Certains le qualifient d'"affaire Weinstein flamande". Ce mercredi 13 octobre s'ouvre le procès de Bart De Pauw, ex-réalisateur, acteur et présentateur, notamment pour la chaîne de télévision VRT. Bart De Pauw, 53 ans, est accusé d'avoir harcelé au moins treize femmes avec lesquelles il travaillait en leur envoyant des messages sexuellement explicites pendant plus de dix ans. L'une d'entre elles en a comptabilisé plus de 900 dans son téléphone envoyés en à peine trois semaines. Bart De Pauw aurait même été jusqu'à se rendre au domicile de certaines de celles qui affirment être ses victimes. A la différence de l'Affaire Weinstein, il n'y aurait pas eu d'agressions sexuelles. Le dossier concernant l'ex-producteur flamand est lourd de 2000 pages.
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Certains le qualifient d'"affaire Weinstein flamande". Ce mercredi 13 octobre s'ouvre le procès de Bart De Pauw, ex-réalisateur, acteur et présentateur, notamment pour la chaîne de télévision VRT. Bart De Pauw, 53 ans, est accusé d'avoir harcelé au moins treize femmes avec lesquelles il travaillait en leur envoyant des messages sexuellement explicites pendant plus de dix ans. L'une d'entre elles en a comptabilisé plus de 900 dans son téléphone envoyés en à peine trois semaines. Bart De Pauw aurait même été jusqu'à se rendre au domicile de certaines de celles qui affirment être ses victimes. A la différence de l'Affaire Weinstein, il n'y aurait pas eu d'agressions sexuelles. Le dossier concernant l'ex-producteur flamand est lourd de 2000 pages.L'affaire est peu médiatisée en Wallonie, mais elle fait les choux gras des médias flamands. Si l'affaire fait grand bruit au nord du pays, c'est parce que ce BV ("Bekende vlaming") occupait depuis trente ans l'avant-scène du paysage médiatique en tant que présentateur, acteur, réalisateur et humoriste. Bart De Pauw, véritable vedette , s'est ainsi fait connaître notamment pour les programmes TV comme "De Mol" ("La taupe"), l'un des programmes cultes de la télé flamande ou encore la série "Het geslacht De Pauw". Il présentait aussi "Twee tot de zesde macht", le quiz du dimanche soir, le grand rendez-vous cathodique en Flandre. L'affaire remonte à novembre 2017. Bart De Pauw avait annoncé lui-même dans une vidéo que son principal employeur, la VRT, venait de mettre un terme à toute collaboration avec lui. À l'époque, le service médiation de la chaîne avait reçu plusieurs signalements anonymes concernant ses agissements douteux. L'affaire a éclaté en plein scandale #Metoo et les révélations sur le producteur américain, Harvey Weinstein.L'ex-vedette du petit écran fait face à treize accusatrices. Neuf d'entre elles se sont constituées parties civiles. Parmi celles-ci, figurent des actrices principalement connues au Nord du pays : Maaike Cafmeyer, Liesa Naert, Lize Feryn, ou encore Ella-June Henrard. L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes s'est également constitué partie civile et est représenté par trois personnes, dont sa directrice adjointe Liesbet Stevens.Les femmes impliquées dans cette affaire expliquent que les agissements de Bart De Pauw ont eu un énorme impact sur leur vie. L'homme étant très influent dans le monde audiovisuel flamand, elles disent avoir eu peur de dénoncer ses agissements et de ne plus trouver de travail dans le secteur. Certaines ont dû être suivies par un psychologue. Toutes disent regretter devoir passer par un tribunal. Elles auraient plutôt souhaité que Bart De Pauw présente publiquement ses excuses et qu'il cesse immédiatement ces comportements intrusifs. La défense des plaignantes a suggéré que le producteur avoue les faits et qu'il rembourse les frais d'assistance psychologique. Une tentative de médiation a eu lieu, mais elle a échoué.Sur les bancs des parties civiles se trouvent à l'entame du procès ce mercredi matin sept des treize femmes qui sont ressorties de l'enquête en tant que victimes présumées. Les parties civiles sont représentées par Christine Mussche et An-Sofie Raes. "Mes clientes étaient toutes âgées d'une petite vingtaine d'années, voulaient orienter leur carrière dans le monde des médias et ont été abordées d'une manière inappropriée - malsaine, de leur point de vue - par leur patron, qui était aussi leur idole", a déclaré l'avocate Christine Mussche à son arrivée au tribunal. "Nous allons enfin pouvoir prendre la parole et tenterons de le faire aussi sereinement que possible."Une sérénité qu'il sera cependant difficile de conserver en abordant le contenu de l'affaire, prévient Me Mussche, qui défend les intérêts de quatre actrices, deux costumières et trois stagiaires. "Nous allons devoir exposer des faits relevant de la vie privée des parties." Pour l'avocate, le procès aurait pu être évité si Bart De Pauw avait "simplement reconnu son comportement fautif, potentiellement punissable", "convenu que ceci n'aurait pas dû se passer" et "garanti que ces faits ne se reproduiraient plus à l'avenir".De son côté, Bart De Pauw a estimé mercredi matin que ce procès, "attendu depuis quatre ans et bien préparé", serait certainement "brutal". "C'est une bonne chose qu'il puisse enfin commencer. Je serai content quand ce sera derrière moi", a souligné le quinquagénaire.Jeudi, la parole sera donnée aux avocats de De Pauw. Il est défendu par John Maes et Michaël Verhaeghe, qui plaident l'acquittement et sont d'avis qu'il n'est pas question de crime. Si Bart De Pauw est reconnu coupable, il risque une peine maximale de deux ans de prison. Ce montant peut être doublé s'il s'avère que les victimes se trouvaient dans une position vulnérable.Un verdict est attendu au plus tôt quatre semaines après le dernier jour du procès, soit le mercredi 10 novembre. Toutefois, il est possible que le tribunal prenne plus de temps et que le verdict ne soit pas prêt avant décembre, rapporte Het Nieuwsblad. Entre-temps, De Pauw a aussi entamé une procédure civile contre la VRT auprès du tribunal de Bruxelles. De Pauw, sa société de production et sa famille estiment que la fin de leur coopération était prématurée et a entraîné un énorme préjudice de réputation. Au total, ils réclament quelque 12 millions d'euros de dommages et intérêts à la chaîne publique.