Le ministre flamand Bart Somers (Open Vld) a jugé dimanche qu'il était désormais évident que la N-VA ne voulait pas siéger dans le prochain gouvernement fédéral et avait opté pour l'opposition. "Un aveugle pourrait le voir", a ainsi commenté M. Somers interrogé lors du journal télévisé dominical de VTM. "Ils (la N-VA) ont une trajectoire et une histoire qui montrent qu'ils fuient leur responsabilité au niveau fédéral", a-t-il attaqué, laissant ainsi entendre en creux que seule une majorité arc-en-ciel était désormais possible. Selon lui, trop de dirigeants nationaux flamands ont donné le signal qu'ils préféreraient ne pas faire partie d'un gouvernement. Ce faisant, il vise un gouvernement sans N-VA. Pourtant l'Open Vld jugeait, depuis le scrutin, que PS et N-VA, vu leur poids électoral, avaient pour devoir de s'associer pour gouverner le pays. La sortie de Bart Somers semble donc démontrer un changement de position des libéraux flamands et aura, quoiqu'il arrive, aiguisé les tensions en interne dit De Morgen.
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Le ministre flamand Bart Somers (Open Vld) a jugé dimanche qu'il était désormais évident que la N-VA ne voulait pas siéger dans le prochain gouvernement fédéral et avait opté pour l'opposition. "Un aveugle pourrait le voir", a ainsi commenté M. Somers interrogé lors du journal télévisé dominical de VTM. "Ils (la N-VA) ont une trajectoire et une histoire qui montrent qu'ils fuient leur responsabilité au niveau fédéral", a-t-il attaqué, laissant ainsi entendre en creux que seule une majorité arc-en-ciel était désormais possible. Selon lui, trop de dirigeants nationaux flamands ont donné le signal qu'ils préféreraient ne pas faire partie d'un gouvernement. Ce faisant, il vise un gouvernement sans N-VA. Pourtant l'Open Vld jugeait, depuis le scrutin, que PS et N-VA, vu leur poids électoral, avaient pour devoir de s'associer pour gouverner le pays. La sortie de Bart Somers semble donc démontrer un changement de position des libéraux flamands et aura, quoiqu'il arrive, aiguisé les tensions en interne dit De Morgen. Les libéraux seraient divisés en deux camps. D'un côté, il y aurait ceux qui ne veulent pas laisser tomber la N-VA et de l'autre ceux qui souhaitent s'en détacher. Le premier camp serait dirigé par le bourgmestre de Courtrai, Vincent Van Quickenborne et Egbert Lachaert, chef de groupe à la chambre, pour qui un gouvernement arc-en-ciel ne semble pas loin d'une hérésie. Le second camp est lui mené par le bourgmestre de Gand, Mathias De Clercq. Lui s'est exprimé ouvertement dans une lettre ouverte sur sa préférence pour l'arc-en-ciel. A en croire la sortie de Somers, il semblerait bien que le deuxième camp ait quelques encablures d'avance. Somers n'a en effet pas agi en solo. Et si sa sortie n'a pas été discutée avec la direction du parti, elle a obtenu le soutien explicite de Rutten, toujours selon De Morgen. Par ailleurs, selon des membres de la N-VA cités par De Morgen, depuis près de deux semaines les consultations discrètes qui existaient entre les présidents Bart De Wever et Gwendolyn Rutten seraient au point mort, alors qu'auparavant, la N-VA était tenue au parfum de l'état d'avancement des discussions avec Magnette. Une information confirmée par De Wever qui a dit ne plus avoir rien entendu de l'Open VLD depuis quatorze jours. "Mais cela ne m'inquiétait pas, parce que je pensais que nous étions sur la même longueur d'onde, la ligne de l'accord de la coalition flamande. Et soudain, il y a eu cette attaque orchestrée." (Outre Somers, la ministre libérale flamande Maggie De Block n'excluait pas, elle non plus, la mise sur pied d'un arc-en-ciel au niveau fédéral dans la Libre de samedi NDLR). La sortie de Somers aura également augmenté les tensions qui existent entre Rutten et le vice-premier ministre fédéral Alexander De Croo fait encore remarquer De Morgen. De Croo n'aurait guère été amusé de la sortie dominicale de Somers. Il a ainsi ce matin tenté d'atténuer les propos de Somers en disant que "Bart Somers n'a fait que répéter ce qu'il a entendu venant de gens de la N-VA" tout en se gardant de conclure que la voie est désormais ouverte pour un gouvernement arc-en-ciel, sans la N-VA. Et il ne serait pas le seul au sein de son parti. Il