La grève de la faim de quelque 500 sans-papiers fait monter la température dans la majorité fédérale. Entamée le 23 mai, elle suscite désormais l'inquiétude en raison de la dégradation de la situation sanitaire dans l'Eglise du Béguinage, à Molenbeek.
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La grève de la faim de quelque 500 sans-papiers fait monter la température dans la majorité fédérale. Entamée le 23 mai, elle suscite désormais l'inquiétude en raison de la dégradation de la situation sanitaire dans l'Eglise du Béguinage, à Molenbeek.Le PS et Ecolo rivalisent d'ardeur pour exprimer leur volonté de trouver une "solution humaine" à cette situation dramatique. Tout en reconnaissant qu'une régulation collective ne figure pas dans l'accord de majorité fédéral, ils... plaident néanmoins en ce sens.Pierre-Yves Dermagne, vice-Premier ministre PS, juge cette situation est très inquiétante et l'exprime encore ce matin à La Libre. "Elle est même insupportable" dit-il. "Nous appelons Sammy Mahdi à se saisir de cette question. C'est également la raison pour laquelle nous avons exigé la tenue d'une conférence interministérielle pour trouver des solutions sur le court et le moyen terme."Le vice-Premier socialiste ajoute: "Nous sommes conscients que nous avons des problèmes pour engendrer une régularisation collective. Et cela ne figure pas dans l'accord de gouvernement. Mais nous espérons un compromis rapidement pour trouver des solutions."Le PS avait déjà publié un communiqué en ce sens à la fin de la semaine dernière. Jean-Marc Nollet, coprésident d'Ecolo, ne disait pas autre chose durant le week-end: "La situation des sans-papiers grévistes de la faim ne peut nous laisser insensibles, soulignait-il. J'ai parfaitement conscience que l'accord de gouvernement ne prévoit pas de régularisation collective. Mais je sais aussi que le secrétaire d'État a la marge de manoeuvre pour trouver des solutions humaines."Depuis, c'est le blocage, du moins en façade. Plusieurs députés écologistes ont publié une carte blanche dans Le Vif pour le regretter. "Nous déplorons le blocage politique qui empêche le moindre débat rationnel sur les questions migratoires, et particulièrement celle des personnes sans-papiers", soulignaient Saskia Bricmont, Simon Moutquin et Marie Lecocq, députés écologistes.Lire aussi: Exploitée et sans-droits, les personnes sans-papiers envoient un ultime appel de détresseAu sein de la majorité, on s'irrite de plus en plus de cet axe PS-Ecolo qui a déjà taillé des croupières à l'accord de gouvernement en matière de neutralités des services publics.Georges-Louis Bouchez, président du MR, relaie un message d'un militant libéral déplorant un "silence médiatique" (sic) au sujet de la volonté du PS et d'Ecolo d'aller à l'encontre de l'accord de gouvernement, alors que le MR est souvent critiqué malgré qu'il reste dans le strict cadre dudit accord.Sous la pression de la N-VA et du Belang en Flandre, le CD&V maintient une ligne ferme: "Il n'est pas question que quelqu'un soit reconnu sur la base du fait d'avoir travailler dix ans en noir chez nous en étant exploité", rappelait encore Sammy Mahdi mardi soir à la VRT. C'est répété: il ne veut pas de régularisation collective comme en 2000 et en 2009.Le bras de fer est en cours.Ces tensins se déroulent en outre sur fond...de débauchage. Le président du MR a présenté ce mercredi matin le ralliement de Sebastian Pirlot (PS), bourgmestre de Chiny. "Les scissions avec le PS furent nombreuses et j'ai décidé de quitter le PS au terme d'un long cheminement personnel, a souligné ce dernier. Le programme économique irréaliste des dernières élections, le manque d'intérêt envers les enjeux des communes rurales, ainsi que dernièrement la position alambiquée sur le débat de la neutralité ont achevé de remettre en question mon appartenance politique."Ambiance entre partenaires de la Vivaldi.