Il y a un an, après des mois de confinement, de bulles sociales, d'école en distanciel ou en mode hybride, la mise au point de vaccins contre la Covid-19 avait suscité un espoir immense - "Un espoir à plusieurs inconnues", titrions-nous alors.
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Il y a un an, après des mois de confinement, de bulles sociales, d'école en distanciel ou en mode hybride, la mise au point de vaccins contre la Covid-19 avait suscité un espoir immense - "Un espoir à plusieurs inconnues", titrions-nous alors. Un an plus tard, beaucoup d'inconnues entourant ces vaccins ont été levées. On a appris comment les produire, les distribuer, les administrer et dans quel ordre. On connaît leur coût et leur prix. On se souvient aussi qu'ils nous ont autorisés à renouer avec nos proches, à déconfiner, à reprendre des activités en extérieur d'abord, en intérieur ensuite. On sait qu'ils ont permis de faire descendre la pression sur les hôpitaux, de reprendre le chemin de l'école et du travail, de partir en vacances. De rouvrir les restaurants, les salles de spectacle, les discothèques. Un an plus tard, on a aussi découvert leurs limites. On a constaté que leur protection s'étiolait avec le temps et que leur efficacité s'avérait moindre contre le variant Delta que contre la forme originelle du virus.Mais on sait surtout que dans la boîte à outils dans laquelle se trouvent des masques, du gel hydro- alcoolique, du télétravail, des locaux aérés, des autotests, des quarantaines, des gestes barrières, un Covid safe ticket, ils restent toujours l'outil le plus efficace à notre disposition pour contrôler l'épidémie, freiner les contaminations, éviter une catastrophe sanitaire et empêcher les formes graves de la maladie. C'est essentiel à rappeler. Leur utilité est à ce point validée par la communauté scientifique et les poches de résistance aux vaccins si difficiles à vaincre que les termes "obligation vaccinale" commencent à remplacer le "gratuit et sur base volontaire" dans certaines prises de position politiques. Et pas que pour le personnel soignant pour lequel cette obligation a été actée et semble évidente. Pourtant, l'urgence n'est pas là. Elle est de contrôler l'épidémie, par une utilisation efficiente de notre boîte à outils. Elle est d'éviter d'accentuer les divisions de la société. Et aujourd'hui, l'obligation vaccinale, trop longue à mettre en place, trop clivante, ne rencontrerait aucune de ces deux urgences.Ce n'est pas pour autant que ce débat ne doit pas être tenu. Il doit l'être, mais de manière sereine et apaisée. Pour que des experts scientifiques, bioéthiques, sociaux, psychologiques, juridiques puissent prendre le temps de confronter leurs arguments, de mettre dans la balance les avantages et les inconvénients, d'évaluer le pour et le contre. De mener un débat démocratique. Mais brandir l'obligation vaccinale pour tous comme un épouvantail effrayant est inutile, même dommageable.