partout. Notre population ne peut plus mettre sa vie entre parenthèses encore longtemps."Mais l'évolution dans la ligne écologiste est aussi une conséquence de l'attitude du MR qui se positionne en permanence comme le grand défenseur des libertés individuelles, chassant au-delà de son électorat. Le message "pas d'hypocrisie" de Jean-Marc Nollet ressemble à s'y méprendre à ce "dire la vérité" asséné sans relâche par Georges-Louis Bouchez. "L'attitude du MR est d'un cynisme sans nom", nous disait encore lundi un député écologiste, exprimant lui aussi un grand désespoir en raison de ces restrictions qui se perpétuent. Il ajoutait: "Nous devons tous faire peuve d'humilité." La ligne, visiblement, a changé.