L'école était le dernier temple à sauvegarder lors de cette deuxième vague de l'épidémie: il n'était pas question de les fermer pour ganrantir les apprentissages et préserver le bien-être psychologique des enfants. Puis, soudain, dimanche soir sur le coup de 19h39, un communiqué annonçait la fermeture des écoles secondaires ces 28, 29 et 30 octobre, avant des congés de Toussaint déjà prolongés de trois jours. Du moins, l'arrêt des cours en présentiel.
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L'école était le dernier temple à sauvegarder lors de cette deuxième vague de l'épidémie: il n'était pas question de les fermer pour ganrantir les apprentissages et préserver le bien-être psychologique des enfants. Puis, soudain, dimanche soir sur le coup de 19h39, un communiqué annonçait la fermeture des écoles secondaires ces 28, 29 et 30 octobre, avant des congés de Toussaint déjà prolongés de trois jours. Du moins, l'arrêt des cours en présentiel.L'école n'était soi-disant pas un foyer pour l'épidémie, mais la multiplication des cas, un rapport alarmiste du groupe d'experts (Celeval) affirmant qu'il n'y a plus de remparts possibles pour les écoles et la difficulté d'organiser les cours dans certains établissement ont contraint la Fédération Wallonie-Bruxelles à agir. "Il s'agit bien d'une suspension de la présence physique à l'école pour les élèves du secondaire durant ces trois jours et non d'un congé supplémentaire, insistent le ministre-président francophone, Pierre-Yves Jeholet (MR), et sa collègue de l'Education, Caroline Désir (PS). Il sera demandé aux équipes éducatives de proposer des travaux et un enseignement à distance pour les élèves pendant cette période." Une réunion est programmée ce lundi pour définir les modalités de l'exercice.Cette décision, si elle est compréhensible, ne va pas sans de nouvelles questions.Premièrement, pourquoi annoncer ce choix un dimanche soir, subitement, alors que la Fédération Wallonie-Bruxelles avait déjà décidé de mesures nouvelles vendredi soir? C'est comme s'il s'agissait d'ajouter de la confusion à la confusion: l'annonce a été faite en fin de JT de la RTBF en citant comme source des collègues de la presse quotidienne. Cela concerne quand même 360 000 élèves! Quant aux parents, à eux de s'organiser...Deuxièmement, comment n'anticipe-t-on pas la perspective d'un tel enseignement à distance? Le ministre-président francophone a certes annoncé des investissements bien utiles dans l'nformatisation des écoles et la ministre de l'Education précise que des formations ont eu lieu pour aider les enseignants à gérer les cours par vidéoconférence. Toujours est-il que bien des parents et élèves ont reçu un message ces dernières heures leur demandant d'installer Teams sur leur ordinateur en attendant mieux. Les informations complémentaires au sujet des contrôles prévus cette semaine seront pour plus tard. Et malheureusement, l'école francophone reste encore un parent(très) pauvre de l'ère numérique.Troisièmement, n'est-ce pas là une décision d'une inéquité profonde sur le plan social? Tous les élèves ne sont pas forcément équipés pour suivre de tels cours à distance, y compris dans des familles de la classe moyenne, d'ailleurs. Lors de la décision similaire pour les universités, il avait été prévu une possibilité de présentiel pour les étudiants ne disposant pas d'un ordinateur: sera-ce le cas ici?Quatrièmement, et sans jouer le mauvais esprit, n'est-ce pas un souci en Région bruxelloise où, en cette fin de semaine, les écoles francophones seront fermées et les écoles flamandes ouvertes?L'impression prévaut que l'on joue une nouvelle fois les apprentis sorciers. Bien sûr, le virus est méconnu, la deuxième vague est particulièrement virulente et nécessité fait loi. Mais quand même...