Cette nuit, l'habituel ballet se reproduira: à 2 heures, nous passerons à l'heure d'été. Une heure de moins à dormir, un déficit que nombre d'entre nous traîneront avec eux les jours suivants. Il nous faut en moyenne une semaine pour réellement nous adapter à l'heure d'été. Les risques que cela implique sont entre-temps connus. Lundi, le nombre d'accidents de la circulation connaîtra sans doute un nouveau pic. Les statistiques indiquent en effet qu'il se produit jusqu'à deux fois plus d'accidents le premier jour ouvrable de la période estivale.

D'un côté, les conducteurs n'apprécient guère que la luminosité soit soudain retardée d'une heure le matin. D'un autre côté, tout le monde se sent simplement plus fatigué. Ce changement d'heure est en effet une attaque en règle contre notre rythme de sommeil. Cela provoque bien souvent une hausse de la tension et un déséquilibre hormonal. Lundi, chacun pourra également ressentir plus de stress au travail que d'habitude.

Ce genre de changement d'heure perturbe notre biorythme en profondeur. On constate par exemple que des changements constants d'horaire ont un impact sur le biorythme et la santé des travailleurs postés. L'heure d'été, elle, influence la totalité de la population.

Le chaos après l'abrogation?

Il est dès lors important que le passage à l'heure d'été / heure d'hiver soit supprimé. Le fait de jongler deux fois par an avec les aiguilles est tout simplement trop préjudiciable pour notre biorythme. La proposition est sur la table depuis déjà pas mal de temps. Juste avant les élections, le Parlement européen a par ailleurs décrété que 2021 serait la date-butoir pour mettre fin au changement d'heure. Bien qu'une décision définitive ne doive être prise qu'après les élections, le principe de l'heure d'été et de l'heure d'hiver semble bel et bien vivre ses derniers instants.

Les Etats-membres demeurent toutefois les seuls compétents pour décider par eux-mêmes du créneau horaire auquel ils veulent appartenir. Cela signifie que si aucun consensus n'est trouvé, il se pourrait fort bien que chacun n'en fasse qu'à sa tête. En soi, c'est un rien absurde. Nous courons en effet le risque que l'Europe devienne un fouillis chaotique. Il se pourrait par exemple que les Pays-Bas ou la France se retrouvent soudain dans un autre créneau horaire que la Belgique. Il faut dès lors encourager, au minimum, une concertation entre Etats. Des voix se sont déjà élevées pour estimer que notre pays devrait en discuter avec les Pays-Bas.

Certains pays pourraient soumettre la question à leur population par le biais d'un référendum mais ce n'est pas la meilleure manière de trancher. Nous sommes naturellement enclin à opter pour l'heure d'été parce que nous bénéficions plus longtemps de la lumière du jour en soirée et que nous associons cela à du farniente sur la terrasse. Chez nous aussi, l'heure d'été remporterait sans doute aisément les suffrages lors d'une consultation populaire.

De manière étonnante, le Parlement européen semble vouloir conseiller de choisir l'heure d'été. Etonnant dans la mesure où, d'un point de vue purement scientifique, il est logique d'opter de manière permanente pour l'heure d'hiver.

L'heure d'hiver

Principal avantage de l'heure d'hiver: il fait jour plus tôt le matin. Il est plus particulièrement important pour les enfants en âge scolaire que le soleil se lève une heure plus tôt. Par ailleurs, le nombre d'accidents sur les routes devrait normalement s'en trouver réduit.

Bien entendu, l'inconvénient est qu'il fera sombre une heure plus tôt le soir. Mais cela n'a rien de bien grave. En soirée, nous serons moins longtemps exposés à la lumière bleue, ce qui peut favoriser un basculement plus rapide dans les bras de Morphée. Plus la lumière perdure, plus notre corps retarde la production de mélatonine, l'hormone du sommeil.

Bien entendu, la lumière artificielle joue également un rôle dans notre rythme de sommeil mais nous pouvons y remédier dans une large mesure en allant prendre l'air un quart d'heure sur l'heure de midi. Nous bénéficions alors d'un pic de lumière bleu naturelle qui aura pour effet de limiter sensiblement l'influence de la lumière artificielle.

