Ilse Uyttersprot, retrouvée morte ce mardi, fut bourgmestre d'Alost entre 2007 et 2012 et députée à la Chambre entre 2007 et 2010. Depuis, elle était rentrée dans le rang en tant qu'échevine, sans avoir renouvelé son poste au fédéral. Sa disparition dans un événement violent, dont les circonstances exactes restent à déterminer provoque une onde de choc en Flandre.
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Ilse Uyttersprot, retrouvée morte ce mardi, fut bourgmestre d'Alost entre 2007 et 2012 et députée à la Chambre entre 2007 et 2010. Depuis, elle était rentrée dans le rang en tant qu'échevine, sans avoir renouvelé son poste au fédéral. Sa disparition dans un événement violent, dont les circonstances exactes restent à déterminer provoque une onde de choc en Flandre.Si tout mobile politique semble écarté, les faits pourraient réveiller un débat politiquement sensible au sujet de la violence conjugale. L'homme, qui a été arrêté pour meurtre ou homicide involontaire, aurait une relation avec l'élue depuis trois mois et aurait déjà été condamné précédemment pour des faits d'actes violents sur une femme.Lire aussi: l'ancienne bourgmestre d'Alost retrouvée morteCette élue locale symbolisait la force du CD&V dans les communes de Flandre, à la tête d'une ville stratégique aux portes de Bruxelles. Comme souvent, elle était issue d'une dynastie familliale: elle n'était autre que la fille de Raymond Uyttersprot, bourgmestre CVP de Moortsel puis, après la fusion des communes, d'Alost entre 1983 et 1987. En 2012, Alost a basculé entre les mains de Christoph D'Haese, un ex-avocat libéral proche de Marc Verwilghen (ancien président de la commission Dutroux) ayant rejoint la N-VA. La ville est devenue un lieu sensible où l'extrême droite a prospéré et où la N-VA a engrangé. Les images caricaturales de son carnaval, notamment les images de Juifs rappelant de sombres souvenirs, ont placé la cité de façon peu glorieuse sur la carte du monde.Ilse Uyttersprot a dû faire contre fortune bon coeur. Elle est restée échevine à l'avènement de son successeur, mais les relations n'ont jamais été simples dans ce contexte politique délicat. En novembre 2019, elle s'est finalement vue retirer ses compétences parce que, selon les mots du bourgmestre, elle faisait "passer de manière constante son propre agenda politique devant l'intérêt général". Le CD&V s'était déchiré au sujet des économies imposées par le programme pluriannuel budgétaire de la commune. "C'est un parti qui a un pied dans la majorité et un pied dans l'opposition", regrettait alors le SP.A et Groen. Ilse Uyttersprot, elle, se considérait toujours comme membre de la majorité et avait réclamé de pouvoir récupérer ses compétences devant le Conseil d'Etat.Peu connue du côté francophone, la bourgmestre d'Alost avait portant défrayé la chronique en 2011, après la divulgation d'une vidéo volée au cours de laquelle elle avait des ébats amoureux au sommet d'une tour, dans un site touristique lors de ses vacances. Des images vieilles de quatre ans et un événement privé.Le sujet avait toutefois provoqué un large débat sur le respect de la vie privée des responsables politiques. L'époque était en outre marquée par plusieurs polémiques dans ce même registre, suite à de messages racoleurs du Premier ministre Yves Leterme (CD&V), malencontreusement dévoilés, ou dans un registre bien plus grave les accusations ayant mené à la chute de Dominique Strauss-Kahn, en France. "Ilse Uyttersprot n'a pas fait de faute politique, mais une bourgmestre se doit de donner l'exemple", avait fustigé les libéraux flamands. L'élue sociale-chrétienne était réputée pour son tempérament jovial et bien trempé, ainsi que pour ses frasques. Ne s'était-elle pas, un jour, déguisée en agent de police pour s'échapper de l'hôtel de ville afin d'échapper à des pompiers en colère?Aujourd'hui, toute la Flandre s'interroge sur la terrible séquence qui a pu mener à la disparition brutale de cette personnalité populaire.