Ce Fact Check a été rédigé sur la base des informations disponibles à la date de publication. Découvrez ici plus de détails sur notre méthode de travail.

Dans le magazine flamand Humo, le médecin américain Will Cole explique l'utilité du jeûne. Il souligne notamment que nos cellules doivent avoir la possibilité de "d'éliminer les débris" pendant la nuit. Cette opération de "nettoyage" ne peut se faire que si nous dormons suffisamment. "Les personnes souffrant d'un déficit de sommeil ont donc plus de risques de développer des maladies inflammatoires. Cet effet est déjà visible après une seule nuit de privation de sommeil.

Il est connu qu'un manque de sommeil peut déclencher des mécanismes inflammatoires dans notre organisme, confirme le professeur Johan Verbraecken, coordinateur médical du Centre des troubles du sommeil de l'Hôpital universitaire d'Anvers (UZA). "En cas de privation de sommeil - c'est-à-dire d'un nombre réduit d'heures de sommeil - le sang présente une concentration plus élevée de protéine C- réactive (CRP), connue pour son effet inflammatoire. Nous constatons ce problème chez des patients souffrant d'apnée du sommeil. Eh oui, cette augmentation se constate déjà après une nuit blanche. Mais les effets plus graves, comme un risque accru de maladie cardiovasculaire, ne se manifestent qu'à long terme."

Il existe en effet un lien entre le sommeil et le système immunitaire, explique Verbraecken. "Une étude où les participants n'ont été autorisés à dormir que quatre heures par nuit pendant trois jours consécutifs a permis de mettre en évidence une hausse de la production de globules blancs (leucocytes et neutrophiles). Le corps bascule donc en mode défense. Une autre étude indique que les personnes n'ayant pas dormi pendant une nuit suivant l'injection du vaccin contre l'hépatite A ont fabriqué moins d'anticorps que les personnes ayant bénéficié d'une bonne nuit de sommeil.

La neurologue et spécialiste du sommeil Inge Declercq (UZA) ne dit pas autre chose. "De nombreuses études démontrent en effet que le manque de sommeil augmente la concentration de plusieurs facteurs inflammatoires dans le sang, en d'autres termes, des marqueurs de réaction inflammatoire. Mais cela ne signifie pas pour autant que les personnes en manque de sommeil tomberont immédiatement malades. Si votre sommeil est perturbé pendant une longue période - c'est le cas par exemple si vous travaillez en équipes - vous pourriez développer un état pro-inflammatoire chronique: votre corps se place alors en mode de protection, ce qui augmente le risque de développer des maladies graves comme des problèmes cardiovasculaires, certaines maladies intestinales ou des cancers. L'affirmation est donc exacte, mais doit cependant être nuancée: ces réactions inflammatoires peuvent provoquer de graves dégâts, mais surtout à long terme. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter à court terme."

La professeure An Mariman, psychiatre et somnologue (UZ Gand), tient également à apporter certaines nuances. "C'est vrai qu'après de mauvaises nuits - voire après une seule nuit blanche - on peut constater des changements dans notre organisme, mais les problèmes qu'ils provoquent se manifestent uniquement à long terme. Je suis entièrement d'accord avec ce qu'explique le docteur Cole dans Humo - à savoir que notre corps se débarrasse de substances nocives pendant notre sommeil. Ces substances sont susceptibles de nous rendre plus vulnérables à la maladie d'Alzheimer. Mais ce n'est pas parce que vous dormez mal une nuit, ou même pendant quelques semaines, que vous serez immédiatement atteint de démence ou d'une autre maladie. Il est cependant important de trouver une solution si vous souffrez d'insomnie chronique."

CONCLUSION

C'est exact que des mécanismes inflammatoires se déclenchent dans notre organisme après une nuit blanche. Mais cela ne signifie pas que nous tomberons immédiatement malades. En cas de problèmes de sommeil chroniques, le risque est cependant réel de développer des maladies graves. Nous considérons donc cette affirmation comme plutôt vraie.

Ce Fact Check a été rédigé sur la base des informations disponibles à la date de publication. Découvrez ici plus de détails sur notre méthode de travail.Dans le magazine flamand Humo, le médecin américain Will Cole explique l'utilité du jeûne. Il souligne notamment que nos cellules doivent avoir la possibilité de "d'éliminer les débris" pendant la nuit. Cette opération de "nettoyage" ne peut se faire que si nous dormons suffisamment. "Les personnes souffrant d'un déficit de sommeil ont donc plus de risques de développer des maladies inflammatoires. Cet effet est déjà visible après une seule nuit de privation de sommeil. Il est connu qu'un manque de sommeil peut déclencher des mécanismes inflammatoires dans notre organisme, confirme le professeur Johan Verbraecken, coordinateur médical du Centre des troubles du sommeil de l'Hôpital universitaire d'Anvers (UZA). "En cas de privation de sommeil - c'est-à-dire d'un nombre réduit d'heures de sommeil - le sang présente une concentration plus élevée de protéine C- réactive (CRP), connue pour son effet inflammatoire. Nous constatons ce problème chez des patients souffrant d'apnée du sommeil. Eh oui, cette augmentation se constate déjà après une nuit blanche. Mais les effets plus graves, comme un risque accru de maladie cardiovasculaire, ne se manifestent qu'à long terme."Il existe en effet un lien entre le sommeil et le système immunitaire, explique Verbraecken. "Une étude où les participants n'ont été autorisés à dormir que quatre heures par nuit pendant trois jours consécutifs a permis de mettre en évidence une hausse de la production de globules blancs (leucocytes et neutrophiles). Le corps bascule donc en mode défense. Une autre étude indique que les personnes n'ayant pas dormi pendant une nuit suivant l'injection du vaccin contre l'hépatite A ont fabriqué moins d'anticorps que les personnes ayant bénéficié d'une bonne nuit de sommeil.La neurologue et spécialiste du sommeil Inge Declercq (UZA) ne dit pas autre chose. "De nombreuses études démontrent en effet que le manque de sommeil augmente la concentration de plusieurs facteurs inflammatoires dans le sang, en d'autres termes, des marqueurs de réaction inflammatoire. Mais cela ne signifie pas pour autant que les personnes en manque de sommeil tomberont immédiatement malades. Si votre sommeil est perturbé pendant une longue période - c'est le cas par exemple si vous travaillez en équipes - vous pourriez développer un état pro-inflammatoire chronique: votre corps se place alors en mode de protection, ce qui augmente le risque de développer des maladies graves comme des problèmes cardiovasculaires, certaines maladies intestinales ou des cancers. L'affirmation est donc exacte, mais doit cependant être nuancée: ces réactions inflammatoires peuvent provoquer de graves dégâts, mais surtout à long terme. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter à court terme."La professeure An Mariman, psychiatre et somnologue (UZ Gand), tient également à apporter certaines nuances. "C'est vrai qu'après de mauvaises nuits - voire après une seule nuit blanche - on peut constater des changements dans notre organisme, mais les problèmes qu'ils provoquent se manifestent uniquement à long terme. Je suis entièrement d'accord avec ce qu'explique le docteur Cole dans Humo - à savoir que notre corps se débarrasse de substances nocives pendant notre sommeil. Ces substances sont susceptibles de nous rendre plus vulnérables à la maladie d'Alzheimer. Mais ce n'est pas parce que vous dormez mal une nuit, ou même pendant quelques semaines, que vous serez immédiatement atteint de démence ou d'une autre maladie. Il est cependant important de trouver une solution si vous souffrez d'insomnie chronique."