aurait été convenu en interne que l'Open Vld ne se joindrait à l'initiative arc-en-ciel que si la N-VA elle-même abandonnait clairement la partie. Ce qui n'est toujours pas le cas. De plus, en ne cédant pas trop facilement, les libéraux pouvaient espérer remporter un certain nombre de trophées importants. "Avec cette déclaration d'amour précoce à Magnette, notre position de négociation est vaine ", dit un libéral en vue. En sortant ainsi du bois, l'Open Vld, permet également aux autres partis de continuer à la jouer profil bas en maintenant le flou. Et ce y compris à la N-VA, où il a toujours autant de voix en faveur de l'opposition que pour une participation gouvernementale. Des réticences qui semblent avoir été entendues par la présidente puisque dans un tweet publié à l'issue du bureau de parti de ce matin, Gwendolyn Rutten a elle aussi adouci un peu les angles et insisté sur le fait que chaque formation fixait sa propre ligne. "Nous sommes du côté des gens qui travaillent, qui ont travaillé, qui entreprennent ...", a-t-elle lancé. "Nous sommes également très clairs et unanimes au sein du bureau: pour bloquer ou scinder le pays, nous ne sommes pas disponibles." A la N-VA aussi on n'a que très peu gouté, doux euphémisme, les déclarations de Somers. Pour le vice-président de la N-VA Lorin Parys, pareils propos de M. Somers sont "incompréhensibles". La N-VA se demande d'ailleurs si ceux-ci jouissent d'un vrai soutien au sein de l'Open Vld. Pour Lorin Parys, ces déclarations successives d'éminences Vld sont clairement "orchestrées". La semaine dernière, M. Parys avait déjà dit ne pas pouvoir croire que les libéraux flamands s'associeraient au PS ainsi qu'aux écologistes. "Si l'Open Vld dit non à un arc-en-ciel, Magnette ne pourra alors que choisir pour une alliance avec les libéraux et la N-VA", analyse M. Parys. "Notre intention est de calquer l'accord de majorité fédéral sur le flamand et mettre le cap sur le modèle des pays du nord de l'Europe. Somers, par ses déclarations, donne aujourd'hui de l'élan à Magnette et aux francophones pour nous amener vers le modèle des pays du sud de l'Eruope. Les propositions de Magnette ne sont pas bonnes pour les Flamands. Ils veulent ouvrir le robinet des dépenses et de l'endettement". Pour le vice-président de la N-VA, il est dès lors important que tous les partis "jouent la même partition dans l'intérêt des Flamands. J'espère que nous pourrons à nouveau négocier demain avec l'Open Vld sur un accord de majorité fédéral dans le droit fil de celui conclu pour la Flandre", conclut M. Parys. Plus surprenant est que De Wever en personne est sorti de son silence, lui qui avait pourtant pris l'habitude de ne guère commenter les négociations fédérales. En réalité cela faisait 56 jours qu'il se tenait loin des caméras précise De Standaard. Soit depuis le 30 septembre, jour ou il présentait avec fierté, aux côtés de Jan Jambon, l'accord de coalition flamand. Aujourd'hui, l'occasion était plus délicate. " Avec cette attaque orchestrée, l'Open Vld nous a tiré dans le dos et a offert un super cadeau à Paul Magnette", a-t-il dit ce matin devant les caméras de la VRT. "C'est stupide et pas très correct." Il a aussi ajouté " Si M. Magnette voulait avoir le signal qu'il ne doit rien admettre et qu'il est sur la bonne voie pour séparer les Flamands, alors il l'a eu." En optant pour l'attaque, il espère ainsi augmenter la pression sur l'Open Vld. Et annonce au passage qu'il a de sérieuses discussions avec l'informateur Paul Magnette (PS). "Je reçois des notes et j'en donne. Cela montre que nous défendons les intérêts de tous ceux qui travaillent, économisent et entreprennent. Le PS défend les intérêts des autres."La déclaration De Wever montre aussi que la N-VA n'est pas prête à se laisser mettre dans le coin comme ça. Tout comme lors de l'échec des négociations fédérales de 2011 et la crise de Marrakech de 2018, la N-VA veut absolument montrer que c'est de sa propre initiative qu'elle rejoint l'opposition. Les dissensions internes de l'Open Vld qui s'affichent ainsi sur la place publique pourraient bien, in fine, être plus un cadeau à De Wever qu'à Magnette conclut encore De Standaard. Cela a permis à ce dernier de les dépeindre comme des " traîtres aux intérêts flamands ".