Avec les mesures restrictives annoncées jeudi soir à l'issue d'un Conseil national de sécurité, l'UCM affirme qu'on peut s'attendre à un impact économique "direct et violent" sur certains secteurs touchés en première ligne, comme l'horeca, la culture et les loisirs.

L'UCM, le SDI, le SNI et la Fedcaf s'inquiètent

Les inquiétudes, particulièrement pour les indépendants du commerce et de l'horeca, sont communément partagées jeudi soir par les organisations représentatives et syndicales comme l'UCM, le SDI et le SNI.

L'Union des Classes moyennes (UCM), qui défend les intérêts des indépendants de Wallonie et de Bruxelles, fait un constat bien simple mais plutôt sombre: "Il n'y aura tout simplement plus de recettes alors qu'une série de charges (loyers, amortissements, frais fixes...) continueront à courir. Des milliers d'entreprises parfaitement saines risquent de se trouver à court de trésorerie et étranglées".

La crainte est la même du côté du SDI, Syndicat des Indépendants & des PME, qui affirme même que "si rien n'est fait pour aider ces entreprises et ces commerces, les chiffres des faillites vont rapidement plonger à des niveaux jamais atteints". Les petites entreprises risquent de faire face à "l'une des pires crises qu'elles aient jamais connues", estime le syndicat. Des mesures de soutien à la hauteur des restrictions imposées (fermeture des bars et restaurants, entre autres, mais aussi fermeture le week-end des magasins non-"essentiels" et annulation des évènements) sont espérées de tous côtés.

La Fedcaf Belgium (Fédération des Cafés de Belgique) affirme "comprendre" les décisions des autorités, mais demande aussi que le gouvernement comprenne en retour que la situation de secteur de l'horeca déjà en grande difficulté "s'aggravera". "Il est impératif que le gouvernement prenne des mesures compensatoires immédiates".

Mesures insuffisantes, selon le SNI

"Je crains que les mesures déjà prises ne soient insuffisantes", prévient Christine Mattheeuws, présidente du SNI (syndicat neutre pour indépendants). Du côté du SDI, on réclame d'urgence "la mise en place d'un fonds d'indemnisation suffisamment doté", qui devrait "permettre à tout indépendant ou entreprise subissant un préjudice d'y faire appel". Le syndicat en profite pour rappeler qu'un gouvernement de plein exercice serait bien utile pour faire face à une crise comme celle du coronavirus.

L'UCM liste quant à elle une série de mesures qu'elle juge nécessaires pour soutenir les indépendants et PME, dont certaines ont déjà été prises par le gouvernement fédéral. Pour les entreprises avec du personnel, on pourrait entre autres faire intervenir l'Inami dès le premier jour de maladie d'un employé, propose l'UCM. Plus largement, l'Union demande par ailleurs de geler le paiement de toute une série de taxes ainsi que le remboursement des prêts hypothécaires.

Le cabinet du ministre des Indépendants et PME Denis Ducarme a précisé jeudi soir avoir déjà pris des contacts avec les fédérations horeca. Une réunion avec celles-ci est prévue vendredi, pour discuter notamment de mesures supplémentaires en faveur du secteur.

Les restaurants doivent fermés. Cependant, les services traiteur semblent autorisés.

Les hôtels bruxellois parlent d'une crise plus importante qu'après les attentats

L'industrie hôtelière bruxelloise craint "d'énormes conséquences" à la suite des mesures prises en Belgique pour lutter contre la propagation du coronavirus. "Cette crise est deux à trois fois pire qu'après les attentats", estime vendredi Yves Fonck, président de la Brussels Hotel Association (BHA). Celle-ci lance un appel à des mesures exceptionnelles pour soutenir le secteur.

Les hôtels bruxellois indiquaient il y a deux semaines avoir perdu plus de 10 millions d'euros et la situation ne fait qu'empirer depuis. "Je n'ai jamais vécu ça. Nous traversons une crise sans précédent depuis deux semaines. Les chiffres de fréquentation de nos hôtels ne sont même pas comparables à ceux d'après les attentats. C'est deux à trois fois pire", déplore Yves Fonck. Avant les attentats, les hôtels affichaient encore presque complet mais depuis l'apparition du Covid-19, le tourisme d'affaires est nul en raison des nombreuses annulations de vols. Le tourisme de loisirs suit la même tendance. "Nous étions encore autour des 50% au début du mois de mars mais cette semaine, le taux d'occupation est inférieur à 20%. Alors qu'à cette époque, c'est habituellement 90 à 95%."

