Un salon avec une porte a été installé devant le palais de justice pour symboliser l'hébergement solidaire des migrants. "C'est dans leurs salons que les hébergeurs ont accueilli les migrants, qu'ils ont fait preuve d'humanité", a commenté un membre du collectif Solidarity is not a crime, à l'initiative de ce rassemblement. "Cet endroit doit rester un lieu où les personnes se sentent en sécurité quand elles accueillent ou quand elles sont accueillies."

Dans cette affaire, 12 personnes ont été inculpées pour organisation criminelle et trafic d'êtres humains. Onze ont été renvoyées devant le tribunal de première instance francophone de Bruxelles, la dernière ne se trouvant plus sur le territoire belge, précise Isabelle Fagot, du collectif.

Des discours ont ponctué la manifestation de soutien, prononcés notamment par une hébergeuse, le Ciré et le directeur de Médecins du monde. L'avocate Selma Benkhelifa de Progress Lawyers Network a en outre dénoncé le détournement du droit à des fins politiques et a remarqué que les personnes issues de l'immigration ont été gardées en prison plus longtemps que les autres.

Sur les quatre personnes qui affirment avoir seulement hébergé des migrants, seul son client Walid, un Tunisien de 42 ans en situation régulière sur le territoire belge, a été maintenu en détention huit mois durant, au même titre que les migrants accusés. Une haie d'honneur a accompagné les inculpés du monument à l'Infanterie belge jusqu'à l'entrée du palais sous des applaudissements nourris. "On a applaudi pour leur dire de ne pas avoir peur et qu'on devait croire qu'il était possible dans notre pays de mener ce type d'actions de solidarité", a expliqué un manifestant.

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