Six millions de masques chirurgicaux et 147.000 masques de type FFP2 sont arrivés ce matin pour soulager quelque peu la pénurie constatée depuis le début de la crise du coronavirus. Il fait suite à un premier "cadeau" émanant de la société chinoise Alibaba, consécutif à une intervention personnelle du roi Philippe, et à une livraison de cinq millions de masques fin de semaine passée.

La bonne nouvelle a été saluée par les différents gouvernements du pays. Les masques seront répartis proportionnellement entre Flandre, Wallonie et Bruxelles. Mais le nombre limité de masques FFP2 continue à préoccuper le personnel soignant : cette protection renforcée est indispensable pour ceux qui soignent le mal en première ligne.

Le manque d'anticipation au sujet du matériel indispensable dans cette pandémie - les masques, mais aussi les tests ou les respirateurs ! - suscite des critiques qui, une fois la crise passée, mériteraient que l'on y réponde lors d'une commission d'enquête parlementaire. La gestion initiale pour le moins hasardeuse de la ministre fédérale serait sur la table, au même titre que les économies réalisées ces dernières années dans le secteur de la santé ou, de façon plus générale, le modèle généré par la mondialisation qui délocalise la production loin de chez nous. Sans oublier ce nouvel épisode effarant selon laquelle "l'an passé, le stock stratégique de masques FFP2 dont disposait la Belgique a été réduit à néant".

Ce week-end, la Première ministre, Sophie Wilmès (MR), a confié la gestion de la lutte contre la pénurie de matériel à un groupe de travail présidé par le ministre Philippe De Backer (Open VLD) et non par Maggie De Block. Une façon discrète de la "déshabiller" politiquement.

La gestion de la ministre de la Santé dans ce domaine a été montrée du doigt depuis l'aube de la crise sanitaire. Outre un manque d'anticipation, un premier appel d'offres avait tourné au fiasco. Le gouvernement belge aurait ainsi été escroqué par des producteurs de masques en Turquie auprès desquels une commande de dix millions de pièces avait été passée. Une plainte a été déposée par le SPF Santé publique. Mahmut Öz, un membre du parti de la ministre de la Santé, se cacherait derrière la société MOSSA VOF qui a emporté le marché avant de se déclarer incapable de fournir les masques promis. 'Je trouve extraordinaire que la ministre De Block n'ait pas enquêté pour savoir si la société a une crédibilité médicale suffisante', s'était émue Kathleen Depoorter, députée N-VA et pharmacienne.

En France aussi, la pénurie de masques et de matériels provoque des critiques incendiaires de la part du personnel de santé. L'ancienne ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, dénonce un manque d'anticipation et se dit "en rage" : on l'avait accusée d'avoir été trop "dépensière" lors de la crise de l'épidémie de grippe A H1N1.

Ce week-end, le groupe de luxe LVMH a annoncé qu'il allait offrir dix millions de masques en France, d'une valeur de cinq millions d'euros. "Calcul rapide. 10 millions masques chirurgicaux et FFP2 = 5 millions d'euros, a tweeté la députée CDH Catherine Fonck, médecin de formation, qui se bat avec force contre la pénurie de matériel médical. Donc 50 cents/masque. Prix habituel environ 60 cents. Prix au marché actuel : jusqu'à 40 fois le prix. La France obtient du volume à un prix concurrentiel. Donc c'est possible! Et c'est urgent!"

En attendant, les productions artisanales de masques se multiplient, tant bien que mal. Chez nous, les virologues ont multiplié les appels pour que la population donne ceux achetés à titre privé.

La priorité est pour l'heure à la lutte contre ce virus ultra-contagieux, mais un jour, il y aura des comptes à rendre. Et ce n'est pas l'incroyable nouvelle selon laquelle six millions de masques ont été détruits sous l'ère de Maggie De Block qui démentira la nécessité d'une commission d'enquête!

Six millions de masques chirurgicaux et 147.000 masques de type FFP2 sont arrivés ce matin pour soulager quelque peu la pénurie constatée depuis le début de la crise du coronavirus. Il fait suite à un premier "cadeau" émanant de la société chinoise Alibaba, consécutif à une intervention personnelle du roi Philippe, et à une livraison de cinq millions de masques fin de semaine passée.La bonne nouvelle a été saluée par les différents gouvernements du pays. Les masques seront répartis proportionnellement entre Flandre, Wallonie et Bruxelles. Mais le nombre limité de masques FFP2 continue à préoccuper le personnel soignant : cette protection renforcée est indispensable pour ceux qui soignent le mal en première ligne. Le manque d'anticipation au sujet du matériel indispensable dans cette pandémie - les masques, mais aussi les tests ou les respirateurs ! - suscite des critiques qui, une fois la crise passée, mériteraient que l'on y réponde lors d'une commission d'enquête parlementaire. La gestion initiale pour le moins hasardeuse de la ministre fédérale serait sur la table, au même titre que les économies réalisées ces dernières années dans le secteur de la santé ou, de façon plus générale, le modèle généré par la mondialisation qui délocalise la production loin de chez nous. Sans oublier ce nouvel épisode effarant selon laquelle "l'an passé, le stock stratégique de masques FFP2 dont disposait la Belgique a été réduit à néant".Ce week-end, la Première ministre, Sophie Wilmès (MR), a confié la gestion de la lutte contre la pénurie de matériel à un groupe de travail présidé par le ministre Philippe De Backer (Open VLD) et non par Maggie De Block. Une façon discrète de la "déshabiller" politiquement.La gestion de la ministre de la Santé dans ce domaine a été montrée du doigt depuis l'aube de la crise sanitaire. Outre un manque d'anticipation, un premier appel d'offres avait tourné au fiasco. Le gouvernement belge aurait ainsi été escroqué par des producteurs de masques en Turquie auprès desquels une commande de dix millions de pièces avait été passée. Une plainte a été déposée par le SPF Santé publique. Mahmut Öz, un membre du parti de la ministre de la Santé, se cacherait derrière la société MOSSA VOF qui a emporté le marché avant de se déclarer incapable de fournir les masques promis. 'Je trouve extraordinaire que la ministre De Block n'ait pas enquêté pour savoir si la société a une crédibilité médicale suffisante', s'était émue Kathleen Depoorter, députée N-VA et pharmacienne.En France aussi, la pénurie de masques et de matériels provoque des critiques incendiaires de la part du personnel de santé. L'ancienne ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, dénonce un manque d'anticipation et se dit "en rage" : on l'avait accusée d'avoir été trop "dépensière" lors de la crise de l'épidémie de grippe A H1N1. Ce week-end, le groupe de luxe LVMH a annoncé qu'il allait offrir dix millions de masques en France, d'une valeur de cinq millions d'euros. "Calcul rapide. 10 millions masques chirurgicaux et FFP2 = 5 millions d'euros, a tweeté la députée CDH Catherine Fonck, médecin de formation, qui se bat avec force contre la pénurie de matériel médical. Donc 50 cents/masque. Prix habituel environ 60 cents. Prix au marché actuel : jusqu'à 40 fois le prix. La France obtient du volume à un prix concurrentiel. Donc c'est possible! Et c'est urgent!"En attendant, les productions artisanales de masques se multiplient, tant bien que mal. Chez nous, les virologues ont multiplié les appels pour que la population donne ceux achetés à titre privé. La priorité est pour l'heure à la lutte contre ce virus ultra-contagieux, mais un jour, il y aura des comptes à rendre. Et ce n'est pas l'incroyable nouvelle selon laquelle six millions de masques ont été détruits sous l'ère de Maggie De Block qui démentira la nécessité d'une commission d'enquête!