Bart De Pauw, ex-réalisateur et vedette de la télévision flamande a été accusé d'avoir harcelé plusieurs collaboratrices en leur envoyant des messages sexuellement explicites pendant plus de dix ans. Cette affaire, particulièrement médiatisée en Flandre, n'est pas sans rappeler une autre histoire similaire qui s'est déroulé aux États-Unis. Certains la qualifient d'ailleurs de l'"affaire Weinstein flamande".

Après un procès de plusieurs semaines, le verdict est tombé: le tribunal correctionnel de Malines a estimé l'ancien producteur de télévision flamand Bart De Pauw coupable et le condamne à six mois de prison avec sursis. Une décision qui ne pouvait pas mieux tomber. Elle prend tout son sens en cette Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, ce jeudi 25 novembre.

Un homme à multiples casquettes

Le dossier, lourd de 2000 pages, a fait grand bruit au nord du pays. Et pour cause: ce "Bekende Vlaming" a multiplié les casquettes dans le monde audiovisuel flamand. Présentateur, acteur, réalisateur et humoriste... Ce personnage avait du poids dans le secteur. De quoi intimider de nombreuses femmes qui, par crainte de ne plus trouver de travail, ont longtemps refusé de dénoncer ces agissements.

Certaines ont même dû être suivies par un psychologue. Toutes disent regretter devoir passer par un tribunal. Elles auraient plutôt souhaité que Bart De Pauw présente publiquement ses excuses et qu'il cesse immédiatement ces comportements intrusifs.

1 euro symbolique

Bart De Pauw a été reconnu coupable de faits de harcèlement envers Liesa Naert, Ella-June Henrard, Ellen Lloyd et deux autres collaboratrices, apparues comme victimes au cours de l'enquête, mais qui ne se sont pas constituées parties civiles.

Les réclamations de Liesa Naert, Ellen Lloyd et Ella-June Henrard ont été déclarées recevables et fondées. Elles recevront chacune un euro, comme elles le réclamaient en guise de dédommagement symbolique, et un droit de réparation. La réclamation de Lize Feryn a été déclarée recevable mais non fondée, et celle de l'Institut pour l'égalité entre les femmes et les hommes a été déclarée non fondée.

Le tribunal a informé M. De Pauw de son droit de faire appel de la décision. "Nous allons d'abord bien étudier le jugement", a réagi son avocat Me Michael Verhaeghe.

De leur côté, les parties civiles se sont dites satisfaites du jugement et du fait que "le comportement de M. De Pauw ait été reconnu comme étant punissable", a indiqué Me Christine Mussche. Mussche reconnaît la condamnation de De Pauw comme un soulagement pour les victimes et un signal fort à la société. "Ce verdict revêt une grande importance sociale. Cela montre qu'un tel comportement ne reste pas impuni, même si l'auteur est un personnage de télévision aimé, prospère et puissant", a-t-elle déclaré. "C'est grâce au courage, aux témoignages et aux preuves apportées par toutes ces femmes que ce genre de comportement peut être révélé au grand jour et poursuivi."

Les conséquences d'un changement de mentalité

À l'issue de l'audience, l'avocat du producteur flamand, Me Michael Verhaeghe, a fait part de la déception de son client. Il estime que Bart De Pauw a été sévèrement puni alors que seule une partie des faits de harcèlement a été prouvée. "Il s'agit d'un fait qui concerne Liesa Naert, d'un conflit d'affaires avec Ellen Perqui qui a dégénéré, d'un incident de 2007 avec Els Talloen, 10 ans avant que l'affaire n'éclate, et de faits contre Ella-June Henrard et Ellen Lloyd, pour lesquels il s'est largement excusé à l'audience", déplore l'avocat.

"Le procureur et les parties civiles voulaient qu'il s'agenouille en signe d'excuse pour les 13 femmes, mais nous n'en sommes heureusement pas arrivés là. Il paie les frais d'un changement de mentalité dans la société. Nous allons laisser couler et envisager les prochaines étapes", a ajouté Michael Verhaeghe.