Le secteur appelle plus que jamais à des mesures de soutien. "Je soutiens personnellement les mesures prises par le gouvernement en cette période exceptionnelle mais en tant qu'entrepreneur, je pense que des mesures particulières au secteur doivent être mises en place", poursuit le président de la BHA. "Qu'en est-il des frais d'annulation par exemple? Des clients vont annuler car nous ne pourrons pas leur proposer les services prévus. Où allons-nous trouver l'argent pour rembourser? Un soutien financier est nécessaire pour le bien de notre trésorerie." Garder les hôtels ouverts coûtera aussi de l'argent, relève Yves Fonck.

C'est pourquoi la Brussels Hotel Association réclame la suppression des taxes régionales pour le secteur. "Le danger est grand car il y aura beaucoup de chômeurs temporaires." Les hôtels peuvent rester ouverts mais leurs restaurants et bars doivent garder portes closes, au grand damn des hôteliers. "Un hôtel n'en est plus un sans bar ou restaurant. Pourquoi les clients viendraient-ils encore? " La Brussels Hotel Association représente 90% des hôtels bruxellois, ou 15.000 chambres, et 12.500 emplois.

Mesures de soutien du fédéral

Le Gouvernement fédéral précise, par voie de communiqué, que dès le 6 mars dix mesures ont été prises pour soutenir les entreprises :

  1. Chômage temporaire pour force majeure
  2. Chômage temporaire pour raisons économiques
  3. Plan de paiement pour les cotisations sociales patronales
  4. Plan de paiement sur la TVA
  5. Plan de paiement pour le précompte professionnel
  6. Plan de paiement pour l'impôt des personnes physiques / l'impôt des sociétés
  7. Réduction des paiements anticipés des indépendants
  8. Report ou dispense de paiement des cotisations sociales des indépendants
  9. Obtention d'un revenu de remplacement en faveur des indépendants (droit passerelle)
  10. Flexibilité dans l'exécution des marchés publics fédéraux

Ces mesures seront constamment évaluées afin d'être renforcées, le cas échéant. Plus d'infos? Sur le site du SPF Finances.

