Tous les partis politiques planchent sur des plans de relance qui doivent être au menu des négociations gouvernementales à venir. Si tout va bien, on en parlera cet été, sans garantie d'aboutir. Est-ce assez rapide? Le président du PS, Paul Magnette, évoque depuis quelques semaines la possibilité de mettre cette relance en place AVANT la formation gouvernementale proprement dite. Pour le MR, un gouvernement majoritaire est nécessaire pour porter ce projet. En Flandre, la N-VA insiste sur la nécessité d'avoir une assise suffisante en Flandre - entendez...

Tous les partis politiques planchent sur des plans de relance qui doivent être au menu des négociations gouvernementales à venir. Si tout va bien, on en parlera cet été, sans garantie d'aboutir. Est-ce assez rapide? Le président du PS, Paul Magnette, évoque depuis quelques semaines la possibilité de mettre cette relance en place AVANT la formation gouvernementale proprement dite. Pour le MR, un gouvernement majoritaire est nécessaire pour porter ce projet. En Flandre, la N-VA insiste sur la nécessité d'avoir une assise suffisante en Flandre - entendez qu'elle doit être à bord.Le débat est moins anecdotique qu'il y paraît. Il est même potentiellement explosif. Car si une stratégie de relance n'était pas possible à l'échelon fédéral, elle le serait au niveau régional, où les compétences socio-économiques se trouvent en grande partie. Traduction : il n'est pas exclu que la Flandre avance de son côté, avec des mesures de soutien plus importantes pour certains secteurs et une flexibilisation accrue. Le patronat flamand (Voka) a déjà mis des propositions en ce sens sur la table, notamment le report des vacances. Le sujet a fait rugir la FGTB wallonne, ce mardi : "Le patronat ne veut manifestement pas tirer les leçons de cette crise. Si on le laisse faire, son monde d'après ressemblera, pour paraphraser Michel Houellebecq, au même que celui d'avant mais en "encore un peu pire". Ce monde-là, les citoyennes et citoyens, qui démontrent chaque jour l'importance de la solidarité, n'en veulent pas. Et la FGTB sera à leurs côtés pour s'y opposer."Un plan de relance flamand et un plan de relance Wallonie-Bruxelles ? Inutile de faire un dessin : on risquerait dans ce cas d'assister à un décalage important, vu la richesse des entités fédérées. Et ceci n'est pas de la science-fiction, le secteur de l'Horeca est bien placé pour savoir: les mesures de soutien à l'égard des restaurateurs sont déjà très différentes d'une Région à l'autre, d'un rapport d'un à quatre !Olivier de Wasseige, patron de l'Union wallonne des entreprises, tire d'ailleurs la sonnette d'alarme dans La Libre ce mercredi. Confirmant que des discussions sont en cours sur la relance en Wallonie, il ajoute : "Mais ce dont on a surtout besoin, c'est d'un plan national de relance, pas seulement de plans régionaux !"Sous-entend-il que la coordination ne fonctionne pas entre les entités fédérées ? "Ce n'est pas un grand-secret : sur la réouverture des écoles, sur le dépistage, sur la gestion des masques, sur le traçage, on a constaté que chaque Région jouait cavalier seul. Nos institutions ne fonctionnent pas et c'est l'un des principaux enseignements de cette crise."Ce n'est pas de la langue de bois. Voilà qui éclaire d'une autre lumière les consultations politiques qui ont lieu en coulisses.