Bart De Pauw, ex-réalisateur et vedette de la télévision flamande a été accusé d'avoir harcelé plusieurs collaboratrices en leur envoyant des messages sexuellement explicites pendant plus de dix ans. Cette affaire, particulièrement médiatisée en Flandre, n'est pas sans rappeler une autre histoire similaire qui s'est déroulé aux États-Unis. Certains la qualifient d'ailleurs de l'"affaire Weinstein flamande". Après un procès de plusieurs semaines, le verdict est tombé: le tribunal correctionnel de Malines a estimé l'ancien producteur de télévision flamand Bart De Pauw coupable et le condamne à six mois de prison avec sursis. Une décision qui ne pouvait pas mieux tomber. Elle prend tout son sens en cette Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, ce jeudi 25 novembre.Le dossier, lourd de 2000 pages, a fait grand bruit au nord du pays. Et pour cause: ce "Bekende Vlaming" a multiplié les casquettes dans le monde audiovisuel flamand. Présentateur, acteur, réalisateur et humoriste... Ce personnage avait du poids dans le secteur. De quoi intimider de nombreuses femmes qui, par crainte de ne plus trouver de travail, ont longtemps refusé de dénoncer ces agissements.Certaines ont même dû être suivies par un psychologue. Toutes disent regretter devoir passer par un tribunal. Elles auraient plutôt souhaité que Bart De Pauw présente publiquement ses excuses et qu'il cesse immédiatement ces comportements intrusifs.Bart De Pauw a été reconnu coupable de faits de harcèlement envers Liesa Naert, Ella-June Henrard, Ellen Lloyd et deux autres collaboratrices, apparues comme victimes au cours de l'enquête, mais qui ne se sont pas constituées parties civiles. Les réclamations de Liesa Naert, Ellen Lloyd et Ella-June Henrard ont été déclarées recevables et fondées. Elles recevront chacune un euro, comme elles le réclamaient en guise de dédommagement symbolique, et un droit de réparation. La réclamation de Lize Feryn a été déclarée recevable mais non fondée, et celle de l'Institut pour l'égalité entre les femmes et les hommes a été déclarée non fondée. Le tribunal a informé M. De Pauw de son droit de faire appel de la décision. "Nous allons d'abord bien étudier le jugement", a réagi son avocat Me Michael Verhaeghe. De leur côté, les parties civiles se sont dites satisfaites du jugement et du fait que "le comportement de M. De Pauw ait été reconnu comme étant punissable", a indiqué Me Christine Mussche. Mussche reconnaît la condamnation de De Pauw comme un soulagement pour les victimes et un signal fort à la société. "Ce verdict revêt une grande importance sociale. Cela montre qu'un tel comportement ne reste pas impuni, même si l'auteur est un personnage de télévision aimé, prospère et puissant", a-t-elle déclaré. "C'est grâce au courage, aux témoignages et aux preuves apportées par toutes ces femmes que ce genre de comportement peut être révélé au grand jour et poursuivi."À l'issue de l'audience, l'avocat du producteur flamand, Me Michael Verhaeghe, a fait part de la déception de son client. Il estime que Bart De Pauw a été sévèrement puni alors que seule une partie des faits de harcèlement a été prouvée. "Il s'agit d'un fait qui concerne Liesa Naert, d'un conflit d'affaires avec Ellen Perqui qui a dégénéré, d'un incident de 2007 avec Els Talloen, 10 ans avant que l'affaire n'éclate, et de faits contre Ella-June Henrard et Ellen Lloyd, pour lesquels il s'est largement excusé à l'audience", déplore l'avocat. "Le procureur et les parties civiles voulaient qu'il s'agenouille en signe d'excuse pour les 13 femmes, mais nous n'en sommes heureusement pas arrivés là. Il paie les frais d'un changement de mentalité dans la société. Nous allons laisser couler et envisager les prochaines étapes", a ajouté Michael Verhaeghe.