Avec les mesures restrictives annoncées jeudi soir à l'issue d'un Conseil national de sécurité, l'UCM affirme qu'on peut s'attendre à un impact économique "direct et violent" sur certains secteurs touchés en première ligne, comme l'horeca, la culture et les loisirs.Les inquiétudes, particulièrement pour les indépendants du commerce et de l'horeca, sont communément partagées jeudi soir par les organisations représentatives et syndicales comme l'UCM, le SDI et le SNI. L'Union des Classes moyennes (UCM), qui défend les intérêts des indépendants de Wallonie et de Bruxelles, fait un constat bien simple mais plutôt sombre: "Il n'y aura tout simplement plus de recettes alors qu'une série de charges (loyers, amortissements, frais fixes...) continueront à courir. Des milliers d'entreprises parfaitement saines risquent de se trouver à court de trésorerie et étranglées". La crainte est la même du côté du SDI, Syndicat des Indépendants & des PME, qui affirme même que "si rien n'est fait pour aider ces entreprises et ces commerces, les chiffres des faillites vont rapidement plonger à des niveaux jamais atteints". Les petites entreprises risquent de faire face à "l'une des pires crises qu'elles aient jamais connues", estime le syndicat. Des mesures de soutien à la hauteur des restrictions imposées (fermeture des bars et restaurants, entre autres, mais aussi fermeture le week-end des magasins non-"essentiels" et annulation des évènements) sont espérées de tous côtés. La Fedcaf Belgium (Fédération des Cafés de Belgique) affirme "comprendre" les décisions des autorités, mais demande aussi que le gouvernement comprenne en retour que la situation de secteur de l'horeca déjà en grande difficulté "s'aggravera". "Il est impératif que le gouvernement prenne des mesures compensatoires immédiates"."Je crains que les mesures déjà prises ne soient insuffisantes", prévient Christine Mattheeuws, présidente du SNI (syndicat neutre pour indépendants). Du côté du SDI, on réclame d'urgence "la mise en place d'un fonds d'indemnisation suffisamment doté", qui devrait "permettre à tout indépendant ou entreprise subissant un préjudice d'y faire appel". Le syndicat en profite pour rappeler qu'un gouvernement de plein exercice serait bien utile pour faire face à une crise comme celle du coronavirus. L'UCM liste quant à elle une série de mesures qu'elle juge nécessaires pour soutenir les indépendants et PME, dont certaines ont déjà été prises par le gouvernement fédéral. Pour les entreprises avec du personnel, on pourrait entre autres faire intervenir l'Inami dès le premier jour de maladie d'un employé, propose l'UCM. Plus largement, l'Union demande par ailleurs de geler le paiement de toute une série de taxes ainsi que le remboursement des prêts hypothécaires. Le cabinet du ministre des Indépendants et PME Denis Ducarme a précisé jeudi soir avoir déjà pris des contacts avec les fédérations horeca. Une réunion avec celles-ci est prévue vendredi, pour discuter notamment de mesures supplémentaires en faveur du secteur.Les restaurants doivent fermés. Cependant, les services traiteur semblent autorisés.Les hôtels bruxellois parlent d'une crise plus importante qu'après les attentats L'industrie hôtelière bruxelloise craint "d'énormes conséquences" à la suite des mesures prises en Belgique pour lutter contre la propagation du coronavirus. "Cette crise est deux à trois fois pire qu'après les attentats", estime vendredi Yves Fonck, président de la Brussels Hotel Association (BHA). Celle-ci lance un appel à des mesures exceptionnelles pour soutenir le secteur.Les hôtels bruxellois indiquaient il y a deux semaines avoir perdu plus de 10 millions d'euros et la situation ne fait qu'empirer depuis. "Je n'ai jamais vécu ça. Nous traversons une crise sans précédent depuis deux semaines. Les chiffres de fréquentation de nos hôtels ne sont même pas comparables à ceux d'après les attentats. C'est deux à trois fois pire", déplore Yves Fonck. Avant les attentats, les hôtels affichaient encore presque complet mais depuis l'apparition du Covid-19, le tourisme d'affaires est nul en raison des nombreuses annulations de vols. Le tourisme de loisirs suit la même tendance. "Nous étions encore autour des 50% au début du mois de mars mais cette semaine, le taux d'occupation est inférieur à 20%. Alors qu'à cette époque, c'est habituellement 90 à 95%."Le secteur appelle plus que jamais à des mesures de soutien. "Je soutiens personnellement les mesures prises par le gouvernement en cette période exceptionnelle mais en tant qu'entrepreneur, je pense que des mesures particulières au secteur doivent être mises en place", poursuit le président de la BHA. "Qu'en est-il des frais d'annulation par exemple? Des clients vont annuler car nous ne pourrons pas leur proposer les services prévus. Où allons-nous trouver l'argent pour rembourser? Un soutien financier est nécessaire pour le bien de notre trésorerie." Garder les hôtels ouverts coûtera aussi de l'argent, relève Yves Fonck. C'est pourquoi la Brussels Hotel Association réclame la suppression des taxes régionales pour le secteur. "Le danger est grand car il y aura beaucoup de chômeurs temporaires." Les hôtels peuvent rester ouverts mais leurs restaurants et bars doivent garder portes closes, au grand damn des hôteliers. "Un hôtel n'en est plus un sans bar ou restaurant. Pourquoi les clients viendraient-ils encore? " La Brussels Hotel Association représente 90% des hôtels bruxellois, ou 15.000 chambres, et 12.500 emplois. Mesures de soutien du fédéralLe Gouvernement fédéral précise, par voie de communiqué, que dès le 6 mars dix mesures ont été prises pour soutenir les entreprises : Ces mesures seront constamment évaluées afin d'être renforcées, le cas échéant. Plus d'infos? Sur le site du SPF Finances.