Ils l'attendaient de pied ferme, c'est d'ailleurs un des leurs, Johan Van Overtveldt, ministre des Finances dans une autre vie, qui l'avait commandée en 2018. A la N-VA, ils finissaient par perdre patience, par soupçonner quelque manoeuvre de retardement à chaque report, gagnés par un mauvais pressentiment. Que pouvait-on franchement espérer d'une étude sur le coût de la migration confiée à la Banque nationale de Belgique? La soif de savoir risquait fort de n'être pas apaisée. La réponse de la BNB vient de tomber: l'immigration rapporte globalement plus qu'elle ne coûte à l'économie belge. Avec tous les bémols classiquement de rigueur quand il s'agit de réduire en c...

Ils l'attendaient de pied ferme, c'est d'ailleurs un des leurs, Johan Van Overtveldt, ministre des Finances dans une autre vie, qui l'avait commandée en 2018. A la N-VA, ils finissaient par perdre patience, par soupçonner quelque manoeuvre de retardement à chaque report, gagnés par un mauvais pressentiment. Que pouvait-on franchement espérer d'une étude sur le coût de la migration confiée à la Banque nationale de Belgique? La soif de savoir risquait fort de n'être pas apaisée. La réponse de la BNB vient de tomber: l'immigration rapporte globalement plus qu'elle ne coûte à l'économie belge. Avec tous les bémols classiquement de rigueur quand il s'agit de réduire en chiffres un enjeu aussi complexe, ce qui offre à chaque parti l'opportunité d'y aller de sa lecture. La N-VA a choisi d'exploiter le côté obscur de la force migratoire. Avec, dans le rôle principal, Theo Francken, ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, désigné volontaire pour sonner la charge. Il ne s'était donc pas trompé, pas plus que "tous ces gens qui, depuis des décennies, en ont l'intuition. La migration non européenne coûte un paquet d'argent public." Et si, comme le souligne l'étude, la contribution nette aux finances publiques des immigrants de la seconde génération, vu sa structure d'âge, est par personne supérieure à la moyenne de la population belge dans son ensemble et même à la moyenne des autochtones, ce n'est qu'un répit. Il est bien connu que la jeunesse n'est jamais éternelle et que le poids des ans de ces immigrants finira par alourdir la facture des soins de santé et des pensions, insiste celui qui en 2015, alors secrétaire d'Etat en pleine crise de l'asile, livrait au micro de la RTBF le fond de sa pensée: "L'immigration est positive et doit être un atout. Un pays sans immigration, c'est désastreux." Depuis, Francken-le-vigilant a pu déceler la faille du raisonnement. "On mélange les pommes et les poires. C'est l'ensemble du coût durant toute une vie qu'il faut examiner pour établir une balance exacte, comme cela se fait dans la plupart des études d'impact économique." Rien compris, rien capté, ces experts de la BNB. Sans même parler de la face encore plus obscure du côté obscur, passée sous silence: le coût caché de la migration illégale, "une facture qui se compte en milliards, surtout si on y ajoute les investissements qu'il faut consentir en sécurité et en justice". Cette étude est décidément bien trop incomplète pour livrer autre chose qu'"une image tronquée de l'impact économique de la migration" et là c'est le Vlaams Belang qui le dit et rejoint ainsi la N-VA. Les deux formations avaient brièvement échangé à ce propos au parlement flamand, le 27 octobre dernier, à la veille de la publication tant attendue: et si, monsieur le ministre-président, l'étude de la BNB devait confirmer tout le coût de la migration que l'extrême droite s'épuise à dénoncer, que ferez-vous? s'inquiétait alors le député VB Sam Van Rooy. Jan Jambon (N-VA) avait botté en touche, non sans laisser poindre une piste de réflexion: "Imaginez qu'il ressorte de l'étude que la migration rapporte plus qu'elle ne coûte, je ne sais pas si je l'encouragerais." Cela s'appelle une idée arrêtée.