Comme si la Covid-19 ne suffisait pas... Le monde de l'enseignement flamand est sur des charbons ardents, théâtre d'un affrontement peu commun entre ses deux grands réseaux. Entre la chapelle catholique et la filière officielle, la hache d'une nouvelle guerre scolaire est déterrée.
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Comme si la Covid-19 ne suffisait pas... Le monde de l'enseignement flamand est sur des charbons ardents, théâtre d'un affrontement peu commun entre ses deux grands réseaux. Entre la chapelle catholique et la filière officielle, la hache d'une nouvelle guerre scolaire est déterrée. A l'origine de la bisbrouille, une importantissime réforme des eindtermen, ces objectifs minimums d'apprentissage que devront atteindre les élèves des deuxième et troisième degrés du secondaire (de la 3e à la 6e année). Ces requis réactualisés n'ont pas fini de faire couler de l'encre depuis que l'école catholique a déclaré les ressentir comme l'introduction d'une "pédagogie d'Etat" trop peu respectueuse de l'autonomie des établissements scolaires et, de ce fait, nuisible à ses intérêts. Leur adoption à l'unanimité par le parlement flamand, en février dernier, n'a en rien émoussé sa volonté d'en découdre avec les autorités flamandes ni sa détermination à obtenir auprès de la Cour constitutionnelle la suspension avant l'annulation de ces eindtermen. Le plus tôt sera le mieux alors que se profile une nouvelle année scolaire mais que la parution du texte de loi au Moniteur belge, étape indispensable au déclenchement des hostilités sur le terrain juridique, se fait attendre en raison d'une traduction en français toujours en cours. Ecoles sous pression, enseignants dans l'incertitude, l'hypothèse d'un retour en classe chahuté le 1er septembre gagne du terrain. C'est mû par ce sens de l'urgence et le devoir d'assurer la continuité à l'enseignement que Go! , le réseau officiel, se lance à son tour dans la bataille en annonçant qu'il se range au côté du gouvernement Jambon (N-VA - CD&V - Open VLD) pour contrer la démarche catholique devant la Cour constitutionnelle. Un allié de poids que le porteur de la réforme, le ministre de l'Enseignement Ben Weyts (N-VA), agréablement surpris par ce renfort, jure n'avoir nullement sollicité mais qu'il sait apprécier à sa juste valeur.