La Constitution belge est un texte sensible. De la nitroglycérine. Réformée à six reprises depuis 1970, notre Loi fondamentale est protégée par des majorités spéciales. Et par la nécessité d'adopter, au moment de la dissolution des chambres, une liste des articles susceptibles d'être révisés lors de la législature suivante. Le débat resurgit en cette fin de législature. Des ténors du CD&V veulent une septième réforme de l'Etat... en 2024, pour scinder les soins de santé. " C'est non ", tacle le CDH. " Trop tard, trop peu ", clame la N-VA, qui vise le confédéralisme dès l'après-mai 2019 et propose de revoir toute la Constitution. Côté francophone, le philosophe François De Smet, tête de liste DéFi à la Chambre, ouvre une autre porte : " Modernisons la Constitution, écrivons une Nova Carta. " Et d'évoquer la nécessité d'introduire des droits nouveaux (à l'eau, à l'énergie...), d'intégrer les partis et les syndicats, de préciser la laïcité... " Cela risque de nous distraire de l'essentiel ", balaie l'ex-constitutionnaliste Francis Delpérée (CDH). " Le MR a mis le communautaire au frigo, il ne souhaite pas l'en ressortir ", insiste David Clarinval, chef de groupe à la Chambre. Le PS n'exclut pas une révision, mais pas pour des motifs communautaires.
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