D'un point de vue biologique, nous serions même bien inspirés de franchir un pas supplémentaire et, une fois l'été passé, retarder l'horloge de deux heures, de manière permanente. Nous serions alors en parfaite synchronie avec l'horloge astronomique. Le Royaume-Uni, l'Irlande et le Portugal ont systématiquement une heure de retard sur nous parce que ces pays se situent sur le méridien d'origine. Le soleil atteint son zénith à midi. Chez nous, il n'y parvient qu'à 13 heures puisque la Belgique se trouve dans la zone attenante à ce méridien.

L'Association allemande pour la Recherche sur le sommeil et la Médecine du sommeil (la DGSM) estime, elle aussi, que l'heure d'hiver est le bon choix. Elle estime que le nombre de jours où nous devons nous lever alors que l'obscurité est encore totale à l'extérieur serait tout simplement moins important. L'Allemagne semble donc vouloir prendre sa décision en prenant la science comme fil conducteur. Espérons que tout le monde écoutera bientôt la voix de la raison scientifique.

Préparez-vous à l'heure d'été

Quoi qu'il en soit, c'est une bonne chose qu'un grand pas ait été franchi vers une suppression du changement d'heure. Mais nous ne pouvons malheureusement pas encore y échapper. Ce week-end, nous devrons à nouveau avancer nos montres d'une heure. La semaine prochaine, l'obscurité s'attardera donc un peu plus le matin. Le passage à l'heure d'été est le plus dur à supporter par notre biorythme. Vous pouvez heureusement prendre quelques mesures pour faciliter la transition.

Une bonne méthode est d'aller dormir un peu plus tôt les jours qui précèdent le changement d'heure. Et mieux vaut vous obliger à vous lever dès que le réveil sonne de telle sorte à mieux profiter de la lumière et de l'ambiance sonore. C'est même une bonne idée de reporter de quelques jours ou d'une semaine les tâches à risques. Voyez cela comme un décalage horaire (jetlag) dont vous mettez quelque temps à vous remettre.

En octobre, après un été que nous espérons revigorant, nous passerons à nouveau à l'heure d'hiver. Espérons que nous le ferons pour la toute dernière fois dans deux ans...

