Pascal qui? Sacré. Pascal Sacré. Cet anesthésiste et intensiviste n'a été interrogé par aucun média, depuis l'apparition du coronavirus. Pour certains, il est pourtant devenu une vedette. Un martyr, même, depuis qu'il a été licencié du Grand Hôpital de Charleroi, fin octobre. "Viré parce que libre d'avoir pensé!" Voilà ce que fustigent ses adeptes sur les réseaux sociaux, où une page "Soutien au Dr Pascal Sacré" a d'ailleurs été créée. Le médecin carolo était l'une des "voix" fort lues, sur les groupes antimasques. Bien mal nommés, finalement. Corona- sceptiques, rassuristes, libertaires, "penseurs non conformistes"... Leurs revendications et réflexions portent sur tous les aspects de la pandémie, b...

Pascal qui? Sacré. Pascal Sacré. Cet anesthésiste et intensiviste n'a été interrogé par aucun média, depuis l'apparition du coronavirus. Pour certains, il est pourtant devenu une vedette. Un martyr, même, depuis qu'il a été licencié du Grand Hôpital de Charleroi, fin octobre. "Viré parce que libre d'avoir pensé!" Voilà ce que fustigent ses adeptes sur les réseaux sociaux, où une page "Soutien au Dr Pascal Sacré" a d'ailleurs été créée. Le médecin carolo était l'une des "voix" fort lues, sur les groupes antimasques. Bien mal nommés, finalement. Corona- sceptiques, rassuristes, libertaires, "penseurs non conformistes"... Leurs revendications et réflexions portent sur tous les aspects de la pandémie, bien au-delà de la seule question du bout de tissu. Comme le docteur Sacré (qui n'est, du reste, pas le seul professionnel de la santé à y adhérer), ces contestataires remettent en cause tant la gestion de la crise que sa gravité. Tantôt les politiques, tantôt les médias, tantôt les experts, tantôt tous ceux-là en même temps sont accusés de créer une hystérie collective injustifiée. Mortelle, la Covid-19? Comme l'est la grippe, répètent-ils. D'ailleurs, tous les hôpitaux connaîtraient un pic d'admissions dès l'automne, d'ailleurs seuls les vieux décéderaient, d'ailleurs la Belgique ne serait même pas en surmortalité, d'ailleurs les mesures liberticides engendreront des conséquences économiques et des dégâts sanitaires collatéraux bien plus dévastateurs qu'un virus chinois. Les antimasques débattent de ces thématiques à coups de commentaires, d'analyses personnelles ou de partages d'articles. Ceux confirmant leurs convictions, encensés, ou ceux allant à leur encontre, conspués. Les groupes Facebook où ils se rassemblent, souvent avec le contentement d'enfin trouver là des avis concordants, engrangent chaque jour de nouveaux adhérents. "Stop à la masque-arade" (plus de 33 000 membres), "Viruswaanzin" (folie virale, 1 700 membres), "Cov-exit" (anciennement "Masques et anti-masques", 16 000 membres), "Non au port du masque obligatoire et à un re-confinement!" (8 400), "Collectif anti-masques" (4 500)... Des groupes hétéroclites, toutefois, où souvent les "modérés" s'évertuent à filtrer les messages des conspirationnistes et à se distinguer des radicaux, se faisant eux-mêmes tancer par les "ultras", partisans d'une contestation plus dure (manifestations, désobéissance, actions en justice...) En France, la Fondation Jean-Jaurès a étudié leurs profils. Majoritairement féminins, 50 ans en moyenne, ayant fait des études supérieures, avec une prédominance de cadres mais très peu d'ouvriers. 95% des 1 000 répondants estiment que le gouvernement s'immisce trop dans la vie quotidienne, à peine 2% déclarent avoir confiance dans les partis politiques. La défiance est la même envers les médias traditionnels, alors que 51% se fient aux réseaux sociaux pour s'informer. Pour certains de ceux-là, notre dossier sera d'office disqualifié, suspecté de partialité. Pourtant, il a été réalisé sans parti pris, dans un souci d'objectiver le débat, alors que les informations contradictoires circulent aussi vite qu'une épidémie. Le fact-checking réalisé dans les pages suivantes démontre que certains arguments coronasceptiques ne sont pas dénués de fondements, que d'autres sont inexacts, que des faits ne peuvent pas (encore) être vérifiés. Que la réalité est complexe, difficilement résumable en une position "pro" ou "anti".