Voilà peut-être la piste à suivre pour approcher le propos porté par cette allumette géante autant que solitaire peinte par Harold Ancart (°1980) et qu'il fige à l'instant du craquement et de la naissance de la flamme. On entend presque le bruit, petite explosion rocailleuse, que fait ce petit morceau de bois soufré et indifférent arraché d'une pochette offerte par l'hôtel de passage ou le restoroute. Or, c'est bien par elle que peut arriver la catastrophe soudaine et incontrôlée.

Dans cette nouvelle série, "A match Made in Heaven", le peintre belge aujourd'hui basé à New-York, exaspère l'opposition entre le "peindre" (la cuisine) et la détermination à en refuser la jouissance comme si ce refus contenait une violence annonciatrice d'apocalypse.

Il y a en effet, d'une part, le travail qui sent bon l'onctuosité de l'huile avec ses glacis, ses épaisseurs, ses gestes larges, ses petits retours. Le peintre qui se plait à dialoguer avec le fond qu'il couvre là, laisse en réserve ailleurs et complète encore par petits contours de teintes vives. Mais au fil de l'observation, on sent monter la tension destructrice, le combat contre le "beau" et contre l'étalage de l'ego. Les couleurs vives (orange, bleu) révèlent surtout les autres, plus largement présentes qui du vert poussiéreux aux teintes de béton sale, imposent une distance, presqu'un effroi que conforte encore la monumentalité de l'oeuvre et donc de cette allumette qui, dans les autres toiles exposées, se répète, identiquement penchée dans l'espace plan comme le furent dans la nature les stèles d'acier de Robert Bladen ("Three Elements",1965), l'un des ténors US du minimalisme.

Serait-ce là, le message lancé par Harold Ancart qui, depuis New-York ou Los Angeles et au fil de ses errances et de ses rencontres fortuites, sur de petits bouts de papier, dessine ce motif à la manière d'esquisse préalable aux grands formats et qui, en final, pourrait n'être que la métaphore du péril écologique. Car, en effet, au regard des oeuvres précédentes (depuis les années 2012), un thème revient, entrecoupé par d'implacables abstractions sur fond noir : le paysage. Celui bien réel qu'il aura traversé de part en part à la manière d'un road-movie, celui de l'océan pacifique à Los Angeles ou de l'Atlantique à New-York. Celui plus imaginaire d'icebergs auxquels il aura mis le feu....

Clearing Gallery. Av Van Volsem 311 (1190 Bruxelles).

Mardi-samedi 10h-18h. www.c-l-e-a-r-i-n-g.com

Voilà peut-être la piste à suivre pour approcher le propos porté par cette allumette géante autant que solitaire peinte par Harold Ancart (°1980) et qu'il fige à l'instant du craquement et de la naissance de la flamme. On entend presque le bruit, petite explosion rocailleuse, que fait ce petit morceau de bois soufré et indifférent arraché d'une pochette offerte par l'hôtel de passage ou le restoroute. Or, c'est bien par elle que peut arriver la catastrophe soudaine et incontrôlée. Dans cette nouvelle série, "A match Made in Heaven", le peintre belge aujourd'hui basé à New-York, exaspère l'opposition entre le "peindre" (la cuisine) et la détermination à en refuser la jouissance comme si ce refus contenait une violence annonciatrice d'apocalypse. Il y a en effet, d'une part, le travail qui sent bon l'onctuosité de l'huile avec ses glacis, ses épaisseurs, ses gestes larges, ses petits retours. Le peintre qui se plait à dialoguer avec le fond qu'il couvre là, laisse en réserve ailleurs et complète encore par petits contours de teintes vives. Mais au fil de l'observation, on sent monter la tension destructrice, le combat contre le "beau" et contre l'étalage de l'ego. Les couleurs vives (orange, bleu) révèlent surtout les autres, plus largement présentes qui du vert poussiéreux aux teintes de béton sale, imposent une distance, presqu'un effroi que conforte encore la monumentalité de l'oeuvre et donc de cette allumette qui, dans les autres toiles exposées, se répète, identiquement penchée dans l'espace plan comme le furent dans la nature les stèles d'acier de Robert Bladen ("Three Elements",1965), l'un des ténors US du minimalisme. Serait-ce là, le message lancé par Harold Ancart qui, depuis New-York ou Los Angeles et au fil de ses errances et de ses rencontres fortuites, sur de petits bouts de papier, dessine ce motif à la manière d'esquisse préalable aux grands formats et qui, en final, pourrait n'être que la métaphore du péril écologique. Car, en effet, au regard des oeuvres précédentes (depuis les années 2012), un thème revient, entrecoupé par d'implacables abstractions sur fond noir : le paysage. Celui bien réel qu'il aura traversé de part en part à la manière d'un road-movie, celui de l'océan pacifique à Los Angeles ou de l'Atlantique à New-York. Celui plus imaginaire d'icebergs auxquels il aura mis le feu....