Cette nuit, l'habituel ballet se reproduira: à 2 heures, nous passerons à l'heure d'été. Une heure de moins à dormir, un déficit que nombre d'entre nous traîneront avec eux les jours suivants. Il nous faut en moyenne une semaine pour réellement nous adapter à l'heure d'été. Les risques que cela implique sont entre-temps connus. Lundi, le nombre d'accidents de la circulation connaîtra sans doute un nouveau pic. Les statistiques indiquent en effet qu'il se produit jusqu'à deux fois plus d'accidents le premier jour ouvrable de la période estivale.D'un côté, les conducteurs n'apprécient guère que la luminosité soit soudain retardée d'une heure le matin. D'un autre côté, tout le monde se sent simplement plus fatigué. Ce changement d'heure est en effet une attaque en règle contre notre rythme de sommeil. Cela provoque bien souvent une hausse de la tension et un déséquilibre hormonal. Lundi, chacun pourra également ressentir plus de stress au travail que d'habitude.Ce genre de changement d'heure perturbe notre biorythme en profondeur. On constate par exemple que des changements constants d'horaire ont un impact sur le biorythme et la santé des travailleurs postés. L'heure d'été, elle, influence la totalité de la population.Le chaos après l'abrogation?Il est dès lors important que le passage à l'heure d'été / heure d'hiver soit supprimé. Le fait de jongler deux fois par an avec les aiguilles est tout simplement trop préjudiciable pour notre biorythme. La proposition est sur la table depuis déjà pas mal de temps. Juste avant les élections, le Parlement européen a par ailleurs décrété que 2021 serait la date-butoir pour mettre fin au changement d'heure. Bien qu'une décision définitive ne doive être prise qu'après les élections, le principe de l'heure d'été et de l'heure d'hiver semble bel et bien vivre ses derniers instants.Les Etats-membres demeurent toutefois les seuls compétents pour décider par eux-mêmes du créneau horaire auquel ils veulent appartenir. Cela signifie que si aucun consensus n'est trouvé, il se pourrait fort bien que chacun n'en fasse qu'à sa tête. En soi, c'est un rien absurde. Nous courons en effet le risque que l'Europe devienne un fouillis chaotique. Il se pourrait par exemple que les Pays-Bas ou la France se retrouvent soudain dans un autre créneau horaire que la Belgique. Il faut dès lors encourager, au minimum, une concertation entre Etats. Des voix se sont déjà élevées pour estimer que notre pays devrait en discuter avec les Pays-Bas.Certains pays pourraient soumettre la question à leur population par le biais d'un référendum mais ce n'est pas la meilleure manière de trancher. Nous sommes naturellement enclin à opter pour l'heure d'été parce que nous bénéficions plus longtemps de la lumière du jour en soirée et que nous associons cela à du farniente sur la terrasse. Chez nous aussi, l'heure d'été remporterait sans doute aisément les suffrages lors d'une consultation populaire.De manière étonnante, le Parlement européen semble vouloir conseiller de choisir l'heure d'été. Etonnant dans la mesure où, d'un point de vue purement scientifique, il est logique d'opter de manière permanente pour l'heure d'hiver.L'heure d'hiverPrincipal avantage de l'heure d'hiver: il fait jour plus tôt le matin. Il est plus particulièrement important pour les enfants en âge scolaire que le soleil se lève une heure plus tôt. Par ailleurs, le nombre d'accidents sur les routes devrait normalement s'en trouver réduit.Bien entendu, l'inconvénient est qu'il fera sombre une heure plus tôt le soir. Mais cela n'a rien de bien grave. En soirée, nous serons moins longtemps exposés à la lumière bleue, ce qui peut favoriser un basculement plus rapide dans les bras de Morphée. Plus la lumière perdure, plus notre corps retarde la production de mélatonine, l'hormone du sommeil.Bien entendu, la lumière artificielle joue également un rôle dans notre rythme de sommeil mais nous pouvons y remédier dans une large mesure en allant prendre l'air un quart d'heure sur l'heure de midi. Nous bénéficions alors d'un pic de lumière bleu naturelle qui aura pour effet de limiter sensiblement l'influence de la lumière artificielle.D'un point de vue biologique, nous serions même bien inspirés de franchir un pas supplémentaire et, une fois l'été passé, retarder l'horloge de deux heures, de manière permanente. Nous serions alors en parfaite synchronie avec l'horloge astronomique. Le Royaume-Uni, l'Irlande et le Portugal ont systématiquement une heure de retard sur nous parce que ces pays se situent sur le méridien d'origine. Le soleil atteint son zénith à midi. Chez nous, il n'y parvient qu'à 13 heures puisque la Belgique se trouve dans la zone attenante à ce méridien.L'Association allemande pour la Recherche sur le sommeil et la Médecine du sommeil (la DGSM) estime, elle aussi, que l'heure d'hiver est le bon choix. Elle estime que le nombre de jours où nous devons nous lever alors que l'obscurité est encore totale à l'extérieur serait tout simplement moins important. L'Allemagne semble donc vouloir prendre sa décision en prenant la science comme fil conducteur. Espérons que tout le monde écoutera bientôt la voix de la raison scientifique.Préparez-vous à l'heure d'étéQuoi qu'il en soit, c'est une bonne chose qu'un grand pas ait été franchi vers une suppression du changement d'heure. Mais nous ne pouvons malheureusement pas encore y échapper. Ce week-end, nous devrons à nouveau avancer nos montres d'une heure. La semaine prochaine, l'obscurité s'attardera donc un peu plus le matin. Le passage à l'heure d'été est le plus dur à supporter par notre biorythme. Vous pouvez heureusement prendre quelques mesures pour faciliter la transition.Une bonne méthode est d'aller dormir un peu plus tôt les jours qui précèdent le changement d'heure. Et mieux vaut vous obliger à vous lever dès que le réveil sonne de telle sorte à mieux profiter de la lumière et de l'ambiance sonore. C'est même une bonne idée de reporter de quelques jours ou d'une semaine les tâches à risques. Voyez cela comme un décalage horaire (jetlag) dont vous mettez quelque temps à vous remettre.En octobre, après un été que nous espérons revigorant, nous passerons à nouveau à l'heure d'hiver. Espérons que nous le ferons pour la toute dernière fois dans deux ans...