Ne pas aller trop vite, histoire de ne pas crisper les associations de pédiatres et les parents. Alors que l'Agence européenne des médicaments (AEM) donnait son feu vert à la vaccination des 5-11 ans le 25 novembre dernier, le Conseil supérieur de la santé (CSS) a attendu 3 semaines avant de rendre son propre avis pour la Belgique, le 17 décembre dernier. Avis positif, avec quelques nuances: selon le CSS, les enfants qui devront prioritairement passer sous l'aiguille devront être ceux présentant des comorbidités et ayant des contacts rapprochés avec des personnes à risque. P...

Ne pas aller trop vite, histoire de ne pas crisper les associations de pédiatres et les parents. Alors que l'Agence européenne des médicaments (AEM) donnait son feu vert à la vaccination des 5-11 ans le 25 novembre dernier, le Conseil supérieur de la santé (CSS) a attendu 3 semaines avant de rendre son propre avis pour la Belgique, le 17 décembre dernier. Avis positif, avec quelques nuances: selon le CSS, les enfants qui devront prioritairement passer sous l'aiguille devront être ceux présentant des comorbidités et ayant des contacts rapprochés avec des personnes à risque. Pour les autres, recevoir une double dose devra se faire "sur base volontaire et individuelle". Sans surprise, la Conférence interministérielle santé a donc marqué son accord, lundi, à la vaccination des 5-11 ans en Belgique. Selon une récente enquête réalisée par l'université d'Anvers, 43% des parents seraient prêts, "sûrement ou probablement", à faire vacciner leurs enfants. La question des effets secondaires devrait désormais tarauder les parents. D'autant que le bénéfice individuel, pour les petits concernés, est généralement qualifié de modeste.Un essai réalisé sur 2 250 enfants âgés de 5 à 11 ans conclut à une efficacité de 90,7% du vaccin contre le Sars-CoV-2, sept jours après la deuxième dose. Sur les 1 507 enfants qui ont été immunisés, trois ont développé la maladie, contre seize pour ceux qui ont reçu un placebo. L'AEM dit avoir identifié des effets indésirables "légers ou modérés", comparables à ceux constatés chez les plus âgés: douleur au point d'injection, fatigue, fièvre, douleurs musculaires, maux de tête ou rhume. Ces effets pourraient même s'avérer bénins dès lors que la dose est inférieure. Les vaccins à ARN entraînent de rares cas d'affections cardiaques (myocardites et péricardites) chez les jeunes adultes et chez les adolescents. Ces quelques dizaines de cas par million de vaccinés pourraient-elles se retrouver chez les enfants, avec une dose trois fois moindre? L'essai conduit sur 2 250 individus ne permet pas de le savoir. Les experts soulignent d'ailleurs la taille insuffisante de l'effectif d'enfants exposés au vaccin-candidat (2 250), associée à la courte durée de suivi des événements indésirables (trois mois après la deuxième dose) chez quelque 1 500 petits vaccinés, pour détecter des réactions indésirables rares et très rares. C'est ce peu de recul sur les risques, combiné au bénéfice individuel modeste, qui a suscité jusqu'ici la prudence, voire la réticence, du CSS. Les Etats-Unis, le Canada, Israël ou encore la Malaisie et le Costa Rica ont déjà commencé à vacciner les 5-11 ans. Ces pays auront, d'ici à quelques semaines, fourni des données grandeur nature, dans la vraie vie.